Sur la voie 5 de la gare de Lyon, le nouveau TGV M s’est élancé ce vendredi 6 novembre à 9h56, pile à l’heure, pour son premier voyage commercial. Trois heures et neuf minutes plus tard, il arrivait à Marseille un peu avant 13 heures, accueilli par une haie d’honneur. Jean Castex, le PDG du groupe, avait fait le voyage. « Il est là, il est là ! », a-t-il lancé aux journalistes à l’arrivée. Pour les voyageurs qui regardent déjà le prix du billet TGV M, la première information est simple : il n’y a pas de supplément.

Il circule sous la marque TGV INOUI, aux tarifs habituels. Il ne roule pas plus vite que les rames actuelles, 320 km/h, mais il emporte plus de monde et consomme moins d’énergie. C’est le seul train au monde à circuler à 320 km/h avec deux étages.

Ce que ça change pour vous

D’abord, le prix. La SNCF n’a annoncé aucun tarif propre au TGV M : les billets se vendent comme ceux d’un TGV INOUI classique, au même prix. Ensuite, le calendrier : le service régulier démarre lundi 9 novembre sur Paris-Marseille, avec six rames pour les premières rotations, puis une extension vers Nice fin novembre.

Le TGV M compte neuf voitures au lieu de huit : 573 places en configuration standard, jusqu’à 740 en version dense, soit environ 20 % de capacité en plus par rame. Cela veut dire davantage de places disponibles, en particulier aux heures de pointe.

À bord, le nez allongé sert l’aérodynamique. La voiture-bar s’étale sur deux niveaux, huit emplacements sont prévus pour les vélos, et l’accès se fait de plain-pied pour les voyageurs en fauteuil roulant. La SNCF annonce aussi une consommation d’électricité inférieure de 20 % à celle des rames actuelles.

Le TGV M en approche, son nez allongé et ses deux niveaux bien visibles Le TGV M lors d’un essai, en mars 2026. (Photo d’illustration)

TGV M prix billet : combien coûte le trajet Paris-Marseille ?

Il n’existe pas de grille propre au TGV M : le billet coûte le même prix qu’un TGV INOUI classique sur la même ligne, au même moment. Les tarifs varient selon la date, l’horaire et l’anticipation de la réservation. Réserver tôt reste la seule façon de payer moins cher.

Plus de places ne veut pas dire des billets moins chers. Les rames arriveront au compte-gouttes, une quinzaine par an, et la demande restera longtemps supérieure à l’offre. Le gain tient surtout à la disponibilité : davantage de sièges sur les trains concernés.

Pourquoi il a mis si longtemps

Le TGV M devait être la vitrine technologique des Jeux olympiques de Paris. Il arrive deux ans et demi après, au bout de dix ans de programme et de près d’un million de kilomètres d’essais.

La mise en service a glissé de 2024 à 2025, puis à l’été 2026 et à cet automne, entre démêlés techniques et tests à valider pour l’homologation. L’autorisation de mise sur le marché a été délivrée en mai 2026 par la France et par l’Agence de l’Union européenne pour les chemins de fer.

La chronologie du TGV M :

  • 2016 : lancement du programme chez Alstom.
  • 2018 : signature de la commande par la SNCF.
  • Décembre 2022 : premiers essais en République tchèque.
  • 14 septembre 2023 : première pointe à 320 km/h.
  • Été 2024 : le rendez-vous des Jeux olympiques est manqué.
  • Mai 2026 : homologation en France et en Europe.
  • 6 novembre 2026 : premier voyage commercial, Paris-Marseille.
  • 9 novembre 2026 : début du service régulier.
  • Fin novembre 2026 : extension annoncée vers Nice.

« Ce TGV est exceptionnel, plus humain. » Jean Castex, PDG de la SNCF, quelques minutes avant le départ de la gare de Lyon.

Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, devait lui aussi monter à bord, mais il a dû partir avant le départ pour se rendre sur les lieux d’un grave accident de car scolaire dans l’Ain. Avant de s’absenter, il a salué « un grand jour pour une vraie réussite française ».

Le nez du TGV M, vu de près, avec son pare-brise plongeant Le nez allongé du TGV M. Plus de 400 innovations sont embarquées à bord. (Photo d’illustration)

Que change le TGV M à bord ?

La lettre M, c’est la modularité : le train passe de huit à neuf voitures, et la répartition entre première et seconde classe varie selon les destinations et les saisons. Une rame emporte 573 voyageurs en configuration standard, jusqu’à 740 en version dense. Accouplées deux par deux, deux rames transportent plus de 1 400 personnes d’un coup.

Côté voyageur, les rangements au-dessus des sièges ont été repensés. À 320 km/h, le bruit de roulement reste présent mais les turbulences sont bien filtrées, selon les journalistes du Figaro qui ont testé le train ce matin. Ils signalent en revanche un Wi-Fi encore capricieux, avec des saccades et des coupures régulières. Sur ce point, le train de 2026 ressemble encore à ceux qu’il remplace.

Le conducteur du voyage inaugural, Daniel Antunes, pilote de TGV depuis douze ans, ne cachait pas son émotion à l’arrivée : « C’est un super TGV, un produit exceptionnel, confortable à conduire. »

Quand pourrez-vous le prendre ?

Les six premières rames roulent sur Paris-Marseille, et la SNCF espère en compter treize d’ici la fin de l’année. Les autres axes suivront au fil des livraisons, une quinzaine de rames par an, et le remplacement complet du parc prendra une dizaine d’années. La commande passée à Alstom porte sur 160 rames, pour plus de 5 milliards d’euros : 100 pour la France, 15 pour les liaisons France-Belgique, 30 pour Eurostar et une quinzaine pour le marché italien, où la SNCF compte se développer à partir de 2027.

Après dix ans de chantier, le TGV M a mis trois heures et neuf minutes à rallier Marseille. Il lui en faudra dix de plus pour remplacer tout le parc.