La coupure d’électricité après la tempête Austen n’est pas terminée pour tout le monde. À midi ce dimanche 25 octobre, environ 59 000 foyers étaient encore sans courant en France, selon le point d’Enedis relayé dimanche. La Bretagne compte 27 500 foyers concernés, la Normandie 14 700, et le reste se répartit sur les autres régions traversées par les deux perturbations du week-end.
59 000 foyers restaient sans électricité dimanche à midi, dont 27 500 en Bretagne et 14 700 en Normandie.
Ce que ça change pour vous si vous êtes encore sans courant ce soir
D’abord, ne touchez jamais un câble tombé au sol, même s’il semble inerte. C’est la consigne répétée par les autorités depuis vendredi, et elle vaut aussi pour un câble qui pend d’un poteau ou qui barre une entrée.
Ensuite, préparez le retour du courant plutôt que de l’attendre passivement. Débranchez les appareils sensibles, téléviseur, ordinateur, appareils de cuisson électroniques, pour éviter qu’ils ne grillent au moment de la reprise. Laissez une lampe allumée dans une pièce : elle vous dira que le réseau est revenu. Gardez le congélateur fermé, il conserve le froid bien plus longtemps si on ne l’ouvre pas toutes les heures. Un groupe électrogène, enfin, ne doit jamais tourner dans une pièce fermée, un garage ou une cave.
Pour signaler une panne ou suivre l’état du réseau dans votre secteur, Enedis dispose d’un numéro de dépannage par département : 09 72 67 50 29 pour le Finistère, 09 72 67 50 35 pour l’Ille-et-Vilaine, 09 72 67 50 14 pour le Calvados, 09 72 67 50 76 pour la Seine-Maritime. Si vos voisins ont du courant et pas vous, le problème vient probablement de votre installation : dans ce cas, c’est votre fournisseur ou un électricien qu’il faut appeler.
Un arbre tombé sur une route après le passage de la tempête : les chutes d’arbres expliquent une grande partie des dégâts sur le réseau basse tension.
Pourquoi certains foyers sont-ils rétablis plus vite que d’autres ?
La réponse tient à la façon dont le réseau est construit. Enedis traite d’abord les incidents sur le réseau moyenne tension, celui qui alimente des quartiers entiers. Une seule réparation y rend le courant à des centaines de foyers d’un coup. Viennent ensuite le réseau basse tension, puis les pannes locales : un branchement arraché, un câble sectionné devant une seule maison, un coffret endommagé. Ces derniers cas sont les plus nombreux à la fin d’un épisode, et les plus longs, parce que chaque intervention ne concerne qu’un foyer ou une rue. C’est pour cela que les chiffres baissent vite au début, puis plus lentement. Les 2 600 intervenants mobilisés, 2 000 salariés d’Enedis et 600 agents d’entreprises prestataires, commencent par les chantiers qui réalimentent le plus de foyers d’un coup.
Vendredi Austen, samedi Boelo : la chronologie d’un week-end en deux temps
Austen a traversé le nord-ouest vendredi 23 octobre, avec des rafales mesurées à 161 km/h à la pointe du Raz, dans le Finistère. Les chutes d’arbres ont coupé des routes, interrompu des trains en Bretagne et en Normandie, et privé d’électricité 161 000 foyers dès 7 heures du matin. Dans la journée, le nombre de foyers coupés a grimpé jusqu’à environ 242 000, et au plus fort de l’épisode, 288 600 foyers ont été privés de courant, d’après les relevés d’Enedis.
Boelo a pris le relais dans la nuit de samedi à dimanche, en provenance des îles Britanniques. En France, cette dépression a surtout apporté des pluies persistantes, avec 30 à 50 mm attendus sur le Pas-de-Calais, placé en vigilance orange pluie-inondations. Au Royaume-Uni, Boelo a frappé plus fort : 82 000 foyers y étaient privés de courant dimanche vers 8 heures, avec des rafales jusqu’à 135 km/h en Écosse.
Le soir, la bougie dépanne, mais elle ne remplace ni le chauffage ni la sécurité : un groupe électrogène ne doit jamais tourner dans une pièce fermée.
Coupure de plus de 5 heures : avez-vous droit à une indemnisation ?
Oui, dans le principe. Les règles prévoient une indemnité forfaitaire dès qu’une coupure due au réseau public dépasse 5 heures consécutives, y compris lors d’un événement exceptionnel comme une tempête. Elle est versée automatiquement, par l’intermédiaire de votre fournisseur, qui la déduit de votre facture. Gardez tout de même une trace de la durée de votre coupure : captures d’écran de la page de suivi d’Enedis, heure du début et de la fin. Si le montant tarde à apparaître, c’est vers votre fournisseur qu’il faut se tourner en premier.
Pour les dégâts matériels, c’est un autre dossier. Un appareil grillé, un congélateur vidé, une toiture arrachée : photographiez tout avant de nettoyer ou de jeter, gardez les objets endommagés, et déclarez le sinistre à votre assureur dans le délai prévu par votre contrat, en général cinq jours ouvrés pour une tempête.
Dimanche soir, la question n’est plus de savoir si le réseau va tenir, mais combien de temps les derniers foyers vont attendre. Les chiffres de lundi matin diront si la décrue s’est poursuivie au même rythme. En attendant, pour les 59 000 foyers comptés à midi, la consigne la plus utile reste la plus simple : signaler, rester à distance des câbles, et préparer la maison au retour du courant.
