À Starbase, au Texas, la plus grande fusée jamais construite attend son heure. Ce lundi 28 septembre, SpaceX s’apprête à franchir l’étape que tout le programme Starship visait depuis avril 2023 : mettre l’engin en orbite pour de bon. La fenêtre de tir ouvre à 14 h 15, heure de Paris, pour 75 minutes. La retransmission de SpaceX doit démarrer vers 13 h 40.
Treize vols d’essai. Treize trajectoires qui se terminaient toutes par une rentrée, parfois spectaculaire, toujours suborbitale. Cette fois, l’étage supérieur, le Ship 41, doit faire ce qu’aucun Starship n’a encore fait : rallumer l’un de ses moteurs Raptor environ 25 minutes après le décollage pour circulariser sa trajectoire à quelque 275 kilomètres d’altitude. Si la fusée n’est pas jugée en état après la montée, SpaceX basculera sur un profil suborbital classique. Le plan A, lui, est historique.
26 satellites Starlink et dix heures de vol
Le Flight 14, baptisé mission Starlink 31-1, emporte 26 satellites Starlink V3, la nouvelle génération de la constellation. Leur déploiement commencerait environ 34 minutes après le décollage et s’étalerait sur une trentaine de minutes, les satellites quittant le vaisseau par salves d’une minute.
Le lanceur complet, Booster 21 et Ship 41, assemblé sur le Pad 2 de Starbase avant la tentative. (Photo : Wikimedia Commons)
La mission, si tout va bien, durera près de dix heures. Le Ship 41 effectuera approximativement six tours de la Terre avant une désorbitation active et un amerrissage dans le Pacifique, à l’ouest du Chili. Le booster Super Heavy B21, lui, effectuera son retour avant de finir dans le golfe du Mexique. Aucune récupération n’est prévue sur ce vol : fini les tentatives de capture par la tour, du moins pour cette fois.
La licence de vol et de rentrée de la FAA n’a été délivrée que le 26 septembre, deux jours avant la tentative, après la répétition générale réussie du 24 septembre.
Une autorisation arrachée à la dernière minute
Le calendrier a été serré jusqu’au bout. La Federal Aviation Administration, l’autorité américaine de l’aviation civile, n’a délivré la licence de lancement que samedi 26 septembre. Deux jours plus tôt, le 24, SpaceX avait validé la répétition générale du compte à rebours, dernière étape avant le grand saut.
Cette prudence administrative se comprend : envoyer un engin de 124 mètres en orbite avec une charge utile de production n’a rien d’un vol d’essai ordinaire. Dix-huit ans après que le Falcon 1 a atteint l’orbite pour la première fois, SpaceX joue une partie de son calendrier lunaire et martien sur ce vol.
Les installations de Starbase à Boca Chica, d’où décollera le Flight 14. (Photo : Wikimedia Commons)
Ce qu’il faut retenir avant 14 h 15
- Fenêtre de tir : ce lundi 28 septembre, de 14 h 15 à 15 h 30 heure de Paris, depuis le Pad 2 de Starbase (Texas).
- Direct : la retransmission SpaceX commence environ 35 minutes avant, vers 13 h 40.
- L’enjeu : première insertion orbitale vraie de Starship (~275 km), après 13 vols suborbitaux.
- La charge : 26 satellites Starlink V3 de production, déployés à partir de T+34 minutes.
- Les replis : en cas de report, les 29 et 30 septembre servent de dates de secours.
- La fin de mission : amerrissage du booster dans le golfe du Mexique, du Ship dans le Pacifique après ~6 orbites.
Pour SpaceX, l’orbite n’est pas un trophée, c’est un outil. Tant que Starship ne sait pas y rester, impossible de travailler sérieusement sur les procédures de retour, de ravitaillement et de réutilisation rapide qui doivent faire de lui le camion de l’espace promis par Elon Musk. Ce lundi après-midi, on saura si le camion a enfin appris à voler.
