Quinze euros nets par mois, deux mois plus tôt. Le gouvernement de Sébastien Lecornu étudie la possibilité d’avancer au 1er novembre la prochaine revalorisation du SMIC, normalement prévue au 1er janvier 2027. L’information vient des Échos, reprise ce vendredi 23 octobre par BFMTV. Aucune décision formelle n’a été annoncée, le dossier reste à l’étude. Mais l’exécutif cherche une réponse rapide au pouvoir d’achat, au cœur des manifestations du 17 octobre contre la vie chère.
Le montant SMIC novembre 2026 : ce que disent les estimations
Selon les chiffres rapportés par BFMTV, le SMIC brut mensuel, fixé aujourd’hui à 1 867,02 euros, passerait à environ 1 885,69 euros. Le gain : 18,67 euros brut par mois. Le salaire net mensuel, actuellement de 1 477,93 euros, augmenterait d’une quinzaine d’euros. Le SMIC horaire brut, à 12,31 euros depuis la revalorisation du 1er juin 2026, suivrait le même mouvement de 1 %.
Prenez ces montants avec des pincettes. Ce sont des estimations de presse, pas des chiffres officiels. Le calcul de la revalorisation suit une formule précise, basée sur l’inflation et l’évolution des salaires des ouvriers et employés. Le pourcentage final dépendra des derniers chiffres publiés par l’Insee.
Des billets en euros : selon les estimations rapportées par BFMTV, le SMIC brut passerait à environ 1 885,69 euros par mois dès le 1er novembre.
Qui est concerné par une hausse anticipée du SMIC ?
Plus de trois millions de salariés touchent le salaire minimum ou un salaire légèrement supérieur. La précédente revalorisation, de 2,41 % au 1er juin 2026, concernait déjà ce public-là. Une hausse anticipée profiterait aussi aux apprentis et aux salariés en contrat d’insertion, dont la rémunération suit des taux indexés sur le SMIC.
Si votre salaire se situe juste au-dessus du plancher actuel, vérifiez votre fiche de paie de novembre. L’employeur doit ajuster toute rémunération devenue inférieure au nouveau minimum légal. La prime d’activité, elle, évolue mécaniquement avec le salaire minimum : sa revalorisation suivra, sans démarche à faire.
Pourquoi maintenant : l’inflation à 3,1 % et le 17 octobre
L’option est examinée dans un contexte d’inflation mesurée à 3,1 % sur un an en septembre 2026, en partie liée aux conséquences du conflit en Iran sur les prix des carburants. Le pouvoir d’achat figurait au cœur des manifestations du 17 octobre 2026 contre la vie chère, qui ont rassemblé des centaines de milliers de personnes et dégénéré en dégradations et pillages en marge des cortèges.
Les syndicats ne se contentent pas de ces 15 euros. La CFDT réclame 100 euros net pour tous les salariés. La CGT demande une hausse de 10 % du SMIC. En face, le Medef, l’organisation patronale, met en garde contre le coût pour les entreprises, en particulier les PME, pour qui la masse salariale pèse lourd.
« 100 euros net pour tous les salariés » : la revendication portée par la CFDT, bien au-delà des 15 euros évoqués pour la revalorisation anticipée du SMIC.
Ce n’est pas une première : le précédent de novembre 2024
Un gouvernement a déjà avancé la revalorisation du SMIC. Fin 2024, le gouvernement de Michel Barnier avait décidé une hausse anticipée de 2 % au 1er novembre 2024, le salaire horaire brut passant alors de 11,65 à 11,88 euros. Conséquence directe : aucune hausse n’avait été appliquée au 1er janvier 2025.
Le SMIC a déjà été revalorisé à deux reprises en 2026 : +1,18 % en janvier, puis +2,41 % en juin. Une troisième hausse, même avancée de deux mois, marquerait un rythme soutenu pour une seule année.
Une caissière à son poste : plus de trois millions de salariés touchent le SMIC ou un salaire proche. Une hausse anticipée se verrait sur la fiche de paie de novembre.
Ce qui doit se passer concrètement d’ici au 1er novembre
- Une revalorisation anticipée passe par un décret publié au Journal officiel, comme en octobre 2024. Sans décret, pas de hausse.
- L’application se ferait sur la fiche de paie de novembre, sans aucune démarche de la part des salariés.
- Les employeurs devront mettre à jour leurs logiciels de paie et ajuster les rémunérations devenues inférieures au nouveau plancher.
Quinze euros par mois ne règleront pas la vie chère, et rien n’est encore signé. Mais l’exécutif envoie un signal : face à la colère du 17 octobre, le calendrier du SMIC pourrait bien se jouer à Matignon avant la fin du mois.
