Jeudi 15 octobre, l’Observatoire de la consommation de Que Choisir a publié son enquête : 77 % des Français estiment que leur pouvoir d’achat s’est dégradé ces derniers mois, dont 31 % de façon très marquée. L’étude, relayée vendredi par LCI, tombe le jour même de la mobilisation du 17 octobre.
Ce que ça change pour vous : la note qui gonfle partout
Le carburant. Au 11 septembre, le litre de SP95-E10 et de gazole avoisinait 2,11 € et 2,29 € selon les données DGEC relayées par la presse spécialisée, avec des pointes entre 2,20 et 2,40 € dans les situations évoquées par l’enquête. Une aide persiste : l’aide « grands rouleurs » de 100 € pour octobre-décembre 2026, versée automatiquement si vous l’avez déjà touchée cette année, sinon à demander sur impots.gouv.fr (salarié ou indépendant, véhicule thermique ou hybride non rechargeable, plus de 15 km par trajet ou 8 000 km par an).
L’énergie. Le prix repère du gaz grimpe à 182,88 € le MWh au 1er octobre (+6,3 %), soit 5,28 € de plus en moyenne sur la facture. Le gaz aurait pris plus de 20 % en un trimestre, le fioul jusqu’à une fois et demie plus qu’il y a un an. Certains ménages disent baisser le chauffage ou ne plus chauffer que quelques pièces.
La santé. Le reste à charge annuel des franchises et participations forfaitaires passe de 100 à 140 € au 1er octobre. En contrepartie, les protections périodiques réutilisables sont désormais en partie remboursées pour les moins de 26 ans et les plus précaires.
« 77 % de dégradation » : ce que dit l’enquête Que Choisir sur votre pouvoir d’achat
Le chiffre est massif, mais c’est sa répartition qui frappe. Selon le détail relayé par Nuxii, 56 % des ménages gagnant moins de 1 500 € par mois jugent leur situation financière fortement dégradée, contre 38 % chez les 1 500-2 000 €. Trois Français sur quatre ont modifié leurs habitudes : restaurants, cinéma, vacances et vêtements sacrifiés, traque des promotions, marques de distributeur, seconde main et applications anti-gaspi.
En caisse, les Français arbitrent : trois sur quatre ont modifié leurs habitudes d’achat, selon l’enquête de Que Choisir.
Sauter des repas : le signal qui inquiète aussi les associations
Le passage le plus dur de l’enquête concerne l’alimentation : moins de viande et de poisson, des portions réduites, et des privations plus sévères pour certains.
« Des personnes interrogées expliquent sauter des repas ou ne manger qu’une fois par jour. » — Nuxii, qui résume l’enquête de Que Choisir
Foodwatch, Familles Rurales et le Secours Catholique affirment que 29 % des Français déclareraient devoir sauter un repas par manque d’argent, et demandent la vente à prix coûtant de 100 produits alimentaires dans la grande distribution. Les répondants de l’enquête dénoncent eux aussi des efforts « inégalement répartis ».
Fins de mois difficiles : les autres baromètres confirment le malaise
Même constat ailleurs : Elabe (16 septembre) comptait 71 % de Français s’attendant à une dégradation, avec se nourrir (70 %), se chauffer (49 %) et se déplacer (46 %) en tête. OpinionWay pour Bonial (12 octobre) : 89 % de sentiments négatifs, 39 % ne bouclent pas leurs fins de mois, 42 % ont puisé dans leur épargne. Cofidis 2026 : il manque 512 € par mois pour vivre confortablement.
À la pompe, le litre d’essence et de gazole frôle 2,40 € dans certaines situations relevées par l’enquête. L’aide « grands rouleurs » de 100 € est reconduite jusqu’en décembre.
Que faire concrètement pour protéger votre budget
Pas de solution miracle, mais quelques réflexes chiffrés valent le détour.
- Changer d’enseigne quand ça vaut le coup. Le palmarès UFC-Que Choisir de juin 2026 : 6,7 % d’écart en moyenne sur un panier de 150 €, jusqu’à 21 € entre certaines enseignes.
- Vérifier vos droits aux aides. L’aide « grands rouleurs » (100 € pour octobre-décembre) sur impots.gouv.fr, le chèque énergie, et le remboursement des protections périodiques réutilisables si vous êtes concernée.
- Chasser les contrats qui dorment. Énergie, assurance, abonnements : les prix ont bougé en 2026, les offres aussi. Une heure de comparaison rapporte souvent plus qu’une semaine de coupons.
- Acheter autrement sans se priver. Seconde main, applications anti-gaspi, marques de distributeur et promotions ciblées : ce sont les quatre réflexes cités par les répondants eux-mêmes.
Les chiffres de Que Choisir rejoignent ceux de tous les instituts : la rentrée 2026 se joue au centime près. Et pour huit Français sur dix, ce centime-là pèsera jusque dans l’isoloir.
Sources : Nuxii (enquête de l’Observatoire de la consommation de Que Choisir, publiée le 15 octobre 2026), LCI / Enquête de la Matinale, Elabe (16 septembre 2026), OpinionWay pour Bonial (12 octobre 2026), baromètre Cofidis 2026, campagne Foodwatch – Familles Rurales – Secours Catholique, CRE, DGEC, Le Particulier.
