La fin de Parcoursup en 2028 est désormais actée, et ce qui change dès 2027 concerne directement les terminales qui préparent leurs vœux. Lundi 26 octobre, après avoir reçu les organisations lycéennes et étudiantes à Matignon, le gouvernement a détaillé ses mesures dans l’après-midi. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a annoncé sur France 2 des premiers changements dès janvier, puis le remplacement de la plateforme en 2028.
Cinq semaines plus tôt, personne au gouvernement ne parlait de disparition. Le mouvement, parti du lycée Saint-Exupéry de Créteil à la mi-septembre, a fait de la plateforme l’un de ses slogans les plus visibles. Samedi 24 octobre, le ministère de l’Intérieur a compté 410 000 manifestants, contre près de 800 000 selon les organisateurs. Lundi, le ton avait changé à Matignon.
Ce que ça change pour vous, dès cette année
Si vous êtes en terminale, vous passerez encore par Parcoursup pour la campagne 2027. La plateforme ne disparaît pas du jour au lendemain, et aucun vœu déjà préparé ne tombe à l’eau. Ce qui bouge, c’est la façon dont les formations devront justifier leurs décisions : des critères publiés de façon détaillée, dans un langage compréhensible, et des refus accompagnés d’explications en juin 2027, avec la possibilité pour chaque candidat de demander les raisons d’une décision le concernant.
Concrètement, la grande plainte des années passées portait sur l’opacité : un refus sec, sans explication, après des mois d’attente. Une formation qui écarte un dossier devra désormais pouvoir dire pourquoi.
Un comité réunissant des lycéens et des enseignants doit remettre ses premières recommandations fin novembre. Un débat doit aussi s’ouvrir à l’Assemblée nationale ce mercredi 28 octobre, puisque plusieurs paramètres de Parcoursup sont fixés par la loi de 2018 sur l’orientation et la réussite des étudiants. Sans changement de la loi, certains réglages resteront impossibles, et le gouvernement a prévenu qu’il légiférerait si besoin.
Photo d’illustration : un cortège étudiant à Paris.
2027 : critères affichés, refus expliqués, 15 000 places
Le gouvernement promet 15 000 places supplémentaires sur 2027 et 2028 : 10 000 en BTS dès la rentrée 2027, 4 000 en BUT et 1 000 dans les filières santé, en priorité là où la pression est la plus forte, notamment en Île-de-France. Plus de 1 200 postes d’enseignants sont prévus pour les BTS, et 204 postes sur deux ans pour les ouvertures à l’université.
Le reste du plan dépasse Parcoursup. Les bourses étudiantes seront revalorisées sur l’inflation dès la rentrée 2027. Les classes de seconde seront plafonnées à 28 élèves à partir de 2027, en commençant par les établissements les plus défavorisés. Les suppressions de postes prévues dans le second degré sont annulées, et 500 postes supplémentaires sont créés. Pour les bâtiments, jusqu’à 4 milliards d’euros de prêts à taux zéro sont prévus pour les lycées d’ici 2030, et 1 milliard pour les universités d’ici 2029.
« Stop Parcoursup » : le slogan qui a suivi le mouvement depuis la mi-septembre, de Créteil aux cortèges du 24 octobre.
Ces chiffres prennent leur sens face à l’ampleur de la procédure : 1,05 million de personnes ont candidaté sur la plateforme cette année, un record selon le ministère. La consultation en ligne lancée début octobre avait recueilli plus de 100 000 contributions avant de fermer le 23 octobre.
La chronologie : de Créteil au débat du 28 octobre
- Mi-septembre : le mouvement démarre au lycée Saint-Exupéry de Créteil, autour des conditions d’étude, des bâtiments, des remplaçants et de Parcoursup.
- Début octobre : le gouvernement lance une consultation en ligne et écarte encore la suppression de la plateforme.
- Vendredi 23 octobre : Emmanuel Macron reçoit pour la première fois des représentants lycéens à l’Élysée, pendant trois heures, et promet des réponses concrètes dès lundi.
- Samedi 24 octobre : 410 000 manifestants selon le ministère de l’Intérieur, près de 800 000 selon les organisateurs.
- Lundi 26 octobre : Lecornu reçoit les organisations à Matignon. Geffray et Baptiste annoncent le plan dans l’après-midi : Parcoursup modifié en 2027, remplacé en 2028.
- Mercredi 28 octobre : débat à l’Assemblée nationale sur l’avenir de la plateforme et les changements législatifs nécessaires.
Photo d’illustration : des élèves en classe dans un lycée parisien.
Pourquoi le remplacement attendra 2028
La question que les familles posent en premier est simple : pourquoi ne pas supprimer la plateforme tout de suite ? La réponse du gouvernement tient en un mot : la loi. Parcoursup repose sur la loi de 2018, et plusieurs de ses paramètres ne peuvent bouger que si le texte lui-même évolue. C’est l’argument de Philippe Baptiste pour justifier le calendrier en deux temps.
Autre inconnue : le remplaçant n’existe pas encore. Son format n’a pas été arrêté. Parmi les pistes évoquées figurent une autre façon de compter le contrôle continu et un outil d’aide à l’orientation. Et le calendrier politique ajoute une contrainte : la mise en place du nouveau système en 2028 reviendra au gouvernement qui sortira de l’élection présidentielle de 2027.
Faut-il encore passer par Parcoursup en 2027 ?
Oui. La campagne 2027 se déroulera sur la plateforme actuelle, avec les nouvelles règles de transparence. Les terminales de cette année ne sont pas dispensées de la procédure. La différence se jouera sur les informations disponibles : des critères publiés plus en détail, des refus expliqués, et la possibilité de demander les raisons d’une décision.
Le remplaçant de Parcoursup est-il déjà connu ?
Non. Aucun nom, aucune maquette, aucun mode de fonctionnement n’a été présenté lundi. Le gouvernement a fixé une échéance, pas un modèle. L’Union étudiante réclame 250 000 places supplémentaires, très loin des 15 000 promises. Les organisations lycéennes et étudiantes appellent à maintenir la mobilisation, avec des manifestations annoncées les 31 octobre et 5 novembre.
La nouvelle avait d’abord filtré lundi par deux influenceuses éducation reçues à Matignon, avant d’être confirmée à l’AFP.
Reste l’échéance la plus proche : le débat de ce mercredi 28 octobre à l’Assemblée. Il dira si les parlementaires suivent le calendrier du gouvernement, et à quelle vitesse la loi de 2018 pourra être retouchée. Pour les terminales, c’est là que la promesse de lundi commencera à devenir du concret.
