La manifestation du 31 octobre 2026 à Paris n’a pas encore de parcours validé. Mardi matin, la carte participative de la coordination des gilets jaunes recensait déjà 428 actions annoncées pour samedi dans toute la France. Ce chiffre doit encore grossir, mais il ne vaut pas programme officiel : les préfectures peuvent encore interdire ou déplacer des rassemblements.

Ce que ça change pour vous

  • Vendredi 30 octobre, de 18h à 21h, une casserolade est prévue devant l’Assemblée nationale, avec un appel national à 19h, devant les mairies, aux fenêtres ou dans la rue.
  • Samedi 31 octobre, à 14h, des rassemblements statiques sont annoncés devant l’Assemblée et devant plusieurs mairies d’arrondissement à Paris.
  • Avant de partir, vérifiez l’arrêté de la préfecture de police et les informations trafic de la RATP. Le 24 octobre, des stations avaient été fermées dès 9h autour des lieux sensibles.

Un cortège dense dans une rue de Paris Photo d’illustration : un cortège dans une rue de Paris.

Manifestation 31 octobre 2026 : quel parcours est demandé à Paris ?

Le tracé déposé mardi 27 octobre part de la place de la Bastille, remonte par les boulevards Beaumarchais et du Temple, passe par la place de la République, suit les grands boulevards, puis rejoint la place de l’Opéra, la place de la Madeleine et la rue Royale, pour finir place de la Concorde, avec l’Assemblée nationale comme destination annoncée.

Ce tracé traverse le centre de Paris, y compris des quartiers commerçants autour d’Opéra et de la Madeleine. C’est ce que l’exécutif veut éviter. Lundi 26 octobre, depuis Marseille, Emmanuel Macron a annoncé que les parcours du 31 octobre, puis du 5 novembre, seraient fixés hors des centres-villes, pour protéger les commerces. La préfecture, contactée mardi, n’avait pas encore répondu.

Le 24 octobre, la préfecture avait imposé en dernière minute un parcours entre la porte d’Italie et la porte de Vincennes, en périphérie, à la place du Bastille-Nation d’abord autorisé. Cette fois, l’avocat de la coordination, David Libeskind, prévient que le mouvement saisira la justice si la demande est refusée.

Casserolade du vendredi 30 octobre : à quelle heure, où ?

Le week-end commence vendredi soir, avec une casserolade devant l’Assemblée nationale de 18h à 21h et un geste national à 19h. À Paris, la carte participative fait apparaître des sit-in envisagés devant plusieurs mairies d’arrondissement, notamment Paris Centre et les 10e, 11e, 12e, 13e, 14e et 15e arrondissements. Il s’agit d’intentions inscrites par des participants, pas d’un programme arrêté par la préfecture.

Hors de Paris, la coordination appelle aussi à des rassemblements statiques devant les mairies dans les communes sans manifestation. Marseille a déjà confirmé des restrictions sur les parcours. Un événement inscrit sur une carte participative ne vaut pas autorisation.

La place de la Bastille, point de départ du parcours demandé Photo d’illustration : la place de la Bastille, à Paris.

Pourquoi les autorités parlent déjà d’une journée à risque ?

Le 24 octobre donne l’échelle. Selon le ministère de l’Intérieur, 410 000 personnes ont manifesté dans toute la France, dont 110 000 à Paris. La CGT avançait près de 800 000 manifestants au niveau national. Le dispositif comptait 70 000 policiers et gendarmes. Reuters rapporte 1 435 interpellations dans tout le pays.

Lundi, sur BFMTV, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a été direct. Interrogé sur de nouveaux troubles le 31 octobre, il a répondu : « Clairement, oui. »

« La soirée d’Halloween est traditionnellement toujours un peu animée. On s’attend à ce que ce soit à nouveau compliqué. »

Mardi, sur RTL, le ministre a ajouté que les moyens déployés seraient aussi importants que le 24 octobre. Emmanuel Macron a qualifié le 31 octobre d’« autre journée à risques ». Les couvre-feux décidés ville par ville restent en place, selon le ministre.

Pourquoi cet acte III change de ton ?

Le 17 octobre, la colère portait d’abord sur le coût de la vie et les prix des carburants. Pour cet acte III, la coordination met en avant les libertés publiques. Dans son appel, lu le 24 octobre sur les marches de l’Opéra Bastille, elle dénonce ce qu’elle appelle une dérive autoritaire, après les interdictions de cortèges et les couvre-feux décidés dans plusieurs villes. Elle demande la levée des couvre-feux, l’amnistie des manifestants interpellés et des enquêtes sur les violences attribuées aux forces de l’ordre.

Les lycéens, en vacances jusqu’au 2 novembre, sont invités à rejoindre le mouvement, malgré la fin annoncée de Parcoursup pour 2028, jugée insuffisante par leurs organisations.

Et après samedi : les dates à garder

Rentrée le lundi 2 novembre, mobilisation étudiante le mardi 3 novembre. Jeudi 5 novembre, les syndicats CFDT, CGT, FO, Unsa et FSU appellent à une journée de grèves et de manifestations sur les salaires, les services publics et l’emploi. La coordination annonce un acte IV le samedi 7 novembre. Pour samedi, tout reste suspendu à la décision de la préfecture.