Ce mardi 6 octobre 2026, la mobilisation des lycéens entre dans son « acte III ». C’est une journée nationale de manifestations : une trentaine de cortèges sont annoncés partout en France, et à Paris le défilé partira à 14 heures de la place de la République pour rejoindre la place de la Nation, en passant par le boulevard Voltaire. Les renseignements s’attendent à 20 000 à 40 000 participants dans la capitale. Ce serait la plus grande journée du mouvement depuis sa naissance à la mi-septembre.
Manifestation lycéens 6 octobre à Paris : quel parcours, à quelle heure ?
Le rendez-vous est fixé à 14 heures, place de la République. À Lyon et Grenoble, les cortèges démarraient dès 10 heures ; à Marseille, 10h30 ; à Toulouse, Bordeaux et Rennes, 11 heures. Lille, Strasbourg et Nantes manifestent aussi dans la journée.
Sur ordre de la préfecture de police, la RATP a annoncé la fermeture de plusieurs stations de métro situées le long du parcours parisien. Si vous traversez l’est parisien cet après-midi, prévoyez du temps ou un autre itinéraire.
La jeunesse ne défilera pas seule cette fois. La CGT, la FSU, Solidaires, la FNEC-FO, la FCPE et la Confédération paysanne ont annoncé qu’elles marcheraient aux côtés des lycéens et des étudiants.
Ce que ça change pour vous aujourd’hui
Les blocages n’ont pas faibli ce matin. L’Union syndicale lycéenne annonce plus de 1 800 établissements bloqués ou fermés dans tout le pays. Le ministère de l’Éducation nationale retient un autre chiffre : 891 lycées où les cours ont été suspendus « totalement ou partiellement ». À Paris, les lycées Victor-Hugo, Hélène-Boucher, Condorcet, Jacques-Decour et Sophie-Germain restaient bloqués, sans débordement. À Lyon, le cortège de la matinée défilait sans violence.
Des lycéens manifestent avec leurs banderoles.
Dans l’enseignement supérieur, Paris-Dauphine, Rennes, Nantes, Lille, Sorbonne Université et Nanterre étaient bloqués. L’Union étudiante avance que 90 % des universités sont fermées, un chiffre que le ministère ne confirme pas pour l’instant.
Il n’existe pas de liste nationale unique des fermetures : chaque académie, parfois chaque établissement, décide. Le réflexe qui reste valable : vérifiez l’ENT, les SMS ou les mails du proviseur avant de faire partir votre enfant.
Pourquoi les lycéens manifestent ce mardi ?
Les revendications n’ont pas bougé depuis la mi-septembre, et elles touchent le quotidien des classes :
- l’abrogation ou la refonte de Parcoursup, jugé inégalitaire ;
- le remplacement immédiat des enseignants absents, surtout dans les classes à examen ;
- des classes moins chargées : 32 à 35 élèves dans certains établissements ;
- un plan d’embauche pour les assistants d’éducation, les infirmiers et les assistants sociaux ;
- un plan d’urgence pour la rénovation des bâtiments ;
- des emplois du temps allégés.
Un thème revient dans presque tous les cortèges : l’écart de moyens entre les lycées de banlieue et ceux des centres-villes. Vendredi dernier, les représentants des syndicats lycéens sont sortis déçus de leur rendez-vous avec Édouard Geffray, ministre de l’Éducation. La discussion serait « enfin ouverte », mais sans annonce concrète : c’est le bilan qu’a tiré Ryad Rani, président de l’Union syndicale lycéenne, à la sortie du ministère. C’est ce rendez-vous manqué qui a décidé l’« acte III ».
Le mouvement en chiffres : d’où vient cette colère ?
Le mouvement est né à la mi-septembre dans un lycée de Créteil, en Val-de-Marne : des classes surchargées, des bâtiments dégradés, des professeurs absents non remplacés, des emplois du temps à rallonge. Depuis, il a gagné tout le pays et s’est durci.
Les forces de l’ordre déployées face aux manifestants.
Le bilan depuis le début des violences donne la mesure de l’escalade : plus de 5 000 interpellations, dont 87 % de mineurs placés en garde à vue, 14 placements en détention provisoire, selon la Chancellerie. Côté forces de l’ordre, 715 blessés. Le ministre de l’Éducation évoque, lui, environ 190 élèves blessés, « soit du fait d’éléments accidentels, soit du fait de blessures liées à des fauteurs de troubles ». Lundi encore, 984 personnes ont été interpellées.
La journée de lundi avait déjà été marquée par un drame à Lens, dans le Pas-de-Calais : un lycéen de 15 ans du lycée Behal a eu la main arrachée par l’explosion d’une grenade de désencerclement lancée par les CRS, alors qu’il tentait de la ramasser. Ce matin, le ministère a annoncé 589 établissements bloqués lundi, contre 735 vendredi, mais 40 % d’entre eux n’avaient jusque-là pas pris part à la mobilisation.
Mon lycée est-il fermé ce mardi ?
Pas de liste nationale unique : tout se décide académie par académie, parfois établissement par établissement. En Île-de-France, plus d’un tiers des lycées restaient fermés ou perturbés lundi, et la journée de mardi s’annonce au moins aussi compliquée. Fiez-vous à la communication officielle de votre établissement : ENT, SMS, mail du proviseur. Et si votre enfant doit traverser Paris cet après-midi, les stations de métro fermées le long du parcours République-Nation peuvent tout changer à son trajet.
Et la réponse du gouvernement ?
Dimanche, Sébastien Lecornu a adressé à ses ministres une lettre pour tenter de sortir de la crise : « cinq chantiers » doivent être engagés, à commencer par « des suites visibles à la parole de lycéens ».
« Chaque proposition recevra une réponse motivée, avec une échéance lorsqu’elle sera retenue. »
Le Premier ministre demande à ses ministres « des premières décisions, leur coût, leur financement et leur calendrier » d’ici la fin du mois. Les jeunes, eux, ont décidé de ne pas attendre : le cortège doit arriver place de la Nation en milieu d’après-midi, et c’est à ce moment-là que les ministères mesureront si la rue de 2026 parle plus fort que les promesses d’hier.
