Ils étaient une cinquantaine, tôt ce matin, devant la Pyramide. Le Louvre est fermé aujourd’hui : les étudiants de l’École du Louvre bloquent les accès du musée ce lundi 19 octobre, en soutien au mouvement des lycéens et pour dénoncer ce qu’ils appellent la « répression policière ». À 9 heures, heure prévue de l’ouverture, les portes ne se sont pas ouvertes. Environ 30 000 personnes franchissent chaque jour les portes du musée, selon l’AFP : ce lundi, des milliers d’entre elles sont restées sur le parvis.

Des étudiants manifestent à Paris en soutien au mouvement lycéen Des étudiants manifestent à Paris. Ce lundi, une cinquantaine d’élèves de l’École du Louvre bloquent les accès du musée en soutien au mouvement lycéen. (Photo d’illustration.)

Ce que ça change pour vous

Vous aviez réservé pour aujourd’hui ? Le musée a confirmé la fermeture sur son compte X officiel : « Chers visiteurs, en raison d’un mouvement social étudiant, le musée est fermé pour le moment. Nous vous prions de nous excuser de la gêne occasionnée. » Selon l’agence EFE, dont des journalistes étaient sur place, un porte-parole du musée a indiqué aux touristes massés devant la Pyramide que le montant des billets serait remboursé.

Concrètement, si vous aviez un billet pour ce lundi :

  • ne vous déplacez pas sans avoir vérifié l’alerte du jour sur le site officiel du musée ;
  • conservez votre e-mail de confirmation, il servira de preuve pour le remboursement ;
  • si vous êtes à Paris cette semaine, visez un autre jour. Sachez toutefois que la réservation est obligatoire du 17 octobre au 1er novembre pour les vacances de la Toussaint, selon Sortiraparis, et que les créneaux partent vite.

À la mi-journée, aucune heure de réouverture n’avait été annoncée. La CGT, qui soutient l’action sans y participer, évoquait une fermeture au moins « jusqu’à midi », sans garantie au-delà.

Lundi 19 octobre : la chronologie du blocage

9h00. Les grilles de la Pyramide restent closes. Les accès principaux, la Pyramide et le passage Richelieu, sont tenus par les manifestants, qui distribuent un tract aux visiteurs. La phrase claque, affichée aux abords du musée : « Nous sommes fiers de vous annoncer que nous bloquons le plus grand musée du monde. »

La direction du Louvre, interrogée par l’AFP avec deux syndicats, précise que le mouvement n’a pas de lien direct avec l’institution. Le musée servirait simplement de « chambre d’écho » aux revendications étudiantes. Selon la CFDT, des étudiants de l’école des Beaux-Arts se sont joints à l’action.

10h47. La dépêche AFP tombe et fait le tour des rédactions : le blocage est désormais une information nationale. Sur les réseaux sociaux, les photos du parvis noir de monde se multiplient.

Midi. La CGT évoque une fermeture au moins jusqu’à midi. À 12h12, le site Sortiraparis met à jour son article : fermeture provisoire, toujours aucune heure de réouverture annoncée. Le musée conseille aux visiteurs de consulter son alerte en ligne avant tout déplacement.

La Joconde au musée du Louvre, devant des visiteurs La Joconde, dans les salles du Louvre. Le musée accueille environ 30 000 visiteurs par jour, selon l’AFP. (Photo d’illustration.)

Pourquoi les étudiants bloquent-ils le Louvre ?

Le choix du lieu n’a rien d’un hasard. Dans leur tract, les étudiants inscrivent le blocage dans « la lutte pour le droit d’étudier, de travailler, de vivre librement dans de bonnes conditions ». Ils dénoncent aussi les coupes budgétaires, les suppressions de postes et la détérioration des services publics, et accusent le gouvernement de répondre par la répression policière aux mobilisations de la jeunesse.

L’action prolonge la contestation lycéenne commencée à la mi-septembre. Elle intervient deux jours après la grande journée nationale de mobilisation contre la vie chère du samedi 17 octobre, qui a dégénéré dans plusieurs villes : environ 2 400 interpellations et des centaines de commerces pillés, selon les autorités citées par l’AFP. En bloquant le musée le plus visité du monde, les étudiants s’assurent une visibilité que les blocus de lycées, devenus presque quotidiens, ne leur donnent plus.

Louvre fermé aujourd’hui : vos billets seront-ils remboursés ?

C’est la question que se posent les milliers de visiteurs refoulés ce matin, dont beaucoup de touristes étrangers venus parfois de loin pour voir la Joconde. Sur place, le message entendu est rassurant : selon l’agence EFE, un porte-parole du musée a indiqué aux touristes que le montant des billets serait remboursé et que le musée ne rouvrirait pas ses portes de la journée.

Le musée n’a en revanche publié aucune procédure de remboursement détaillée à la mi-journée. Le réflexe à avoir : gardez votre e-mail de confirmation et surveillez les canaux officiels du Louvre, où l’information arrivera en premier.

Un an jour pour jour après le cambriolage

La date du blocage n’a échappé à personne. Ce 19 octobre 2026 marque le premier anniversaire du spectaculaire cambriolage qui a plongé le musée le plus visité du monde dans une profonde crise : huit bijoux de la Couronne volés dans la galerie d’Apollon, un butin estimé à 88 millions d’euros selon l’agence EFE, et des joyaux jamais retrouvés.

Cinq jours plus tôt, le 14 octobre, le président-directeur du Louvre, Christophe Leribault, avertissait dans Le Figaro : « Si le Louvre ne se répare, ne s’adapte pas et ne se transforme pas, il devra fermer ses portes au public. » Vendredi 16 octobre, sur France Inter, il disait encore espérer récupérer les bijoux volés. Le musée, lui, a renforcé sa sécurité — caméras, verrières, travaux sur les grilles — tout en retirant par précaution d’autres pièces d’orfèvrerie de ses vitrines.

« Nous sommes fiers de vous annoncer que nous bloquons le plus grand musée du monde. » — tract des étudiants, affiché aux abords du Louvre ce lundi 19 octobre.

Un an après le vol, le Louvre se retrouve donc de nouveau avec ses portes closes — mais cette fois, ce n’est pas un coffre-fort qui a cédé. Sur le parvis, les files de touristes se sont reformées derrière les barrières : certains ont traversé un océan pour voir la Joconde, et repartiront sans l’avoir vue.