Les annonces Lecornu lycéens Matignon 26 octobre se jouent en deux temps. Ce lundi matin, le Premier ministre reçoit à Matignon les organisations lycéennes et étudiantes. Dans l’après-midi, les ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, Édouard Geffray et Philippe Baptiste, prennent la parole pour détailler les mesures. C’est ce second rendez-vous que les familles vont regarder de près, parce que c’est là que les chiffres et les calendriers doivent apparaître.
Le rendez-vous a été annoncé dimanche par les services du Premier ministre. Il arrive après un week-end de mobilisation et après une rencontre, vendredi 23 octobre, entre Emmanuel Macron et des représentants lycéens à l’Élysée. Cette rencontre avait duré trois heures. Dimanche, le président a promis, dans une vidéo, des réponses très concrètes à partir de lundi. Les représentants lycéens ont fait savoir après l’Élysée que les engagements entendus ne suffisaient pas.
« Des réponses très concrètes » : c’est la promesse faite dimanche par Emmanuel Macron, après trois heures de rencontre avec les lycéens à l’Élysée.
Ce que ça change pour vous
Si vous avez un enfant au lycée, ou si vous êtes en terminale, la journée de lundi ne change pas vos cours du jour même : les vacances de la Toussaint durent jusqu’au 2 novembre. En revanche, elle peut changer les mois qui suivent, et c’est pour cela que les annonces de l’après-midi comptent.
Premier point à surveiller : Parcoursup. La plateforme est au centre des revendications depuis le début du mouvement. Certains lycéens demandent sa suppression, le gouvernement parle d’une refonte en profondeur, et le ministre Philippe Baptiste a écarté la suppression tout en se disant prêt à des changements profonds.
Deuxième point : les professeurs remplaçants. Édouard Geffray a déjà promis 3 000 enseignants remplaçants supplémentaires, en priorité dans les lycées les plus en difficulté. Les familles vont vérifier si ce chiffre se traduit par des postes visibles dans leur établissement.
Troisième point : les bâtiments et les places. Les organisations lycéennes réclament un plan d’urgence pour les locaux et 250 000 places supplémentaires à l’université, selon les demandes relayées lundi par Riviera Radio. L’ensemble de leurs demandes est chiffré autour de 10 milliards d’euros. Face à cela, le budget 2027 de l’Éducation nationale prévoit environ 65,53 milliards d’euros, soit une hausse de 1,7 %, inférieure à l’inflation selon les chiffres relayés par Reuters.
Du 23 au 26 octobre : comment on en est arrivé là
Vendredi 23 octobre, Emmanuel Macron reçoit les représentants lycéens à l’Élysée, pour sa première rencontre avec eux depuis le début du mouvement, né à la mi-septembre autour des conditions d’étude, des bâtiments dégradés, du manque de remplaçants et de Parcoursup.
Samedi 24 octobre, la mobilisation reprend dans tout le pays. Le ministère de l’Intérieur recense 289 actions et 410 000 manifestants, dont 110 000 à Paris. La CGT estime la participation à près de 800 000 personnes en France et 250 000 à Paris.
Dimanche 25 octobre, le ministère publie un bilan provisoire : 1 314 interpellations, 53 membres des forces de l’ordre blessés, 24 commerces pillés et 75 interventions pour des feux. Le 17 octobre, le bilan avait été plus lourd, avec 2 628 interpellations et 1 522 commerces pillés. Des enquêtes ont été ouvertes sur certains incidents, notamment après des blessures graves signalées à Toulouse et à Poitiers.
La mobilisation lycéenne dure depuis la mi-septembre : blocages, cortèges et revendications sur les conditions d’étude.
Parcoursup, remplaçants, bâtiments, places : les quatre dossiers sur la table
Parcoursup concentre la colère parce qu’il décide de l’avenir immédiat des terminales. Plus de 900 000 élèves utilisent la plateforme chaque année. Les critiques portent sur le manque de transparence : les lycéens disent ne pas comprendre pourquoi un dossier est retenu ou écarté, ni quel poids pèsent les notes, les avis des professeurs et les lettres de motivation.
Les bâtiments forment le troisième dossier. Les organisations réclament un plan d’urgence de 1,5 milliard d’euros pour les locaux, selon les demandes relayées avant la réunion de lundi. Les places à l’université ferment la liste : avec 250 000 places supplémentaires demandées, les organisations veulent éviter que des bacheliers se retrouvent sans affectation. Les présidents d’université rappellent de leur côté que supprimer Parcoursup ne créerait pas, à lui seul, des places nouvelles.
Que doivent surveiller les terminales cet après-midi ?
D’abord, les mots choisis sur Parcoursup. Une annonce générale sur la transparence ne vaut pas un calendrier : les terminales doivent retenir si le gouvernement fixe des dates, des critères publiés et une explication des refus. Ensuite, les chiffres sur les remplaçants et les bâtiments : un nombre de postes sans académie ni date d’affectation laisse les familles dans le flou.
Enfin, la réaction des organisations à la sortie de la réunion. Si les représentants lycéens jugent les annonces insuffisantes, ils l’ont déjà annoncé : la mobilisation continue. Une grève générale est déjà appelée par les syndicats pour le 5 novembre. La réunion de lundi ne clôt donc pas le mouvement, elle le met à l’épreuve.
En classe, l’enjeu concret reste le même : des professeurs présents, des emplois du temps stables et des locaux en état.
Pourquoi les chiffres de samedi diffèrent-ils autant ?
410 000 d’un côté, près de 800 000 de l’autre : l’écart s’explique par les méthodes. Le ministère compte les cortèges déclarés et les participants observés par ses services. Les syndicats comptent à partir de leurs propres observateurs. Pour les lecteurs, le chiffre utile est la tendance : samedi, la mobilisation est restée massive, mais en dessous du 17 octobre, où le ministère avait compté 550 000 manifestants. Les dégâts, eux, ont nettement reculé, avec 24 commerces pillés contre 1 522 une semaine plus tôt.
Reste une question que la réunion de lundi ne réglera pas seule : la confiance. Depuis un mois, les lycéens répètent qu’ils veulent être entendus, pas seulement reçus. L’après-midi de lundi dira si les promesses de dimanche deviennent des décisions, ou si le mouvement repart vers le 5 novembre.
