Intermarché baisse 5 000 prix en une fois, et la liste des produits concernés en dit long sur la guerre que se livrent les distributeurs pour le pouvoir d’achat des Français. L’enseigne des Mousquetaires a lancé le 10 octobre « Notre Programme Pouvoir d’Achat », une offensive tarifaire qui court sur plusieurs milliers de références, au moment même où les parlementaires débattent d’une mesure plus radicale : imposer aux grandes surfaces des produits sains vendus à prix coûtant.

Ce que ça change pour vous

Sur le ticket de caisse, l’effet se joue rayon par rayon. L’enseigne annonce des baisses allant jusqu’à 15 %, sur des produits du quotidien que les familles achètent chaque semaine : pâtes, jus de fruits, huile d’olive, jambon, papier toilette. Le nombre de références concernées varie selon le format du magasin : jusqu’à 5 000 pour les supermarchés et hypermarchés, jusqu’à 3 000 pour les Intermarché Express et Contact. Chez Netto, l’autre enseigne du groupement, 500 références sont également ciblées.

Attention toutefois à ne pas se tromper de combat : une baisse de prix reste une décision commerciale de l’enseigne, réversible, quand la proposition de loi débattue au Sénat viserait à graver dans le marbre un prix quasiment coûtant sur des produits sains.

Quels produits Intermarché sont vraiment concernés par les baisses ?

L’enseigne a donné quelques exemples précis, relayés par la presse spécialisée. Huile d’olive Bouton d’Or 50 cl : −13 %. Pâtes Torti Panzani 500 g : −9 %. Jambon supérieur Monique Ranou, 6 tranches : −7 %. Pack de 6 briquettes de jus de pomme Paquito : −5 %. Jus d’orange Tropicana 1 litre : −5 %. Paquet de 6 rouleaux de papier toilette Labell : −5 %.

Rayon conserves dans un supermarché français Dans les rayons, l’enseigne promet des baisses sur des produits achetés chaque semaine par les familles.

Ce n’est pas la première offensive du groupement. En mars 2026 déjà, une première vague de baisses avait touché 1 500 produits. Cette fois, l’échelle est triple, et l’enseigne joue aussi la carte du carburant : 6 000 cartes carburant d’une valeur de 20 euros accompagnent l’opération, dans un contexte où la flambée des prix à la pompe reste l’un des griefs majeurs des automobilistes.

Comment profiter des baisses en magasin

  • Les prix affichés intègrent la baisse automatiquement : aucune carte de fidélité ni application n’est nécessaire pour en bénéficier.
  • La sélection varie d’un magasin à l’autre, les chefs d’entreprise indépendants du réseau ayant leur mot à dire sur l’assortiment.
  • Les Intermarché Express et Contact proposent une sélection réduite : jusqu’à 3 000 produits, contre 5 000 dans les formats plus grands.
  • Pour les drives, les prix remisés s’appliquent aussi aux commandes en ligne.

Pourquoi maintenant : le débat du « prix coûtant » au Sénat

« À prix coûtant, ces produits coûteraient encore moins cher. » BFMTV résume ainsi le décalage entre l’opération commerciale et l’ambition des parlementaires.

La proposition de loi portée par la sénatrice écologiste Antoinette Guhl voudrait obliger les grandes surfaces à proposer au moins 80 produits sains, vendus quasiment à prix coûtant et identifiables en rayon grâce à des étiquettes. Concrètement : au moins trois références par grande catégorie (fruits et légumes, féculents complets, poissons, légumes secs), avec une part de bio ou d’origine France fixée par décret. Le « prix coûtant » ne signifierait pas une vente à perte : il couvrirait le prix d’achat, la manutention, le stockage, la mise en rayon, les pertes et les taxes, mais pas la marge du distributeur.

Le texte est soutenu par près de quarante associations, de Familles rurales à Foodwatch, France Assos Santé et le Secours catholique-Caritas. Il s’appuie sur des chiffres qui pèsent : en 2023, 43 % des Français disaient déjà avoir renoncé à des achats alimentaires pour des raisons financières ; depuis 2015, le prix des fruits frais a grimpé de 54 %, celui des légumes frais de 62 %, quand l’inflation générale n’a progressé que de 21 %.

Rayons colorés de produits alimentaires Fruits, légumes, féculents, poissons : la proposition de loi vise les catégories de produits que les autorités sanitaires recommandent.

Le 14 octobre, la commission des affaires économiques du Sénat a rejeté le texte, invoquant la difficulté de calculer et de contrôler le prix coûtant ainsi qu’une atteinte jugée disproportionnée à la liberté du commerce. Le débat reste ouvert : les associations maintiennent la pression pour un examen du texte dans les prochaines semaines.

Intermarché, lui, a choisi la voie volontaire. Reste une question simple à se poser devant le rayon : entre les 5 000 baisses affichées et les 80 produits à prix coûtant réclamés par les associations, lequel des deux modèles rendra vraiment les courses moins chères ?