La grippe aviaire risque modéré, c’est le nouveau statut officiel de la France à partir de jeudi. Un arrêté paru ce mercredi 4 novembre au Journal officiel relève le niveau de risque sur le territoire métropolitain, qui était qualifié de négligeable depuis le 3 juin. Le texte invoque une dynamique d’infection dans l’avifaune sauvage migratrice des pays voisins. Les grues, les canards et les oies traversent la France en ce moment, et certains portent le virus sans forcément en mourir. La mesure vise, selon l’arrêté, à renforcer les mesures de surveillance et de prévention.
Ce que ça change pour vous dès jeudi
Si vous gardez des poules au fond du jardin, rien ne vous oblige à les enfermer dès jeudi matin. Le confinement systématique des volailles, c’est l’arme du niveau élevé, le troisième et dernier cran. Le niveau modéré, lui, fonctionne autrement. Il demande de la vigilance ciblée, pas un bunker.
Concrètement, trois gestes valent mieux qu’une inquiétude vague. D’abord, mettez les mangeoires et les abreuvoirs à l’abri des oiseaux sauvages : sous un auvent, dans le poulailler, là où un canard de passage ne peut pas se poser et laisser ses fientes. Ensuite, limitez les points d’eau stagnante près du parcours, qui attirent les migrateurs. Enfin, vérifiez que votre élevage est déclaré, en mairie ou en ligne sur mesdemarches.agriculture.gouv.fr. C’est une démarche gratuite, et c’est elle qui permet aux services vétérinaires de vous prévenir si un foyer apparaît près de chez vous.
Des canards sauvages qui quittent une zone humide. Leurs passages d’automne sont à l’origine du relèvement du risque. (Photo d’illustration)
Pourquoi l’alerte monte en plein mois de novembre
L’automne est la saison à risque, chaque année. Les oiseaux migrateurs descendent du nord de l’Europe vers des hivernages plus doux, et la France se trouve sur leur route. Quand le virus circule activement chez ces voyageurs dans les pays voisins, la pression monte sur les élevages français, professionnels comme amateurs. C’est exactement le scénario que décrit l’arrêté de ce mercredi.
Le contexte pèse aussi dans la décision. L’hiver 2025-2026 avait été rude, avec une épizootie qui avait poussé le pays au niveau élevé. Le 26 avril, le risque avait été abaissé à modéré, puis à négligeable le 3 juin, ce qui avait levé l’obligation systématique de confinement. L’été s’était bien passé. Début septembre, pourtant, un foyer hautement pathogène a été détecté dans un élevage de canards du Maine-et-Loire, et près de 7 600 animaux ont dû être abattus. La saison de surveillance 2026-2027, ouverte le 1er août, n’aura donc pas attendu longtemps avant de se tendre.
« Renforcer les mesures de surveillance et de prévention » : c’est l’objectif affiché par l’arrêté qui relève le risque à modéré dès jeudi.
Grippe aviaire risque modéré : ce qui se passerait au cran suivant
Le système français compte trois niveaux, et chacun a ses conséquences. Au niveau négligeable, la surveillance reste normale, sans obligation particulière. Au niveau modéré, qui s’applique dès jeudi, les mesures sont ciblées et la prévention se resserre. Au niveau élevé, tout change : mise à l’abri obligatoire des volailles, filets de protection sur les parcours, interdiction des rassemblements d’oiseaux. Les propriétaires de basses-cours de moins de 50 volailles sont concernés au même titre que les professionnels.
Autre pilier de la défense française : la vaccination. Depuis l’automne 2023, elle est obligatoire dans les élevages de plus de 250 canards. Selon les experts cités par l’AFP, cette stratégie a permis d’éviter des épizooties majeures ces deux dernières années. Les Pays de la Loire, premier bassin de production, ont encore renforcé leur dispositif cet automne, avec une zone de mesures complémentaires couvrant le Maine-et-Loire et la Vendée.
Les oiseaux migrateurs traversent la France en automne. C’est leur passage qui a conduit les autorités à relever le niveau de risque. (Photo d’illustration)
Un oiseau mort trouvé en promenade : que faire ?
La règle est simple, et elle vaut pour tout le monde, éleveur ou simple promeneur. Ne touchez jamais le cadavre. Si vous trouvez plus de trois oiseaux morts au même endroit et au même moment, contactez un agent de l’Office français de la biodiversité de votre département, qui relaiera l’information au réseau de surveillance SAGIR. En période de risque épidémiologique élevé, ce seuil tombe à un seul individu pour les canards, les oies, les poules d’eau, les foulques, les mouettes et les goélands.
Pour suivre l’évolution, le site agriculture.gouv.fr publie le niveau de risque en vigueur. Le passage à modéré n’est pas une alerte à prendre à la légère, mais ce n’est pas non plus un retour aux confinements de l’hiver dernier. C’est un signal d’automne : les migrateurs sont là, le virus circule autour de nous, et quelques gestes décidés maintenant éviteront des mesures plus dures plus tard.
