Mardi 29 septembre s’annonce comme une journée à entourer en rouge sur le calendrier. La quasi-totalité des syndicats de la fonction publique appellent les agents à débrayer, avec plus de 150 manifestations annoncées partout en France. Enseignants, soignants, agents municipaux, cheminots, conducteurs de la RATP : rarement un mouvement n’avait ratissé aussi large depuis des mois.

Les RER C, D, E dans le viseur, le métro épargné

Bonne nouvelle pour les Franciliens : selon un porte-parole de la RATP qui s’est confié à l’AFP, le trafic sera « normal » mardi dans le métro et sur les RER A et B, les lignes exploitées par la Régie. Le préavis de grève illimitée déposé par la CGT-RATP, qui prend effet dès ce lundi 28 septembre à 19 heures, ne devrait donc pas paralyser le cœur du réseau parisien.

Mauvaise nouvelle pour les autres : les lignes gérées par la SNCF seront, elles, perturbées. Deux lignes du Transilien sont concernées, ainsi que les RER C et E, annoncés « perturbés ». Le RER D, lui, est carrément annoncé « fortement perturbé ». Pour les usagers des grandes lignes, l’incertitude reste entière : seul SUD-Rail, troisième ou quatrième syndicat à la SNCF, a déposé un préavis à compter de lundi soir. La CGT Cheminots, majoritaire, n’a pas rejoint le mouvement, ce qui devrait limiter la casse sur les TGV et Intercités. Verdict complet lundi vers 17 heures, heure habituelle des prévisions de circulation.

Un train SNCF à quai en gare Le trafic des lignes SNCF gérées, dont les RER C, D et E, sera perturbé mardi.

Le nœud du conflit : le pouvoir d’achat

Au cœur de la colère, il y a le gel du point d’indice des fonctionnaires prévu dans le projet de budget 2027, sur fond de 54 milliards d’euros d’économies annoncés par le gouvernement. La CGT parle de « scandale ». Des millions d’agents publics, dont beaucoup ont vu leur pouvoir d’achat fondre avec le retour de l’inflation, sont appelés à manifester.

À la RATP, les revendications sont très concrètes. La CGT réclame une prime carburant de 600 euros pour tous les agents, une revalorisation de l’allocation complémentaire de déplacement pour les horaires décalés, et la réouverture immédiate des négociations annuelles obligatoires. Nuno Martins, délégué syndical central, dénonce la baisse du pouvoir d’achat de ses agents et juge les solutions avancées par la direction « pour la plupart ponctuelles et ciblées ». Du côté de SUD-Rail, on exige la réouverture des négociations salariales et une redistribution équitable des 1,2 milliard d’euros de bénéfices semestriels affichés par le groupe SNCF.

« On ne peut pas continuer après 2024, 2025, 2026 sans rien, ajouter 2027, ce n’est pas possible », a lâché Luc Farré, secrétaire général de l’Unsa-Fonction publique, sur BFMTV.

Écoles : les parents vont devoir jongler

Dans les écoles maternelles et primaires, les enseignants grévistes ont déjà dû prévenir les parents, le préavis de 48 heures étant obligatoire. Les mairies devraient mettre en place des services minimum d’accueil, mais renseignez-vous directement auprès de votre commune : l’organisation varie d’une ville à l’autre. Au collège et au lycée, aucun accueil n’est obligatoire ; les établissements préviennent en général via Pronote ou le carnet de correspondance.

Une salle de classe vide Des services minimum d’accueil sont prévus dans les mairies pour les écoliers.

Les hôpitaux ne seront pas en reste : tous les syndicats de la fonction publique hospitalière appellent à cesser le travail. Les urgences resteront assurées, mais les services non prioritaires pourraient tourner au ralenti. Même France Travail sera touché : pour la première fois depuis 2018, les dix organisations syndicales de l’organisme appellent ensemble à la grève, alors que le chômage est reparti à la hausse à 8,3 % de la population active au deuxième trimestre 2026. Attendez-vous à trouver porte close. Et sur les radios publiques, CFDT, CGT, FO, SUD et UNSA appellent à débrayer : vous entendrez sans doute plus de musique que d’habitude.

Les cinq réflexes à avoir pour mardi

  • Vérifiez les infos trafic lundi soir : les prévisions RATP et SNCF tombent à partir de 17 h, sur les applis RATP, Transilien SNCF et les sites des opérateurs.
  • Préparez un plan B : télétravail si votre employeur le permet, covoiturage, départ avancé ou trajet décalé.
  • Écoles : regardez les messages de l’établissement et de la mairie pour savoir si un service minimum d’accueil est organisé.
  • France Travail : reportez vos rendez-vous, les agences risquent de rester fermées.
  • Manifestations : plus de 150 cortèges sont annoncés, dont à Paris ; prévoyez des perturbations autour des parcours.

Mardi soir, les syndicats compteront leurs troupes et le gouvernement saura s’il doit prendre au sérieux ce premier coup de semonce de l’automne. En attendant, pour des millions de Français, le défi sera d’abord beaucoup plus terre à terre : réussir, simplement, à aller travailler.