L’appel est arrivé au milieu de la nuit. Vers 0 h 45, dans la nuit de samedi à dimanche, les services d’urgence britanniques ont été prévenus : trois véhicules suspects semblaient se diriger vers la base aérienne de Fairford, dans le Gloucestershire, à l’ouest de l’Angleterre. Des policiers armés sont intervenus. Cinq hommes ont été interpellés, d’abord sur des soupçons d’infractions liées aux explosifs, puis formellement arrêtés pour « préparation d’un acte terroriste ».

La police du Gloucestershire a déclaré un « incident majeur ». À la mi-journée dimanche, la police de Londres confirmait que sa cellule antiterroriste prenait la direction de l’enquête. « Nous en sommes aux premières étapes et cinq hommes sont toujours en garde à vue », a déclaré Vicki Evans, coordinatrice nationale de la lutte antiterroriste.

85 foyers évacués à l’aube

Le dispositif déployé donne la mesure de la gravité prêtée à l’affaire. Un périmètre de sécurité de 400 mètres a été bouclé autour des véhicules pendant que l’unité de déminage de l’armée procédait aux examens. Par mesure de précaution, environ 85 foyers ont été évacués à l’aube.

Des bombardiers B-52 de l’US Air Force stationnés sur la base de RAF Fairford La base de Fairford, qui accueille la 501e escadre de soutien au combat de l’US Air Force. (Photo : Wikimedia Commons)

Selon les médias présents sur place, jusqu’à une trentaine de véhicules d’urgence — voitures de police, ambulances, camions de pompiers — ont stationné dans le village de Fairford. Des images aériennes ont montré un robot de déminage à l’œuvre sur une route de campagne, évoluant autour de trois camionnettes blanches.

« On enquêtait sur eux. Ils voulaient faire de gros dégâts à notre base, et travailler avec les Britanniques a super bien fonctionné », a déclaré Donald Trump à la presse dimanche.

Trump affirme que les suspects étaient « dans le viseur » des États-Unis

Le président américain s’est exprimé dimanche à son arrivée à Chicago, où il assistait à un tournoi de golf. Selon lui, les cinq hommes arrêtés voulaient causer « de gros dégâts » à la base et se trouvaient « dans le viseur » des États-Unis « depuis longtemps ». Des affirmations que l’enquête britannique, encore à ses débuts, n’a pour l’heure ni confirmées ni détaillées.

Fairford n’est pas une base comme les autres. Elle accueille la 501e escadre de soutien au combat, une escadre administrative de l’US Air Force. Selon plusieurs médias, le site a déjà servi de point de départ à des opérations américaines : en mars, l’ancien Premier ministre Keir Starmer avait autorisé Washington à mener des actions « défensives » contre des sites de missiles iraniens depuis deux bases britanniques, dont Fairford. L’escadre américaine a indiqué dans un communiqué qu’aucun de ses membres n’était impliqué dans l’incident de la nuit.

Une voiture de la police du Gloucestershire, la force intervenue dans la nuit La police du Gloucestershire a été la première sur place avant que l’antiterrorisme de Londres ne prenne l’enquête. (Photo : Wikimedia Commons)

Ce que l’on sait, ce dimanche soir

  • Les faits : appel vers 0 h 45 dimanche, trois véhicules suspects près de la base de Fairford, cinq interpellations par des policiers armés.
  • Les charges : les suspects sont visés pour « préparation d’un acte terroriste », après une première interpellation pour des infractions liées aux explosifs.
  • L’enquête : dirigée par la cellule antiterroriste de la police de Londres ; démineurs de l’armée sur place.
  • Les mesures : périmètre de 400 mètres, ~85 foyers évacués, une trentaine de véhicules d’urgence déployés.
  • Le contexte : base utilisée par l’US Air Force (501e escadre) ; déjà mobilisée, selon les médias, pour des frappes américaines.

L’enquête ne fait que commencer, et les enquêteurs restent prudents : à ce stade, ni les identités des suspects, ni la nature exacte de ce que contenaient les véhicules n’ont été rendues publiques. Dans un Royaume-Uni déjà sous tension, cette nuit de Fairford rappelle une évidence que les services antiterroristes répètent sans relâche : les menaces les plus sérieuses sont souvent celles qu’on intercepte avant l’aube.