Le prix du diesel en novembre 2026 sera-t-il enfin en baisse ? Le dossier a avancé mardi 20 octobre : en tournée dans le Golfe, Emmanuel Macron a sécurisé des livraisons supplémentaires de 200 000 tonnes de diesel par mois pour le marché français, a annoncé l’Élysée.
Le président s’est d’abord arrêté au Koweït et aux Émirats arabes unis lundi, avant de gagner le Bahreïn mardi après-midi. Le Qatar figure encore à son programme. C’est dans cette tournée que l’engagement a été pris : « environ 100 000 tonnes par mois de diesel » débloquées par les Émirats arabes unis, et « 100 000 tonnes complémentaires par mois » sécurisées à l’étape de Bahreïn, a précisé l’Élysée au Figaro.
Ce que ça change pour vous dès le 1er novembre
Ces 200 000 tonnes s’ajoutent aux 95 000 tonnes déjà obtenues de l’Arabie saoudite pour octobre et novembre. Au total, la France aligne 295 000 tonnes de diesel garanties par mois, « un peu plus de 10 % » de sa consommation nationale, selon la présidence, et environ le tiers de ses importations mensuelles, précise le Figaro.
Concrètement, ces volumes doivent mettre la France « à l’abri de pénuries pour l’hiver prochain », selon l’Élysée, et calmer la surenchère entre acheteurs internationaux, qui fait grimper les prix quand plusieurs pays se disputent les mêmes cargaisons. Pour les 40 % d’automobilistes français qui roulent encore au gazole, l’enjeu est simple : plus de carburant sur le marché doit alléger la facture. Les 200 000 tonnes mensuelles équivalent à 235 millions de litres, soit 4,7 millions de pleins supplémentaires chaque mois, calcule le site spécialisé l’Automobiliste.
Environ 40 % du parc automobile français roule encore au diesel : la baisse du prix du diesel en novembre 2026 est attendue par des millions d’automobilistes.
De combien le prix du diesel va-t-il baisser ?
C’est la question que tout le monde se pose, et l’Élysée refuse d’y répondre par un chiffre.
« Nous sécurisons les quantités avec un objectif : que les Français ne manquent de rien et qu’on fasse baisser les prix. Dans cette situation de ni paix ni guerre, il faut sécuriser tout ce que nous pouvons sécuriser. Quand on apporte plus de volumes ça aura un effet sur le prix mais on ne sait pas le quantifier. » — une source à l’Élysée, à BFMTV
Il faut distinguer deux calendriers. D’abord, le déstockage des réserves stratégiques déjà décidé : le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis une baisse du gazole « dès le 1er novembre », avec un recul « mécanique » de 12 à 18 centimes par litre. TotalEnergies a annoncé, lui, une baisse d’environ 10 centimes par litre dans ses 3 300 stations-service, du 1er novembre 2026 au 31 janvier 2027 : les prix tourneraient entre 2,15 et 2,20 euros le litre, sous le plafond de 2,25 euros en place depuis mars, selon le groupe pétrolier.
Pour le deal du Golfe, les premières cargaisons sont attendues fin octobre ou début novembre, avec un effet à la pompe « à partir de mi-novembre », d’après l’Automobiliste, selon la politique tarifaire des distributeurs et l’évolution des cours mondiaux. Précision utile : aucune des deux mesures n’agit sur le prix de l’essence.
Pourquoi la France manque-t-elle de diesel ?
La France est un gros importateur net de diesel : elle n’en produit pas assez pour couvrir sa consommation. Le conflit entre les États-Unis et l’Iran a fermé le détroit d’Ormuz au trafic ordinaire. Avant le conflit, 20 % du pétrole mondial y transitait. C’est dans ce contexte que TotalEnergies, représentée dans le Golfe par son PDG Patrick Pouyanné, assurera l’acheminement des nouvelles cargaisons vers la France.
Les distributeurs joueront-ils le jeu ?
La dernière inconnue tient aux marges. TotalEnergies a récemment vu ses marges de raffinage bondir de 146 %, un chiffre qui interroge sur la formation des prix, relève l’Automobiliste. Le gouvernement l’a bien compris : en échange du déstockage stratégique, le groupe a accepté que les volumes libérés soient répartis selon les parts de marché d’avant la crise, et il maintient son plafond de 2,25 euros le litre au-delà de fin janvier 2027.
Les cargaisons de diesel du Golfe seront acheminées par TotalEnergies : la France est un importateur net de diesel et dépend des flux internationaux.
L’annonce tombe trois jours après les manifestations sociales du 17 octobre, largement axées sur le pouvoir d’achat. Reste à transformer les tonnes en centimes à la pompe.
Entre la baisse annoncée au 1er novembre et les cargaisons du Golfe attendues à la mi-novembre, les automobilistes au diesel ont un rendez-vous concret avec le mois prochain. Le compteur, lui, n’attend pas.
