La nuit de mardi à mercredi a été longue en Meurthe-et-Moselle. Peu avant 23 heures mardi 20 octobre, les habitants du secteur de Rogéville ont entendu une violente détonation, puis vu une boule de feu traverser le ciel. L’avion, un Mirage 2000D de l’armée de l’Air et de l’Espace, rentrait d’un vol d’instruction vers la base aérienne 133 de Nancy-Ochey. Il ne s’est jamais posé.
Ce que ça change pour vous
Le périmètre autour du site du crash est bouclé par la gendarmerie, et les recherches pour retrouver le second membre d’équipage battent leur plein ce mercredi matin : pompiers, gendarmes, équipes de l’armée de l’air, hélicoptère. Si vous habitez le triangle Rogéville, Domèvre-en-Haye, Tremblecourt, entre Toul et Pont-à-Mousson, vous croiserez donc ce mercredi des colonnes de secours, des drones et des survols d’hélicoptère : évitez le secteur, les routes secondaires peuvent être coupées et les équipes demandent à la population de rester à l’écart des champs et des bois pour ne pas gêner le ratissage. Le poste de commandement installé à Rogéville et le point presse organisé ce matin doivent apporter les premières informations officielles.
Un Mirage 2000D de l’armée de l’Air et de l’Espace en vol (photo d’illustration)
Le fil de la nuit : que s’est-il passé mardi soir au-dessus de la Meurthe-et-Moselle ?
22h30, mardi soir. La tour de contrôle perd le contact radio, puis radar, avec un Mirage 2000D qui regagnait sa base après une mission d’instruction. Presque aussitôt, les témoins de Rogéville signalent une forte explosion et une boule de feu dans le ciel. Le maire de la commune, Pascal Doyotte, confirmera ces témoignages dans la soirée.
Dans la nuit. L’alerte est donnée. Le SDIS 54 engage ses équipes, épaulé par les pompiers, la gendarmerie et les secours de l’armée de l’air de la base de Nancy-Ochey. Un hélicoptère décolle pour survoler la zone, un périmètre formé de champs et de forêts qui complique le travail des équipes au sol.
Vers 4h du matin. Un drone repère les débris de l’appareil dans le triangle Rogéville, Domèvre-en-Haye, Tremblecourt, à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Nancy. Le maire de Pont-à-Mousson, Henri Lemoine, rapporte que les débris ont été localisés par ce moyen. Un poste de commandement est installé à Rogéville pour coordonner des recherches qui vont durer toute la nuit.
Mercredi matin. Le ministère des Armées publie un communiqué : le corps d’un des deux militaires a été retrouvé. Il n’est pas encore identifié publiquement. Les recherches se poursuivent pour retrouver le second membre d’équipage. Un point presse du sous-préfet était prévu à 9 heures à Rogéville.
Qui étaient les deux militaires à bord ?
L’appareil appartenait à l’escadron de chasse 2/3 Champagne, basé à Nancy-Ochey, une unité chargée notamment de l’appui aérien et de l’entraînement opérationnel. À bord, deux militaires de l’armée de l’Air et de l’Espace : un pilote de chasse en place avant, et un navigateur officier systèmes d’armes (NOSA) en place arrière.
Le colonel David Pappalardo, porte-parole de l’armée de l’Air et de l’Espace, a précisé ce mercredi matin à Franceinfo les profils des deux hommes : un jeune pilote en instruction, et un officier système d’armes particulièrement expérimenté, totalisant de nombreuses heures de vol. Le porte-parole a aussi indiqué qu’au moins l’un des deux n’a pas pu s’éjecter, sans préciser lequel.
Le Mirage 2000D, version biplace du chasseur Mirage 2000, est conçu pour les missions d’attaque au sol et de reconnaissance. La base aérienne 133 de Nancy-Ochey, située en Meurthe-et-Moselle, accueille la flotte française de ce type d’appareil ; l’avion accidenté y était rattaché, au sein de l’escadron de chasse 2/3 Champagne, une unité dont les missions couvrent l’appui aérien, les frappes conventionnelles et l’entraînement opérationnel.
Un hélicoptère de secours en opération (photo d’illustration)
L’enquête : que sait-on des causes du crash du Mirage 2000D ?
À ce stade, personne ne sait pourquoi l’avion s’est écrasé. Le colonel Pappalardo l’a répété ce matin : il est bien trop tôt pour tirer la moindre conclusion. Une enquête vient de débuter pour déterminer les circonstances de l’accident ; elle devra comprendre comment un avion qui rentrait d’une mission d’instruction, à proximité de sa base, a pu perdre le contact en quelques instants avant de s’écraser dans la nuit.
« L’équipage militaire du Mirage 2000D était composé d’un pilote de chasse et d’un navigateur officier systèmes d’armes (NOSA) de l’armée de l’Air et de l’Espace. Les investigations se poursuivent pour la recherche du deuxième membre de l’équipage. » — ministère des Armées, communiqué du 21 octobre 2026
La base aérienne 133 de Nancy-Ochey, qui accueille la flotte française des Mirage 2000D, est en deuil. Le bilan humain reste provisoire ce mercredi : lequel des deux militaires a perdu la vie n’est pas encore établi publiquement, et les recherches continuent dans les champs de Meurthe-et-Moselle.
