Christo Popov numéro 1 mondial, c’est désormais officiel sur le terrain. Ce dimanche 25 octobre, le Français de 24 ans a remporté la finale des Internationaux de France, à l’Arena Grand Paris de Tremblay-en-France, en Seine-Saint-Denis. Face à lui, l’Indonésien Mohammad Zaki Ubaidillah, 19 ans, n’a pas tenu la distance dans le set décisif. Score final : 21-11, 14-21, 21-13.
Le résultat dépasse le simple palmarès d’un tournoi. En gagnant à domicile, Popov s’assure la première place mondiale, une place qu’aucun joueur français n’avait occupée en simple. Le Monde et Le Figaro l’ont annoncé dans la foulée de la finale, et la chaîne L’Équipe, qui diffusait le match, a salué un « roi du badminton » français. Pour un sport longtemps dominé par l’Asie, la portée du moment est claire : le sommet mondial parle français, au moins pour un temps.
Ce que ça change pour vous
D’abord, le classement. La victoire de Tremblay-en-France devait rapporter à Popov les points qui lui manquaient pour passer devant ses rivaux. Au prochain classement mondial, son nom doit donc figurer en tête, devant les têtes de série qui avaient ouvert la porte en sortant tôt du tournoi. Les deux meilleurs joueurs du monde, le Thaïlandais Kunlavut Vitidsarn et le Danois Anders Antonsen, avaient été éliminés dès leur entrée en lice, et Popov, alors numéro 3 mondial, n’a pas laissé passer l’ouverture.
Ensuite, la visibilité. Une finale gagnée à la maison, devant un public chauffé à blanc, vaut mieux qu’un long discours pour un sport qui cherche sa place entre football, rugby et tennis. Les clubs français, eux, peuvent s’attendre à un afflux de curieux dans les semaines qui viennent. Le badminton reste l’un des sports les plus simples à essayer : une raquette, un volant, un gymnase, et un match peut commencer sans connaître les règles par cœur.
Une finale en trois actes
Le premier set n’a duré qu’un éclair. Popov démarre par un 5-0, creuse l’écart point après point, et mène 18-8 avant de conclure 21-11. Ubaidillah, dépassé, multiplie les fautes et subit chaque accélération du Français.
La deuxième manche raconte une autre histoire. Popov mène 4-1, puis se dérègle. L’Indonésien, beaucoup plus précis, enchaîne huit points de rang et renverse la dynamique. Le set lui revient 21-14, et la finale, qui semblait pliée, repart de zéro.
Le troisième acte ne laisse plus de place au doute. De retour de son côté préférentiel, Popov s’échappe à 11-4. Ubaidillah recolle un temps par un 6-0, le filet aide le Français à stopper l’hémorragie à 12-10, et la machine tricolore repart. Quelques échanges plus tard, le dernier volant tombe et l’Arena Grand Paris explose.
« Il y a des jours comme ça où tout va bien. Il faut gérer le contrôle du match, surtout une demi-finale à la maison où il y a beaucoup d’émotions. »
Ces mots, Popov les avait confiés à L’Équipe samedi soir, après sa demi-finale. Ils résument assez bien son dimanche : du contrôle, même quand le match a failli lui échapper.
Christo Popov, 24 ans, en action : le Fosséen a dominé la finale dans les moments qui comptaient.
La semaine qui a mené au sommet
Vendredi, en quarts de finale, Popov avait déjà envoyé un signal fort. Il bat le Japonais Kodai Naraoka, vice-champion du monde en titre, 21-15, 21-16. C’était son sixième succès de rang contre le même adversaire, et une démonstration de patron : 5-2 d’entrée, un mano a mano jusqu’à 13-13, puis un 7-1 qui ferme le match.
Samedi, la demi-finale ressemble à une formalité. Face au Chinois Zhe An Hu, Popov ne laisse aucune ouverture et s’impose 21-14, 21-10, en menant même 13-2 dans le deuxième set. Dans l’autre demi-finale, son futur adversaire se dessine : Ubaidillah sort Alex Lanier, le champion du monde français sacré en août, et s’offre une finale inattendue.
Dimanche, le scénario bascule dans l’histoire. Popov, finaliste malheureux l’an passé, ne rate pas sa deuxième chance. Il devient le premier Français à remporter les Internationaux de France à domicile depuis 80 ans, et le premier à devenir numéro 1 mondial.
Christo Popov est-il vraiment numéro 1 mondial ?
Oui, sur le terrain, la condition était posée avant le tournoi : en cas de titre à Tremblay-en-France, le Fosséen prenait la tête du classement mondial. Il a rempli la condition. La formalisation interviendra au prochain classement, mais le résultat sportif, lui, ne dépend plus de personne.
Pourquoi cette victoire est-elle historique ?
Pour deux raisons qui se cumulent. D’abord, aucun Français n’avait occupé la première place mondiale en simple. Ensuite, le tournoi de France n’avait plus souri à un joueur tricolore depuis 80 ans. Gagner les deux le même jour, devant son public, donne à ce dimanche une place à part dans l’histoire du badminton français.
Qui est Mohammad Zaki Ubaidillah, le finaliste battu ?
Un Indonésien de 19 ans, arrivé en finale après avoir éliminé Alex Lanier en demi-finales. Lanier, champion du monde en titre, faisait figure de favori devant son public. Ubaidillah l’a sorti, puis a poussé Popov dans un troisième set. Le score, 21-11, 14-21, 21-13, dit la résistance du jeune joueur, et la marge du Français quand le match s’est joué.
Au plus haut niveau, un match se joue souvent sur quelques volants : Popov a gagné ceux qui comptaient dans le set décisif.
Que retenir de ce dimanche 25 octobre ?
Un joueur de 24 ans, formé à Fos-sur-Mer, qui gagne chez lui et prend la tête du monde. Un tournoi, les Internationaux de France, qui retrouve un vainqueur français après 80 ans d’attente. Et un sport, le badminton, qui tient enfin son premier numéro 1 tricolore. Les chiffres resteront : 21-11, 14-21, 21-13. Le reste, le bruit de l’Arena Grand Paris au moment du dernier point, appartient déjà à ceux qui y étaient.
