Pourquoi ma mutuelle augmente tous les ans ? La question revient chaque automne, quand l’avis d’échéance tombe dans la boîte aux lettres. Ce soir, elle aura droit à une enquête en prime time : à 21h10 sur France 2, Cash Investigation, le magazine d’Élise Lucet, s’attaque aux complémentaires santé. L’enquête est signée Julie Lotz et Mathieu Robert, et un débat suivra vers 23 heures.
Le point de départ tient en un chiffre, rappelé par France Télévisions : depuis 2011, les cotisations ont augmenté de 40 %. Sur la même période, le trou de l’Assurance maladie n’a cessé de se creuser, jusqu’à 16 milliards d’euros en 2025.
Ce que ça change pour vous
D’ici quelques semaines, chacun découvrira son nouveau tarif. Il va augmenter, comme chaque année. Pour les retraités, la facture pèse déjà le plus lourd. Les salariés bénéficient d’une complémentaire collective obligatoire, souvent moins chère et en partie payée par l’employeur. Les retraités, les demandeurs d’emploi et les travailleurs indépendants paient leur contrat plein pot.
Regardez l’émission avec votre avis d’échéance sous les yeux. Les montants cités à l’antenne, comparés à votre propre cotisation, disent vite si vous payez dans la moyenne ou nettement au-dessus.
Pourquoi ma mutuelle augmente tous les ans ?
Trois moteurs reviennent dans toutes les analyses. Les dépenses de santé grossissent avec le vieillissement de la population. La réforme du 100 % santé, qui rembourse intégralement certaines lunettes, prothèses dentaires et aides auditives, pèse sur les comptes des complémentaires. Enfin, l’Assurance maladie leur transfère une partie de ses remboursements, chiffrée à 3 milliards d’euros par Matthias Savignac, président de la MGEN.
L’enquête de ce soir ajoute un poste moins connu : les frais cachés, publicité, marketing, démarchage commercial, intégrés dans la cotisation sans apparaître sur le contrat. Élise Lucet interrogera sur ce point Florence Lustman, présidente de France Assureurs.
Une cotisation qui grimpe de 40 % en quinze ans pendant que le déficit de la Sécu se creuse : ce soir, Cash Investigation demande où passe l’argent des assurés.
146 euros par mois à 85 ans : l’âge pèse lourd dans la facture
Le chiffre le plus parlant de l’émission vient de la DREES, le service des études du ministère de la Santé. Pour mesurer l’effet de l’âge, elle suit la cotisation moyenne d’un même assuré type en contrat individuel. Entre 2019 et 2021, elle est passée de 87 à 93 euros par mois à 60 ans, de 115 à 127 euros à 75 ans, et de 130 à 146 euros à 85 ans. Sur une année, la hausse représente 192 euros de plus à 85 ans. Son relevé suivant, sur 2023, donne 142 euros par mois à 85 ans, contre 146 en 2021.
Le contraste avec les contrats collectifs est saisissant. Leur cotisation moyenne est restée globalement stable sur la même période, à 68 euros en 2021 contre 66 euros en 2019, part de l’employeur comprise. Le collectif couvre surtout des actifs et son prix ne dépend pas de l’âge. L’individuel, lui, couvre 93 % des retraités selon la DREES.
146 euros par mois à 85 ans en contrat individuel, selon la DREES. (Photo d’illustration)
Le gel des tarifs a été censuré, la taxe de 2,05 % reste
Le Parlement avait voté dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 un gel des cotisations des complémentaires. Le Conseil constitutionnel l’a censuré le 23 octobre 2026, jugeant la mesure contraire à la liberté d’entreprendre et à la liberté contractuelle. Dans le même temps, la taxe de 2,05 % sur les cotisations est maintenue et reconduite pour 2027. Rien ne bloque donc la hausse : les actuaires anticipent 4,1 à 10,8 % en 2027 selon les contrats.
Que faire quand l’avis d’échéance arrive ?
- Comparez votre cotisation aux repères de l’émission : 146 euros par mois à 85 ans en individuel, 68 euros en collectif. Si vous payez beaucoup plus, demandez le détail des garanties.
- Vérifiez ce que couvre vraiment votre contrat : hospitalisation, optique, dentaire, audiologie. Une formule chère avec des plafonds bas ne vaut pas une formule moyenne bien calibrée.
- Si vos revenus sont modestes, pensez à la Complémentaire santé solidaire : elle plafonne la cotisation à 25 euros par mois entre 60 et 69 ans, et à 30 euros à partir de 70 ans. Et après un an d’engagement, on peut changer de mutuelle à tout moment, sans frais.
Publicité, marketing, démarchage : une partie de la cotisation finance des frais que l’assuré ne voit jamais. (Photo d’illustration)
Savoir ce qu’on paie, c’est déjà le début d’une décision : garder son contrat, le renégocier, ou en changer.
