Ce mercredi 7 octobre au matin, le baril de Brent s’échangeait à 101,18 dollars, en hausse de 0,59 % sur la séance selon Reuters ; quelques heures plus tôt, d’autres cotations le plaçaient à 101,29 dollars. La barre symbolique des 100 dollars est de nouveau franchie, à peine 24 heures après un bref passage sous les 99 dollars mardi.
Pourquoi le Brent repasse les 100 dollars ce mercredi
Trois facteurs expliquent ce rebond, tous liés à la géopolitique. D’abord, les Houthis du Yémen ont attaqué ce mercredi l’aéroport international d’Aden avec des missiles balistiques et des drones, selon le ministère yéménite des Transports cité par Reuters. Ensuite, les États-Unis ont frappé mardi des pétroliers iraniens, en représailles à une attaque tentée contre un navire de guerre américain. Enfin, les prévisionnistes américains annoncent qu’une tempête se formant dans le golfe du Mexique pourrait devenir un ouragan et menacer les installations pétrolières américaines.
Paradoxalement, le marché avait plutôt soufflé mardi : les exportations de pétrole des pays du Golfe repartaient à un haut niveau, les stocks stratégiques libérés par le G7 commençaient à produire leurs effets, et le Brent avait glissé à 98,62 dollars. Ce répit aura duré une journée.
Ce que ça change pour vous : prix du carburant à la pompe en octobre 2026
Concrètement, les relevés de ce mardi 6 octobre (données Roole) établissent les moyennes nationales à :
- Gazole : 2,375 €/L (en baisse de 0,6 centime sur un jour)
- SP95-E10 : 2,166 €/L (en baisse de 0,8 centime)
- SP98 : 2,272 €/L (en baisse de 0,9 centime)
- GPL : 1,056 €/L (stable)
- E85 : 0,904 €/L (en légère hausse)
La baisse reste modeste, de l’ordre du centime, et cache de fortes disparités : en Alsace, le gazole culmine à 2,488 €/L dans le Haut-Rhin, soit 5,75 euros de plus sur un plein de 50 litres. Depuis le 1er octobre, l’Allemagne a baissé ses taxes d’environ 17 centimes par litre, ce qui creuse l’écart pour les frontaliers de l’est.
Un pétrolier en mer : le trafic pétrolier reste sous tension au Moyen-Orient. (Photo d’illustration.)
« Ces décisions devraient faire baisser les prix. » Emmanuel Macron, à l’issue de la vidéoconférence du G7 du 2 octobre, qui a validé la libération de jusqu’à 100 millions de barils de stocks stratégiques sur quatre mois.
Une hausse du brut ne se répercute pas du jour au lendemain sur les prix affichés en station. La transmission prend généralement plusieurs semaines, et dépend aussi des marges, du transport et du change euro-dollar. Tant que le baril reste au-dessus des 100 dollars, les prix à la pompe ne repartiront pas à la baisse.
L’aide de 100 euros pour les grands rouleurs : qui peut en profiter ?
Bonne nouvelle pour les plus exposés : l’aide « grands rouleurs » de 100 euros a été renouvelée pour la période du 1er octobre au 31 décembre 2026. Le plafond de revenus a été relevé, ce qui porte le nombre de bénéficiaires potentiels à 5,5 millions, pour une enveloppe totale de 450 millions d’euros. La demande se fait sur impots.gouv.fr, sur attestation sur l’honneur.
Autre dispositif, privé celui-là : depuis le 22 juillet 2026, TotalEnergies plafonne l’essence à 1,99 €/L et le gazole à 2,25 €/L dans toutes ses stations de France métropolitaine. Sur un plein de 50 litres d’essence, l’économie atteint environ 8 euros par rapport à la moyenne nationale.
Trois réflexes pour limiter la facture :
- Comparez avant de faire le plein. Les écarts dépassent parfois 60 centimes par litre entre deux stations du même secteur : le site gouvernemental prix-carburants.gouv.fr reste la référence.
- Anticipez les déplacements. Le covoiturage coûte toujours moins cher que la voiture en solo, surtout pour les trajets domicile-travail.
- Vérifiez votre éligibilité à l’aide de 100 euros : la fenêtre est ouverte jusqu’à fin décembre.
Faire le plein : les prix à la pompe restent proches de leurs records en France. (Photo d’illustration.)
Que va annoncer Sébastien Lecornu ce soir ?
Le sujet des carburants s’invite aussi à Matignon. Sébastien Lecornu s’exprime ce mercredi soir dans une allocution télévisée : les prix des carburants figurent au menu, aux côtés des lycées, de la crise agricole et de la « situation financière du pays ». Contexte : l’Insee estime l’inflation à 3,0 % sur un an en septembre, tirée par l’énergie (+21,2 %).
Annoncera-t-il des mesures nouvelles sur les carburants, au-delà des dispositifs existants ? Les oppositions réclament un blocage temporaire des prix ou des marges des raffineurs ; l’exécutif s’est jusqu’ici refusé à baisser les taxes. Sébastien Lecornu s’exprime ce soir.
