Emmanuel Macron s’adresse solennellement aux Français ce dimanche 18 octobre à 20h00 : l’Élysée a confirmé à la mi-journée l’allocution Macron 20h, après que la journée de mobilisation contre la vie chère a dégénéré en violences et pillages dans plusieurs grandes villes.
Avant de parler, le chef de l’État a réuni à 17h30, au palais de l’Élysée, le Premier ministre Sébastien Lecornu et les ministres du gouvernement concernés par les événements de samedi. Le contenu précis de son intervention n’a pas été dévoilé à l’avance. Une chose est sûre : il doit répondre à deux urgences, sécuritaire et sociale, alors que la France compte ses dégâts.
Sur quelle chaîne regarder l’allocution de Macron ce soir ?
L’adresse présidentielle est diffusée en direct à 20h00 sur TF1, LCI et TF1info, selon le communiqué de l’Élysée relayé par TF1/LCI. Les chaînes d’information en continu reprennent aussi l’intervention : BFMTV, CNews, franceinfo et LCI la diffusent.
Juste après, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez est l’invité du journal de 20 heures de TF1. Il commentera les propos du chef de l’État et répondra aux questions d’Anne-Claire Coudray. C’est un rendez-vous qui compte : c’est lui qui pilote le maintien de l’ordre, et sa gestion de samedi est au centre des critiques.
Ce que ça change pour vous
Si vous regardez l’allocution : branchez-vous à 20h00 précises pour le début de l’intervention. Pour le décryptage en direct, les chaînes d’information suivent chaque annonce en temps réel.
Si vous êtes commerçant : la Confédération des commerçants de France, qui dit représenter plus de 7 000 TPE du commerce et de l’artisanat des centres-villes, estime que près de 1 500 commerces ont été touchés samedi à travers la France. Le Premier ministre doit présider une cellule interministérielle de crise pour examiner les conséquences économiques et judiciaires. Aucune mesure d’aide n’a encore été annoncée.
Si vous devez vous déplacer : à Paris, de nouveaux heurts ont éclaté dimanche en fin d’après-midi autour de la place de la République, d’après les images des chaînes d’information.
Une foule dense de manifestants dans une rue de Paris. (Photo d’illustration)
Pourquoi Macron parle-t-il ce dimanche soir ?
Samedi 17 octobre, des centaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue contre la vie chère et la dégradation des services publics. Le ministère de l’Intérieur a dénombré 550 000 manifestants dans tout le pays, dont 110 000 à Paris ; la CGT fait état pour sa part de 800 000 personnes. L’appel, né sur les réseaux sociaux, avait été relayé par les syndicats lycéens, mobilisés depuis la mi-septembre, puis par des organisations syndicales.
Les cortèges se sont dans l’ensemble déroulés sans incident, selon la police. Mais en marge, des scènes de pillages, d’incendies et d’affrontements avec les forces de l’ordre ont éclaté. Des centaines de commerces ont été saccagés. La mairie de Limoges a été en grande partie détruite par un incendie.
Le bilan s’est alourdi tout au long de la journée de dimanche. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé sur X plus de 2 000 personnes interpellées samedi et plus de 600 policiers, gendarmes et pompiers blessés. À Paris, 855 personnes ont été interpellées, un « chiffre record » selon la préfecture de police, qui a aussi fait état d’un décès : une personne victime d’un arrêt cardiorespiratoire samedi lors des manifestations. À Lyon, le préfet du Rhône fait état de 160 interpellations et d’une centaine de membres des forces de l’ordre blessés.
« Violence d’une extrême intensité », organisée par des groupes d’ultragauche rejoints par des délinquants pour « piller et détruire » : les mots de Sébastien Lecornu, dimanche, montrent la ligne de fermeté adoptée par l’exécutif.
La pression politique monte de toutes parts. Les maires de Paris, Lyon et Marseille, qui critiquent la gestion du maintien de l’ordre, ont demandé à être reçus par le Premier ministre ; Matignon a indiqué dans la matinée qu’ils le seraient, sans avancer de date. Le maire socialiste de Marseille, Benoît Payan, a déclaré vouloir « des explications et des moyens pour que cela ne se reproduise plus ». Le maire LR de Limoges, Guillaume Guérin, a affirmé sur BFMTV : « Pendant une heure, je n’ai pas eu un seul policier national pour protéger la mairie. »
L’exécutif est aussi sous pression politique. La secrétaire nationale des Écologistes Marine Tondelier réclame sur X la démission de Laurent Nuñez, « manifestement dépassé par la situation ». Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a estimé que « la France a été humiliée ». Marine Le Pen, elle aussi, s’est adressée aux Français en fin d’après-midi : « Notre pays est pris en étau, voire en otage, entre la violence et l’impuissance. »
Des CRS dans des fumées de gaz lacrymogène lors de heurts. (Photo d’illustration)
La journée en chiffres clés
- 550 000 manifestants selon le ministère de l’Intérieur (110 000 à Paris), 800 000 selon la CGT
- 2 000 personnes interpellées samedi dans toute la France, dont 855 à Paris
- 600 policiers, gendarmes et pompiers blessés
- 1 500 commerces touchés selon la Confédération des commerçants de France
- 17h30 : réunion à l’Élysée autour du Premier ministre ; 20h00 : allocution du président
Que peut annoncer Emmanuel Macron ?
Le volet sécuritaire est attendu en premier : des élus locaux dénoncent des effectifs insuffisants et le ministre de l’Intérieur sort fragilisé du week-end. Vient ensuite le volet judiciaire, avec la cellule de crise que doit présider Sébastien Lecornu pour examiner les conséquences des violences. Les organisations du commerce réclament déjà une aide pour les commerçants pillés : la Confédération des commerçants de France parle de près de 1 500 magasins touchés.
Vendredi dernier, depuis Bruxelles, Emmanuel Macron avait lancé un appel « au calme » à la veille des manifestations, estimant que le « droit de manifester » devait s’accompagner du « respect » sans « insulter » ni « casser ». Sa consigne n’a pas été entendue. Ce dimanche soir, il parle à un pays encore secoué, et à des commerçants qui comptent leurs vitrines brisées. Son déplacement de lundi à mercredi dans quatre pays du Golfe, le Koweït, les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Qatar, est pour l’instant maintenu.
L’adresse présidentielle est diffusée sur TF1, LCI, TF1info et les chaînes d’information en continu, suivie de l’intervention de Laurent Nuñez sur le plateau du journal de TF1.
