L’alerte est tombée le 29 octobre 2026. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a été informée par les laboratoires Biogaran et Advanz Pharma d’un défaut de fabrication touchant deux médicaments injectés dans l’œil. Les deux produits contiennent de l’aflibercept et traitent la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) ainsi que d’autres maladies qui font baisser l’acuité visuelle. Le rappel ne vise pas tous les produits portant ces noms : il vise deux lots précis, en seringue préremplie. C’est pour cela que le réflexe à avoir tient en un geste, vérifier le numéro de lot sur sa boîte. Voici comment faire ce contrôle Afiveg Mynzepli rappel lot vérifier, et ce qui se passe ensuite.

Quels lots d’Afiveg et de Mynzepli sont rappelés ?

Les deux références concernées sont les suivantes :

  • Afiveg 40 mg/ml, solution injectable en seringue préremplie (Biogaran) : lot 2461572, péremption 09/2027.
  • Mynzepli 40 mg/ml, solution injectable en seringue préremplie (Advanz Pharma) : lot 2393229, péremption 06/2027.

Le numéro de lot figure sur la boîte du médicament. Si le nom du produit correspond mais que le numéro diffère, la boîte n’est pas visée par ce rappel. Les autres lots des deux médicaments restent utilisables, et les lots de remplacement sont disponibles en nombre suffisant, selon l’ANSM. D’autres pays européens procèdent également à ce rappel, et au Royaume-Uni, le régulateur a signalé le même jour le même défaut de collerette sur des seringues de Mynzepli.

Un ophtalmologue examine un patient âgé avec un appareil d’examen de l’œil Les injections d’aflibercept traitent la DMLA et d’autres maladies de la rétine : l’ophtalmologue doit vérifier le numéro de lot avant chaque administration.

Que faire si votre boîte est concernée ?

La consigne de l’ANSM est directe, et elle s’adresse d’abord aux patients :

  • Lire le numéro de lot sur la boîte d’Afiveg ou de Mynzepli en seringue préremplie.
  • Le comparer aux deux références ci-dessus, en vérifiant aussi la date de péremption.
  • Si la boîte correspond, la rapporter en pharmacie pour qu’elle soit échangée contre une boîte d’un autre lot.
  • Si une injection est programmée, signaler la référence de la boîte à l’ophtalmologue qui suit le traitement, avant le rendez-vous.

Les pharmaciens doivent, de leur côté, contacter par tous les moyens à leur disposition les patients auxquels ils ont délivré une boîte issue des lots concernés, pour leur demander de la rapporter. Mais il n’est pas nécessaire d’attendre cet appel : une personne qui constate elle-même la correspondance peut se présenter directement en pharmacie. Les ophtalmologues, eux, doivent vérifier systématiquement le numéro de lot avant toute administration et ne pas utiliser les seringues rappelées.

« Les patients doivent rapporter leur boîte en pharmacie. »

Pourquoi ces seringues sont-elles retirées ?

Le problème ne vient pas du médicament, mais de la seringue qui le contient. Le défaut de fabrication se situe au niveau de la collerette d’appui des doigts, la petite pièce sur laquelle les doigts prennent appui pendant l’injection. Cette pièce peut se desserrer ou se détacher au moment de l’administration. Le risque, décrit par l’ANSM, est un mouvement involontaire de l’aiguille pendant l’injection, avec une possible lésion oculaire, ou l’administration d’une dose incomplète.

Au moment de l’alerte, 3 cas d’effets indésirables ophtalmologiques en lien avec ce défaut avaient été rapportés dans deux pays européens. Aucun signalement n’avait été rapporté en France. L’origine du défaut a été identifiée et corrigée, précise l’agence.

Une pharmacienne range des boîtes de médicaments sur les rayons d’une officine En cas de lot concerné, la pharmacie échange la boîte : les lots de remplacement sont disponibles en nombre suffisant, selon l’ANSM.

Et si vous avez déjà reçu une injection ?

C’est le point qui rassure le plus de patients, et l’ANSM le formule sans détour : la qualité du médicament, notamment sa stérilité, et son efficacité ne sont pas affectées par le défaut. Les personnes ayant déjà reçu une injection avec ces médicaments ne sont pas exposées à un risque en lien avec le défaut identifié. Le rappel porte sur le geste d’injection à venir, pas sur les injections déjà réalisées.

En revanche, un effet indésirable survenu après une injection doit être signalé : l’ANSM demande aux ophtalmologues de déclarer tout événement indésirable observé ou rapporté par un patient à la suite d’une injection. Pour les autres, la règle reste simple. Un coup d’œil au numéro de lot, une boîte rapportée en pharmacie si besoin, et le traitement continue avec un autre lot.