Le virus du Nil occidental vient de signer son année noire en France. Le bulletin de Santé publique France publié le 30 septembre fait état de 145 cas humains depuis la fin juin, tous autochtones, c’est-à-dire contractés sur le territoire. Un chiffre inédit. Pendant des décennies, le pays ne comptait que quelques dizaines de cas par an. L’an dernier déjà, avec 62 cas et les cinq premiers décès jamais enregistrés, 2025 ressemblait à un record. L’été 2026 vient de le pulvériser, à plus du double.

Pour comprendre ce que sont les symptômes du virus du Nil occidental, il faut d’abord abandonner une idée reçue. Ce n’est pas le moustique tigre qui est en cause, contrairement au chikungunya (125 cas autochtones au 30 septembre) ou à la dengue (6 cas). Le vecteur, c’est le Culex pipiens, le moustique commun, reconnaissable à son bruit strident qui tourne autour des lampes. Il pique surtout au crépuscule et pendant la nuit. Et il restera actif jusqu’en novembre.

Ce que ça change pour vous, concrètement

Si vous vivez en Provence-Alpes-Côte d’Azur, en Occitanie ou en Île-de-France, la vigilance n’est plus une option théorique. La région PACA concentre 39 cas, et sept départements franciliens sont désormais touchés, avec 23 cas identifiés en 2026. L’an dernier, l’Île-de-France enregistrait ses six premiers cas. Le virus remonte.

« Dans environ 80 % des cas, l’infection ne provoque aucun symptôme. »

Ce chiffre de Santé publique France est à la fois rassurant et trompeur. La grande majorité des personnes infectées ne ressentira rien. Mais pour les 20 % restantes, la maladie se manifeste après deux à quatorze jours d’incubation par une fièvre brutale, des maux de tête, des douleurs musculaires et articulaires, parfois une éruption cutanée et des ganglions enflés. Dans moins de 1 % des cas, l’infection prend une forme neurologique grave : méningite ou encéphalite. Les personnes âgées et celles dont le système immunitaire est affaibli sont les plus exposées.

Un moustique commun posé sur la peau avant de piquer Le moustique commun Culex pipiens pique surtout au crépuscule et la nuit, contrairement au moustique tigre, actif en journée.

Quels sont les symptômes du virus du Nil occidental ?

La question mérite une réponse claire, parce que le tableau ressemble à beaucoup d’autres. Fièvre élevée qui monte vite, courbatures, maux de tête intenses : on pense grippe. La différence, c’est le contexte. Une fièvre qui apparaît dans les deux semaines suivant des piqûres de moustiques, dans une région où le virus circule, justifie un appel au médecin. Pas de panique, mais pas d’attente non plus : le diagnostic se confirme par une prise de sang, et il n’existe aucun traitement antiviral spécifique. Les médecins soulagent les symptômes, et les formes graves nécessitent une hospitalisation. Pour l’homme, aucun vaccin n’existe. Seuls les chevaux en disposent d’un, et ils servent d’ailleurs de sentinelles : plus de 250 cas équins ont été signalés au 21 septembre, soit plus du double du précédent record.

Un virus d’oiseaux qui s’installe

Le réservoir du virus, ce sont les oiseaux. Le moustique s’infecte en piquant un oiseau porteur, puis transmet la maladie en piquant un humain ou un cheval. L’humain ne transmet quasiment pas le virus : « ni l’humain ni le cheval n’assurent la transmission dans la nature », rappellent les épidémiologistes. On parle d’hôtes accidentels.

Ce qui inquiète les scientifiques, c’est l’installation. Le virus a fait sa première apparition en France dans les années 1960, confiné au pourtour méditerranéen. Depuis dix ans, sa circulation s’accélère, avec un tournant en 2018 pour l’Europe : 2 083 cas et 181 décès dans une douzaine de pays. En 2026, des départements comme la Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire, le Loiret ou la Seine-et-Marne enregistrent leurs tout premiers cas. La carte du virus ne ressemble plus à celle d’il y a cinq ans.

Se protéger : cinq gestes qui comptent vraiment

Pas besoin de transformer son jardin en forteresse. Les recommandations des agences régionales de santé tiennent en quelques réflexes :

  • Videz les eaux stagnantes. Coupelles de pots de fleurs, gouttières bouchées, bassines, bâches : c’est là que les Culex pondent. Une tournée hebdomadaire suffit.
  • Couvrez-vous au crépuscule. Manches longues, pantalon, chaussettes : le pic d’activité du moustique commun, c’est le soir et la nuit.
  • Utilisez un répulsif homologué sur les zones de peau exposées, en respectant la notice.
  • Posez des moustiquaires aux fenêtres des chambres, surtout si vous dormez fenêtres ouvertes.
  • Consultez en cas de fièvre après piqûres. Surtout après 65 ans ou en cas d’immunodépression : un appel au médecin traitant suffit pour trancher.

Une coupelle de pot de fleurs avec de l’eau stagnante, lieu de ponte des moustiques Les eaux stagnantes sont les nurseries du moustique commun : les vider chaque semaine casse le cycle de reproduction.

La saison n’est pas finie. Avec des moustiques actifs jusqu’en novembre et une circulation qui gagne le nord année après année, le bulletin de Santé publique France de fin octobre sera scruté de près. En attendant, la protection individuelle reste la seule arme disponible. Elle tient dans une bassine retournée et une chemise à manches longues.