Votre caddie est dans le viseur du gouvernement. La taxe sucre 2027 ne s’arrêtera pas aux sodas : le projet de loi de financement de la Sécurité sociale présenté le 1er octobre l’étend aux produits sucrés solides « transformés » et « préemballés ». Biscuits, viennoiseries industrielles, céréales du petit-déjeuner, barres céréalières, bonbons et chocolat : les classiques du goûter sont tous sur la liste.
Rien n’est voté : les débats parlementaires dureront jusqu’à Noël, mais le barème est déjà sur la table.
Taxe sucre 2027 : quels produits sucrés sont concernés ?
Le texte vise les produits les plus contributeurs aux apports en sucre, jeunes en tête :
- biscuits, gâteaux, viennoiseries et gaufres industriels ;
- céréales soufflées ou grillées, barres céréalières ;
- confiseries, chocolat et produits chocolatés ;
- glaces industrielles.
Deux conditions : au moins 10 grammes de sucres pour 100 grammes, et au moins un additif autorisé dans la recette. Tous les sucres comptent, naturels ou ajoutés.
4,07, 14, 22 euros : le barème qui frappera les fabricants
Le dispositif fonctionne comme la taxe soda, par paliers. Deux barèmes ont été établis :
| Teneur en sucres | Biscuits, céréales, viennoiseries, glaces | Confiseries, chocolat | Tarif |
|---|---|---|---|
| Moins de 10 g / 100 g | pas de taxe | pas de taxe | 0 € |
| Tranche 1 | 10 à 23 g / 100 g | 10 à 47 g / 100 g | 4,07 € / 100 kg |
| Tranche 2 | 23 à 30 g / 100 g | 47 à 56 g / 100 g | 14 € / 100 kg |
| Tranche 3 | 30 g et plus | 56 g et plus | 22 € / 100 kg |
22 euros par quintal, c’est 22 centimes le kilo de produit. Sur un paquet de biscuits de 200 grammes très sucré, la taxe représenterait environ 4 centimes. Sur une tablette de 100 grammes de chocolat, un peu plus de 2 centimes.
La taxe sera collectée auprès des fabricants. Reste la vraie question : la répercuteront-ils sur les prix, ou reformuleront-ils leurs recettes pour passer sous les 10 grammes ? Le gouvernement parie sur la seconde option. Les produits aux édulcorants de synthèse seront aussi taxés, de 4,50 à 6 euros le quintal, et les artisans comme les petits commerces en seraient exonérés.
Les viennoiseries industrielles figurent parmi les produits visés par l’extension de la taxe soda prévue au 1er janvier 2027.
Pourquoi le gouvernement s’en prend à votre goûter
L’exposé des motifs cite des études de l’Inserm associant la consommation d’additifs à un risque accru de cancer, de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires et d’hypertension. En 2021, ces trois familles de maladies ont coûté plus de 50 milliards d’euros à l’Assurance maladie, et l’excès de produits sucrés entraînerait à lui seul un surcoût direct de 7 milliards par an.
Second objectif, moins affiché : 300 millions d’euros de recettes attendues en 2027. Au moment où le budget cherche des dizaines de milliards d’économies, chaque centime compte.
« Ce sont les consommateurs qui vont payer », prévient Jean-François Loiseau, président de l’Association nationale des industries alimentaires, sur RMC. La filière avait déjà fait bloc à l’automne 2025 contre une mesure comparable.
Confiseries et produits chocolatés entreront dans le champ de la nouvelle taxe, jusqu’à 22 euros le quintal pour les plus sucrés.
« Aujourd’hui, un gamin de 9 ans a mangé autant de sucres que son grand-père qui a vécu toute une vie. » — Serge Papin, ministre du Commerce et du Pouvoir d’achat
Le ministre, lui, assume sur LCI : « Je ne suis pas pour les taxes », mais il y a un « enjeu » sanitaire, « trop d’obésité » et de « diabète ».
1er janvier 2027, seulement si c’est voté
L’article 8 fixe l’entrée en vigueur au 1er janvier 2027, avec une revalorisation annuelle des tarifs selon l’inflation hors tabac. Pourtant, il y a un an, une mesure très proche avait été retoquée : le 7 novembre 2025, l’Assemblée rejetait quatre amendements du même type, contre lesquels le gouvernement lui-même s’était alors prononcé.
Le gouvernement parle d’un budget « réversible », dans une année d’élections présidentielle et législatives : tout peut encore bouger au Parlement.
Ce que vous pouvez déjà vérifier sur vos paquets
- La teneur en sucres pour 100 grammes figure sur chaque étiquette : le seuil déclencheur est de 10 grammes.
- Sans additif dans la liste des ingrédients, le produit échappe à la taxe.
- Les produits de votre boulangerie artisanale et des petits commerces ne sont pas concernés.
- Rien ne change avant le 1er janvier 2027, et uniquement si le texte est voté.
Les industriels promettent des efforts : dans les céréales du petit-déjeuner, disent-ils, la teneur en sucre a baissé de 11 % entre 2011 et 2017. Reste à savoir si, cette fois, ce sont les recettes qui changeront. Ou votre ticket de caisse.
