La taxe foncière a presque doublé en vingt ans. C’est le constat publié jeudi 15 octobre par l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI), à l’occasion des 20 ans de son observatoire national des taxes foncières. Entre 2005 et 2025, cet impôt local a augmenté de 93,4 % en moyenne. L’inflation, sur la même période, n’a progressé que de 36,8 %, et les loyers de 27 %.
635 euros en moyenne, avec des écarts énormes selon les villes
Un logement français paie désormais 635 euros de taxe foncière en moyenne, hors taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Dans les 50 plus grandes villes, la facture grimpe à 976 euros, et à 1 179 euros en incluant les ordures ménagères.
Paris détient le record de progression sur vingt ans : +261,2 %, même si la capitale fait aujourd’hui partie des grandes villes aux taux les moins élevés, avec 900 euros en moyenne. Marseille affiche 943 euros, Lyon 772 euros, Bordeaux 1 173 euros. Grenoble est la ville où les propriétaires paient le plus : 1 487 euros en moyenne.
Deux moteurs expliquent la flambée. Les taux votés par les collectivités locales d’abord, en hausse de 32,2 % en vingt ans. Les valeurs locatives cadastrales ensuite, la base du calcul, revalorisées chaque année pour suivre l’inflation : +46,3 % en vingt ans. Ces valeurs ont été établies en 1970, et le coefficient de revalorisation est fixé chaque année par la loi de finances, pour toute la France.
« Son montant a ainsi quasiment doublé en vingt ans alors que l’inflation, elle, n’a cru que de 36,8 %. Les loyers, eux, n’ont augmenté que de 27 %. » — Sylvain Grataloup, président de l’UNPI.
Chaque conseil municipal vote son taux de taxe foncière : c’est lui qui explique une partie des écarts entre villes.
Taxe foncière 2027 : de combien votre facture va augmenter
La hausse n’est pas finie. La revalorisation annuelle des valeurs locatives suit l’indice des prix à la consommation harmonisé mesuré par l’Insee : c’est l’évolution constatée en novembre 2026 qui servira de référence pour 2027. Or l’inflation harmonisée atteignait déjà 3,4 % sur un an en septembre 2026, selon l’estimation provisoire de l’Insee. Certains scénarios évoquent une revalorisation proche de 3 %, bien supérieure aux 0,8 % de 2026.
Concrètement, une cotisation de 1 200 euros passerait à 1 236 euros à taux locaux inchangés. Et les communes peuvent ajouter leurs propres hausses : pour qu’une augmentation de taux s’applique en 2027, le conseil municipal doit la voter avant le 15 avril 2027. Maigre consolation : 2026 a été une année de relative accalmie (+1,7 % en moyenne dans les 200 plus grandes villes), les collectivités évitant les hausses à l’approche des élections municipales.
Que peuvent faire les propriétaires ?
Vérifier son avis d’abord. La taxe foncière repose sur une valeur locative théorique, parfois calculée à partir d’éléments obsolètes : une erreur de surface, un élément de confort mal renseigné ou un bien mal classé peut gonfler la facture. Si la valeur semble surévaluée, une réclamation auprès du service des impôts fonciers est possible, justificatifs à l’appui.
Ensuite, étaler le paiement. La mensualisation pour 2027 est ouverte jusqu’au 15 décembre 2026 : le fisc prélève alors un dixième de la taxe de référence le 15 de chaque mois, de janvier à octobre, avant une régularisation en novembre.
La mensualisation, ouverte jusqu’au 15 décembre 2026, permet d’étaler la taxe foncière 2027 en dix prélèvements.
Enfin, les propriétaires aux revenus modestes peuvent échapper à la taxe : les titulaires de l’ASPA, de l’ASI ou de l’AAH sont exonérés sous conditions de ressources, et les plus de 75 ans bénéficient d’exonérations ou de dégrèvements selon leurs revenus. Le revenu fiscal de référence à comparer aux plafonds figure sur votre dernier avis d’impôt. L’UNPI, elle, réclame une refonte complète : son président propose une « contribution locale des usagers » qui concernerait tous les habitants, locataires comme propriétaires.
