Le taux du crédit immobilier en octobre 2026 repart à la hausse, et les barèmes publiés ce mois-ci ne laissent guère de doute. Les taux moyens s’établissent autour de 3,30 % sur 15 ans, 3,66 % sur 20 ans et jusqu’à 3,75 % sur 25 ans, selon les relevés des courtiers. Dans les nouvelles grilles reçues début octobre, les hausses vont de 0,10 à 0,30 point. La parenthèse de la baisse est refermée.

Ce que la hausse d’octobre change pour votre portefeuille

Prenez un exemple concret. Pour un crédit de 250 000 € sur 20 ans, la remontée d’octobre ajoute environ 16 € à la mensualité et 3 730 € au coût total des intérêts, hors assurance, selon les calculs de Pretto. Une somme qui se paie cash, mois après mois, pendant vingt ans.

Devanture d’une agence immobilière parisienne affichant ses annonces de vente Dans les vitrines des agences, les annonces restent nombreuses : ce sont les conditions de financement qui se durcissent.

La mécanique ne s’arrête pas à la mensualité. À budget égal, la capacité d’emprunt recule : pour 1 000 € de mensualité sur 25 ans, la surface achetable a perdu jusqu’à 10 % à Rennes sur un an, d’après le courtier CAFPI. Les prix, eux, ne baissent pas pour compenser. Le pouvoir d’achat immobilier s’érode donc des deux côtés.

Pourquoi les taux remontent-ils maintenant ?

La réponse se joue loin des agences, sur les marchés obligataires. L’OAT à 10 ans, la référence des taux fixes français, tourne autour de 4,87 à 4,88 %. Ce lundi 5 octobre, la France reste même « sous haute surveillance » des marchés, avec une dette à 119 % du PIB et un écart de taux qui se creuse face à l’Allemagne (4,88 % contre 3,42 %), selon l’AFP.

Les banques paient leur argent plus cher, elles le refacturent. La BCE a enfoncé le clou en relevant ses taux de 0,25 point en septembre. Chaque établissement ajuste ses grilles, et les dossiers les moins solides trinquent en premier.

Le taux d’usure grimpe à 5,40 % : qui ça aide vraiment ?

Bonne nouvelle en trompe-l’œil : le taux d’usure, ce plafond légal au-delà duquel une banque n’a pas le droit de prêter, passe à 5,40 % pour les crédits de 20 ans et plus, du 1er octobre au 31 décembre 2026. Il était de 5,29 % au trimestre précédent.

Un taux d’usure à 5,40 % ne rend pas le crédit moins cher : il rouvre juste la porte aux dossiers que le plafond précédent bloquait.

Car le plafond porte sur le TAEG, le coût global : taux nominal, assurance emprunteur, garantie, frais de dossier. Un crédit affiché à 3,8 % peut parfaitement dépasser les 5,40 % une fois l’assurance et les frais ajoutés. Si votre prêt a été refusé cet été uniquement parce que son TAEG frôlait l’ancien plafond, faites-le recalculer : ces 0,11 point de marge peuvent suffire à faire passer le dossier.

Un jeune couple déballe ses cartons dans son nouvel appartement Emménager reste possible : les meilleurs dossiers décrochent encore des taux autour de 3,20 % sur 20 ans.

Faut-il acheter maintenant ou attendre une baisse ?

Personne ne peut promettre une baisse. Les courtiers décrivent une remontée par petites touches, sans retour en arrière au programme. Les écarts restent marqués selon les régions : sur 25 ans, l’Occitanie affiche 3,47 % en moyenne quand la Bretagne grimpe à 3,73 %, toujours selon CAFPI. Les délais bancaires s’allongent aussi : 18 jours en moyenne pour obtenir une réponse, deux de plus qu’en août.

Les meilleurs profils, eux, s’en sortent encore : autour de 3,20 % sur 20 ans et 3,30 % sur 25 ans, d’après Vousfinancer. La différence entre un bon dossier et un dossier moyen se paie en dizaines de milliers d’euros sur la durée du prêt.

Des passants consultent les annonces affichées en vitrine d’une agence immobilière à Dijon Comparer les offres reste le premier réflexe : les barèmes varient fortement d’une banque et d’une région à l’autre.

Les 4 gestes qui paient avant de signer

  • Comparez vraiment : les baromètres actualisés chaque semaine sur plus de 1 000 réponses bancaires, comme celui de Pretto, donnent le vrai prix du marché. Une seule banque ne suffit plus.
  • Attaquez l’assurance emprunteur : c’est le premier levier pour faire baisser le TAEG, souvent plus efficace que de négocier 0,05 point sur le taux nominal.
  • Faites recalculer tout dossier refusé avant le 1er octobre pour cause de taux d’usure : le nouveau plafond à 5,40 % peut le débloquer.
  • Verrouillez vite une offre qui vous convient : avec des barèmes qui montent chaque mois, attendre coûte plus cher que négocier.

Le marché n’a pas basculé dans la crise de 2022-2023, loin de là. Mais la direction est claire, et chaque mois d’attente se chiffre. En octobre 2026, acheter un logement coûte un peu plus cher qu’en septembre. La vraie question n’est plus de savoir si les taux vont baisser, mais combien de temps votre dossier peut se permettre d’attendre.