Les Taurides 2026 boules de feu ne ressemblent à aucune autre pluie d’étoiles filantes. La plupart des essaims misent sur le nombre. Celui-ci mise sur l’éclat. Un météore sur une poignée suffit à justifier la sortie, parce qu’il dure plus longtemps dans le ciel et qu’il brille assez pour se graver dans la mémoire. Les astronomes les appellent les « boules de feu d’Halloween », un surnom né de leur passage chaque année fin octobre et début novembre.
Pourquoi les appelle-t-on les boules de feu d’Halloween ?
Le nom vient du calendrier, pas d’une légende. Les Taurides traversent le ciel de fin octobre à début novembre, pile sur Halloween. Elles tirent leur nom de la constellation du Taureau, d’où elles semblent venir. En réalité, il s’agit de deux courants qui se chevauchent. Les Taurides du Sud sont actives du 20 septembre au 20 novembre, les Taurides du Nord du 20 octobre au 10 décembre. Leurs radiants, les points du ciel d’où les météores semblent partir, se situent tous les deux près du Taureau.
Derrière les deux courants, une même origine : la comète 2P/Encke. Cette petite comète de glace et de poussière fait le tour du Soleil en un peu plus de trois ans, la période la plus courte connue pour une comète. À chaque passage, elle laisse derrière elle un sillage de grains. La Terre traverse ce sillage chaque automne, et les grains brûlent en entrant dans l’atmosphère. La comète a été repérée pour la première fois en 1786 par l’astronome français Pierre Méchain, puis son orbite a été calculée en 1819 par Johann Franz Encke, qui lui a donné son nom.
Les Taurides sont lentes. Leur traînée reste visible plus longtemps que celle des météores rapides.
Combien d’étoiles filantes peut-on vraiment voir ?
Ici, il faut être honnête avec le lecteur. Les Taurides ne donnent pas un météore par minute. Chaque courant produit environ 5 météores par heure sous un ciel idéal, soit une dizaine par heure quand les deux se superposent. D’après Space.com, 2026 n’est pas attendue comme une année d’essaim renforcé.
Ce qui compense le faible débit, c’est la taille des grains. Les Taurides sont faites de particules plus grosses que la moyenne, qui brûlent plus longtemps et plus fort. L’expert des météores de la NASA Bill Cooke, cité par Space.com, résume le paradoxe : les taux sont faibles, mais quand une Tauride apparaît, elle est en général grande et brillante. Autrement dit, on attend, et on est récompensé par un événement, pas par une cadence.
Une Tauride ne se compte pas comme les autres météores. Elle se regarde, lentement, jusqu’à ce que sa traînée s’éteigne.
Où et quand regarder en France ?
Les deux dates à entourer sont la nuit du 4 au 5 novembre pour les Taurides du Sud, et la nuit du 11 au 12 novembre pour les Taurides du Nord. Les pics ne sont pas des instants précis. L’activité s’étale sur plusieurs semaines, et les nuits qui encadrent un pic valent presque autant que le pic lui-même. Une nuit dégagée le 6 ou le 10 novembre peut offrir une boule de feu, quand une nuit nuageuse le 12 n’offrira rien.
La Lune joue en faveur des observateurs cette année. La nouvelle lune tombe le 9 novembre, entre les deux pics, ce qui laisse le ciel sombre aux deux moments clés. Le meilleur créneau se situe après minuit, quand la constellation du Taureau monte haut dans le ciel. Inutile de fixer le radiant : les météores peuvent apparaître n’importe où, et regarder un peu à côté du Taureau, avec un large champ de vision, donne souvent de meilleurs résultats.
Autour de la nouvelle lune du 9 novembre, le ciel reste sombre aux deux pics de novembre.
Faut-il un télescope, et comment s’y préparer ?
Non, et c’est l’un des charmes de l’exercice. Un télescope ou des jumelles rétrécissent le champ de vision, l’inverse de ce qu’il faut pour attraper un météore. L’œil nu suffit. La préparation tient en quatre gestes. S’éloigner des lumières de la ville, même de quelques kilomètres, change tout. Laisser ses yeux s’habituer à l’obscurité pendant 20 à 30 minutes, sans regarder son téléphone, sinon l’adaptation repart de zéro. S’allonger, sur une chaise longue ou une couverture, pour regarder le ciel sans se tordre le cou. Et s’habiller plus chaudement que prévu, parce qu’une heure immobile après minuit en novembre refroidit vite.
La météo reste le seul vrai juge. Un ciel voilé annule tout, quelle que soit la date. Vérifiez les prévisions nuageuses le soir même, et gardez une nuit de repli dans la semaine qui suit le pic. Un météore lent, montré du doigt avant qu’il disparaisse, vaut bien une heure dehors.
