La Semaine nationale de la dénutrition revient du 16 au 22 novembre 2026. Septième édition pour une maladie silencieuse qui touche plus de 2 millions de personnes en France, selon le Collectif de lutte contre la dénutrition. Les personnes âgées paient le plus lourd tribut : près de 800 000 d’entre elles sont concernées, dont 400 000 à domicile et 270 000 en Ehpad.

Maigrir parce qu’on vieillit n’a rien de normal. Une personne âgée en bonne santé garde un poids stable. La dénutrition, elle, s’installe par petites touches : un repas sauté par-ci, une portion réduite par-là, et les muscles fondent sans qu’on le voie.

Que se passe-t-il du 16 au 22 novembre 2026 ?

Cette année, le Collectif place les proches aidants au centre de la mobilisation. La France en compte 9,3 millions, souvent les premiers à voir le frigo se vider. Une grande enquête nationale, « Les aidants face à la dénutrition », diffusée à 50 000 aidants à l’automne, verra ses résultats dévoilés pendant la semaine.

Sur le terrain, des actions auront lieu dans toute la France : webinaires, stands de sensibilisation, opération Cuisines Ouvertes dans les Ehpad et les hôpitaux, dont un stand au CHU de Rouen le 19 novembre.

Comment repérer la dénutrition chez un proche ?

Le poids reste le signal le plus fiable, à condition de le suivre. La Haute Autorité de santé retient, chez les 70 ans et plus, une perte de poids de 5 % en un mois ou de 10 % en six mois, ainsi qu’un indice de masse corporelle inférieur à 22.

D’autres signes méritent la même attention : un appétit qui baisse pendant des semaines, des assiettes qui reviennent à moitié pleines, des vêtements qui flottent, une fatigue inhabituelle, une marche ralentie. Des difficultés à mâcher ou à avaler, un dentier mal ajusté, un frigo presque vide.

Un poids normal ne suffit pas à écarter le risque. Une personne en surpoids peut être dénutrie : ce sont les muscles qui fondent, pas seulement la graisse.

Que mettre dans l’assiette quand l’appétit baisse ?

Trois vrais repas par jour, c’est la base que rappellent les gériatres. Quand l’appétit flanche, mieux vaut des portions plus petites et plus fréquentes qu’une grande assiette qui décourage. Une collation l’après-midi, un laitage le soir, et les apports remontent sans forcer.

Les protéines passent en premier : viande, œufs, poisson, laitages. Chez les plus de 65 ans, les gériatres recommandent 1 à 1,2 gramme de protéines par kilo et par jour, soit 70 à 85 grammes pour une personne de 70 kilos. Sans ces apports, l’organisme puise dans les muscles.

Un senior prépare des légumes frais dans sa cuisine Des plats enrichis, des portions adaptées.

Enrichir les plats coûte peu et change beaucoup : du fromage râpé dans un potage, de la crème ou du lait en poudre dans une purée. L’assiette garde le même volume et gagne en énergie.

« Ce qui est important, c’est de conserver une alimentation variée, de continuer à faire trois vrais repas par jour, de continuer à manger de la viande, des œufs ou du poisson, c’est-à-dire des protéines, et des laitages. L’objectif, c’est de maintenir un poids stable. » Pr Agathe Raynaud-Simon, gériatre à l’hôpital Bichat, à Paris.

Proche aidant : que faire concrètement, et quand consulter ?

Le réflexe le plus utile ne coûte rien. Peser son proche une fois par mois, toujours dans les mêmes conditions, et noter le poids sur un calendrier. Une baisse repérée tôt se corrige plus facilement qu’une fonte musculaire installée.

  • Regardez un repas en entier. Un tiers de l’assiette, la moitié, tout ? La réponse vaut mieux qu’un « ça va » poli.
  • Ouvrez le frigo. Plus d’aliments frais en quantité suffisante, et l’alimentation est déjà négligée.
  • Mangez avec lui. Un repas partagé redonne souvent plus d’appétit qu’un plat mangé seul.
  • Parlez-en au médecin traitant. Il pose le diagnostic, cherche une cause et organise la prise en charge.
  • Demandez de l’aide si besoin. Portage de repas, aide-ménagère, compléments nutritionnels oraux sur prescription.

Un couple de seniors partage un repas à table Un repas partagé redonne de l’appétit.

La dénutrition aggrave les maladies chroniques et multiplie les chutes. Prise tôt, elle se corrige souvent avec des gestes simples. La semaine du 16 au 22 novembre tombe bien : c’est le moment de peser, de regarder une assiette, de poser une question.