Ce 14 octobre, le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco tranche la revalorisation Agirc-Arrco de novembre 2026, dont le montant se jouera entre 1,2 % et 2 %. Un an après une année blanche inédite, 14 millions de retraités du secteur privé attendent de savoir combien ils toucheront vraiment sur leur compte, début novembre. Le point de départ est connu : 1,6 %, comme le prévoit la formule. Tout le reste se négocie.

Combien allez-vous toucher en plus ?

Prenons les montants bruts de complémentaire, ceux qui figurent sur le bulletin de pension. À 1,2 %, une pension de 1 000 € gagne 12 € par mois. À 2 %, elle en gagne 20. Dans l’hypothèse médiane de 1,6 %, ce sont 16 € qui s’ajoutent chaque mois, soit 192 € sur l’année.

  • 500 € de complémentaire : entre +6 € et +10 € par mois
  • 800 € : entre +9,60 € et +16 €
  • 1 000 € : entre +12 € et +20 €
  • 1 500 € : entre +18 € et +30 €

Ce sont des montants bruts. Le gain net, celui qui arrive sur le compte, sera légèrement inférieur selon les prélèvements sociaux appliqués à chaque retraité. Et le calcul est le même pour tout le monde : votre nombre de points multiplié par la nouvelle valeur du point, quel que soit le niveau de votre pension.

Un retraité calcule ses finances avec sa calculatrice La hausse se calcule sur la valeur de service du point : le même pourcentage s’applique à toutes les pensions complémentaires du privé.

Pourquoi le taux n’est toujours pas connu

La règle tient en une ligne : l’inflation hors tabac mesurée par l’Insee, moins 0,4 point de « facteur de soutenabilité ». Avec une inflation prévue autour de 2 % pour 2026, la valeur de référence tombe à 1,6 %. Le conseil d’administration dispose ensuite d’une marge de 0,4 point dans un sens ou dans l’autre. Trois scénarios restent sur la table : 1,2 %, 1,6 %, 2 %.

« Cela donne un point de départ à 1,6 %, et le conseil d’administration dispose d’une marge de plus ou moins 0,4 point. Les trois scénarios 1,2 %, 1,6 % et 2 % sont donc bien les trois seuils principaux de la discussion », précise le secrétariat général du régime.

Un second verrou existe : la hausse ne peut pas dépasser l’évolution du salaire moyen par tête, attendue autour de 1,7 à 1,8 %. Si ce plafond joue, le haut de la fourchette se réduit d’autant. Les syndicats réclament 2 % et un rattrapage après le gel, quand le patronat met en avant l’équilibre des comptes. Le régime a pourtant bouclé 2025 sur un excédent de 1,4 milliard d’euros, avec 91,2 milliards d’euros de réserves fin 2025 : l’argument massue des organisations syndicales.

Ce que ça change pour vous, concrètement

Quand ? La décision tombe le 14 octobre 2026. Si un accord se dégage, la hausse s’applique dès le 1er novembre et apparaît sur les virements du lundi 2 novembre.

Qui est concerné ? Les retraités du secteur privé affiliés à l’Agirc-Arrco, soit environ 14 millions de personnes, salariés et cadres. Ni la retraite de base, qui suit son propre calendrier en janvier, ni les régimes du public.

Combien ? De 6 € à 30 € de plus par mois selon le niveau de votre complémentaire et le taux retenu.

Que faire ? Rien, aucune démarche n’est nécessaire : la hausse est automatique. Le seul réflexe utile se résume en quatre gestes :

  • Vérifiez le virement du 2 novembre : la revalorisation doit y figurer.
  • N’attendez aucun formulaire : l’application se fait d’office.
  • Ne comptez pas sur un rattrapage de 2025 : les montants perdus l’an dernier ne reviendront pas.
  • Comparez le brut et le net : les prélèvements sociaux font baisser légèrement le gain affiché.

Une retraitée relit ses relevés bancaires à la table de la cuisine Les montants annoncés sont bruts : le gain net sur le compte dépend des prélèvements sociaux de chaque retraité.

L’année blanche de 2025, et ce qu’elle a laissé

Le 17 octobre 2025, syndicats et patronat n’étaient pas parvenus à s’entendre. La valeur du point est restée figée, sans revalorisation au 1er novembre 2025 : une première dans l’histoire du régime. Le texte de 2023 interdit que le point baisse, pas qu’il reste figé, une lecture que la CGT conteste devant la justice.

Même si le 14 octobre débouche sur une hausse, il n’y aura pas de compensation pour les mois perdus. La nouvelle valeur du point s’appliquera simplement à compter du 1er novembre. Et cette décision sera la dernière fixée selon les règles de l’accord national interprofessionnel de 2023, qui arrive à échéance le 31 décembre 2026 : la CFDT propose déjà d’interdire, dans le prochain accord, toute année sans revalorisation.

Le 14 octobre au soir, 14 millions de retraités sauront si cette hausse rattrape vraiment une année sans rien. Sur le papier, 1,6 % ne rend pas l’année blanche. Sur le compte en banque, quelques euros de plus valent toujours mieux que le gel.

Sources : Journal de l’économie, Droit-Finances, Meilleurtaux Placement, Senioractu