Pour les assurés nés en 1964, l’âge légal de la retraite est désormais de 62 ans et 9 mois. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, promulguée le 30 décembre 2025, a suspendu la montée en charge de la réforme de 2023. Depuis le 1er septembre 2026, l’âge légal est figé à ce niveau, et il le reste jusqu’en janvier 2028. Environ 2,2 millions de personnes sont concernées, selon un dossier de l’Assurance retraite publié en février 2026.

Ce que ça change pour vous : trois mois plus tôt, un trimestre de moins

Combien ? Un assuré né en 1964 gagne trois mois sur l’âge et un trimestre sur la durée : 170 trimestres suffisent pour le taux plein, contre 171 avant la suspension. Pour les nés entre janvier et mars 1965, le gain monte à six mois et deux trimestres. La suspension ne change pas le montant de la pension : elle avance la date, elle ne gonfle pas le calcul.

Quand ? La mesure s’applique aux pensions qui prennent effet depuis le 1er septembre 2026. Un assuré né le 1er janvier 1964 a atteint 62 ans et 9 mois le 1er octobre 2026, et sa retraite a pu démarrer le jour même. Né le 15 mars 1964, vous atteignez 62 ans et 9 mois le 15 décembre 2026 et vous partez le 1er janvier 2027, quand la réforme de 2023 vous aurait fait attendre jusqu’au 1er avril.

Qui est concerné ? Les générations 1964 à 1968, avec des gains différents selon l’année de naissance. Les nés en 1963 ne gagnent rien : ils partaient déjà à 62 ans et 9 mois avec 170 trimestres. Ceux nés à partir de 1969 non plus : ils gardent les 64 ans et les 172 trimestres prévus par la réforme de 2023.

Que faire ? La pension ne se déclenche pas seule : elle se demande auprès de sa caisse de retraite. Avant de fixer une date, vérifiez votre âge exact sur le service « Obtenir mon âge de départ à la retraite » du site de l’Assurance retraite : il indique la date possible, les trimestres manquants et permet de télécharger une attestation de départ anticipé quand les conditions sont réunies.

Un couple de retraités prend son café dans le jardin de sa maison Les premiers assurés nés en 1964 sont partis le 1er octobre 2026 : la date qui compte est celle où la retraite prend effet, pas seulement l’année de naissance.

Âge légal retraite 62 ans et 9 mois : le tableau génération par génération

Voici l’âge légal et la durée d’assurance pour le taux plein, pour les retraites qui prennent effet depuis le 1er septembre 2026, d’après les tableaux de l’Assurance retraite et de service-public.gouv.fr.

Année de naissanceÂge légalTrimestres pour le taux pleinCe que vous gagnez
196362 ans et 9 mois170Rien, c’était déjà le cas
196462 ans et 9 mois1703 mois et 1 trimestre
Janvier à mars 196562 ans et 9 mois1706 mois et 2 trimestres
Avril à décembre 196563 ans1713 mois et 1 trimestre
196663 ans et 3 mois1723 mois
196763 ans et 6 mois1723 mois
196863 ans et 9 mois1723 mois
1969 et après64 ans172Rien

Un point ne bouge pour personne : l’âge auquel la décote disparaît, quel que soit le nombre de trimestres validés, reste fixé à 67 ans. Pour une carrière hachée, la suspension n’apporte donc qu’un gain sur l’âge légal, sans effet sur le montant de la pension. Autre limite : si votre retraite a démarré avant le 1er septembre 2026, elle reste calculée selon les anciennes règles, et rien n’est revu après coup.

Carrière longue : les départs anticipés bougent aussi

La suspension touche aussi le départ anticipé pour carrière longue des générations 1964 à 1968, selon service-public.gouv.fr, et un décret du 7 mai 2026 en a fixé les modalités. Pour un début de carrière avant 20 ans, un assuré né en 1964 peut partir à 60 ans et 3 mois avec 170 trimestres, contre 60 ans et 6 mois avec 171 trimestres avant la suspension. Les bornes à 58 ans, pour un début avant 16 ans, et à 60 ans, pour un début avant 18 ans, restent en place.

« Les personnes nées entre 1964 et 1970 et pouvant bénéficier de ce dispositif sont également concernées par le décalage de l’âge légal introduit par la suspension de la réforme des retraites. » — l’Assurance retraite, citée par Groupama

Un effet de bord pour des milliers de mères de famille

Tout le monde ne sort pas gagnant de la suspension. En abaissant l’âge légal à 62 ans et 9 mois pour les assurées nées en 1964 et début 1965, elle a privé une partie d’entre elles de la surcote parentale, réservée aux assurées dont l’âge légal atteint au moins 63 ans. Entre 50 000 et 80 000 mères de famille seraient concernées, selon les estimations des associations mobilisées sur le sujet, relayées par Le Monde le 14 octobre. Le ministre du travail a indiqué, dans une réponse publiée le 24 septembre, qu’il n’était pas prévu de modifier les conditions d’accès à cette surcote. Nous avions détaillé ce cas dans notre article sur la surcote parentale perdue par 80 000 mères.

Un couple de seniors se promène en ville, main dans la main La suspension court jusqu’en janvier 2028 : après, tout dépendra du gouvernement issu de la présidentielle de 2027.

Et après janvier 2028 ?

La suspension n’abroge pas la réforme de 2023, elle ouvre une parenthèse. La suite dépendra du gouvernement issu de la présidentielle de 2027, et les candidats ne proposent pas la même chose. Édouard Philippe veut porter l’âge légal à 65 ans et la durée de cotisation à 45 ans. À l’opposé, le Rassemblement national défend un retour à 62 ans, voire 60 ans, mais Jordan Bardella a révélé dans son livre « Gouverner », paru le 4 novembre, qu’il voulait durcir les conditions de validation d’un trimestre, aujourd’hui acquise avec un revenu équivalant à un Smic mensuel brut. Marine Le Pen doit détailler son projet le 17 novembre.

En attendant, les règles actuelles sont connues, datées et vérifiables sur service-public.gouv.fr. Pour les nés en 1964, la question n’est plus de savoir si l’âge a baissé, mais à quelle date exacte poser son dossier.

Sources : service-public.gouv.fr, lassuranceretraite.fr, lemonde.fr, senioractu.com