La salade n’a pas fini de faire parler d’elle. Après un été 2026 historiquement chaud et sec, l’augmentation des prix des fruits et légumes de cet automne 2026 est désormais écrite : les récoltes sont en berne, les semis d’hiver ont été impossibles sur beaucoup de parcelles, et les filières préviennent à mots à peine couverts. L’Insee a déjà mesuré le début du mouvement : en septembre, les produits frais ont bondi de 9,9 % sur un an, et l’inflation alimentaire atteint 1,5 %.
Ce que ça change pour votre panier
Pas de rayons vides en vue : le ministère de l’Agriculture ne constate que des « tensions » sur quelques produits, et les enseignes ont assoupli leurs cahiers des charges pour écouler les calibres imparfaits. Mais une offre durablement réduite face à une demande stable finit toujours pareil : les prix montent. Dans les semaines qui viennent, trois familles de produits vont peser plus lourd sur le ticket de caisse : les salades et les légumes d’hiver, les pommes de terre et leurs dérivés, les pommes et les poires.
Pourquoi les prix des fruits et légumes augmentent cet automne
C’est la salade qui a donné le signal. « Le grand ténor de l’inflation, c’est aujourd’hui la salade », résume Daniel Sauvaitre, président d’Interfel, l’interprofession des fruits et légumes frais. Le poireau, le chou-fleur et l’artichaut prendront le relais dans les prochaines semaines, prévient-il : la sécheresse a empêché les semis pour cet hiver, réduisant durablement l’offre.
« Le grand ténor de l’inflation, c’est aujourd’hui la salade. »
La grande distribution confirme : chez Carrefour, les fruits et légumes ont augmenté de 5 % en juillet, 7 % en août et 9 % en septembre, selon son patron Alexandre Bompard. Et la fédération Légumes de France chiffrait dès la mi-juillet des pertes « en milliers de tonnes par produit » sur la mâche, les jeunes pousses, les salades ou les poireaux.
Pommes de terre : la récolte amputée d’un quart
Le choc le plus spectaculaire vient des champs de pommes de terre. L’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT) anticipe « une baisse massive de la production française de l’ordre de -23 % en un an », soit « l’un des plus importants décrochages de production jamais enregistrés ». Après une récolte record en 2025, les producteurs avaient réduit les surfaces de 10 % ; la météo a fait le reste.
Une récolte 2026 amputée d’un quart : les pommes de terre et leurs dérivés vont se renchérir.
La chute se ressentira jusque dans l’assiette, y compris sur les dérivés : frites, purée, chips. L’Agreste évoque le rendement le plus faible depuis 1995, avec 6,2 millions de tonnes, en baisse de 25 % sur le record de 2025. Deux estimations, un même constat : la pomme de terre sera la denrée rare de l’hiver.
Pommes et poires : une récolte historiquement basse
Même son de cloche dans les vergers : « une récolte historiquement basse de pommes » à l’échelle française et européenne, selon Daniel Sauvaitre. L’Association nationale des pommes et poires (ANPP) déplore une perte de 22 % de la récolte des deux fruits en juillet, qui pourrait encore s’aggraver, et estime qu’il faudrait 35 centimes de plus pour financer la durabilité du verger.
Récolte de pommes historiquement basse : elles seront bonnes et sucrées, mais plus chères.
La chaleur a au moins un mérite : les fruits seront « très bons et très sucrés ». Et la filière exportant habituellement 30 % de sa production, les étals français resteront garnis. On paiera plus cher, c’est à peu près la seule certitude.
Cinq réflexes pour payer moins cher cet automne
- Faites le plein de pommes de terre maintenant. Au frais, au sec et à l’abri de la lumière, elles se gardent des mois. Le filet de 5 kilos d’aujourd’hui évite le prix de janvier.
- Misez sur les pommes en quantité. Compotes, jus, tartes, pommes au four : c’est le moment d’en profiter avant que les prix ne grimpent vraiment.
- Privilégiez les légumes encore abondants. Courges, carottes, betteraves et choux ont mieux résisté que la salade et le poireau. Une soupe de potimarron coûte toujours moins cher qu’une salade verte.
- Acceptez les calibres imparfaits. Les enseignes les mettent en avant depuis la fin de l’été : même goût, prix plus doux.
- Congelez ce qui se congèle. Poireaux émincés et blanchis, chou-fleur en bouquets, pommes en quartiers : le congélateur est la meilleure assurance contre la hausse des prochaines semaines.
L’automne s’annonce cher au rayon frais. Autant le savoir avant de faire la liste de courses.
