La précarité énergétique 2026 ne se mesure plus seulement en impayés. Elle se mesure en radiateurs baissés et en factures repoussées au mois suivant. Le baromètre annuel du médiateur national de l’énergie, publié ce mardi 3 novembre, repose sur une enquête menée en ligne du 2 au 15 septembre 2026 auprès de 2 000 foyers représentatifs de France métropolitaine.

Ce que ça change pour vous, dès cet hiver

Combien ? Pour un foyer en offre de gaz indexée, la facture de novembre grimpe de 12 € en moyenne, et la facture annuelle 2026 est estimée environ 135 € plus lourde qu’en 2025 par la Commission de régulation de l’énergie. Le chèque énergie 2026, de 48 à 277 €, peut encore être réclamé jusqu’au 31 décembre.

Quand ? La trêve hivernale a commencé le 1er novembre et court jusqu’au 31 mars 2027 : pendant ces cinq mois, un fournisseur ne peut pas couper l’électricité ou le gaz d’une résidence principale pour un impayé. La dette, elle, continue de courir.

Qui est concerné ? Les moins de 35 ans, les commerçants et les bénéficiaires du chèque énergie encaissent le choc de plein fouet.

Précarité énergétique 2026 : que dit vraiment le baromètre ?

Le chiffre central, c’est 34 %. Un tiers des foyers interrogés déclarent avoir eu du mal à payer certaines factures d’électricité ou de gaz au cours des douze derniers mois. En 2020, ils n’étaient que 18 %.

Autre chiffre : 86 % des ménages estiment que leurs dépenses d’énergie pèsent lourdement sur leur budget, le plus haut depuis 2007. Selon franceinfo, 12 millions de foyers sont en situation de précarité énergétique.

Une femme relit sa facture d’énergie, un radiateur derrière elle Relire sa facture ligne par ligne, c’est souvent là que commence la solution.

La chronologie résume la pente. Le 1er novembre 2026, le prix repère du gaz augmente de 6,6 %, à 194,90 € le mégawattheure, et la trêve hivernale s’ouvre le même jour. Le 3 novembre, le médiateur publie son baromètre.

Pourquoi un foyer sur trois n’arrive-t-il plus à payer ses factures d’énergie ?

Parce que les prix n’ont pas fait de pause. Le prix repère du gaz, référence pour environ la moitié des abonnés, a bondi de 42,4 % depuis janvier 2026.

Le médiateur, Bernard Doroszczuk, alerte sur un effet pervers : quand le budget est absorbé par les factures, il ne reste rien pour isoler ou changer de chaudière.

« Malheureusement, la précarité énergétique ne cesse de gagner du terrain. Et le phénomène s’est encore accentué cette année. » Bernard Doroszczuk, médiateur national de l’énergie, cité par Le Parisien.

L’été a ajouté une seconde peine : 65 % des foyers ont souffert de la chaleur chez eux pendant au moins 24 heures durant l’été 2026, soit 16 points de plus en un an. Au total, 28 % des ménages ont souffert à la fois du froid et de la chaleur, et 46 % chez les bénéficiaires du chèque énergie.

Qui est le plus touché par la précarité énergétique ?

Les jeunes, d’abord. 55 % des moins de 35 ans ont eu du mal à payer leurs factures d’énergie, contre 34 % en moyenne. Huit ménages de moins de 30 ans sur dix sont locataires, et les locataires ne décident ni de l’isolation ni de la chaudière.

Les commerçants, ensuite, avec un taux de 77 % de difficultés de paiement.

Les gestes de restriction touchent presque tout le monde. 72 % des ménages ont limité leur chauffage l’hiver dernier, contre 53 % en 2020. Plus d’un tiers des foyers ont souffert du froid chez eux pendant au moins 24 heures.

Un radiateur sur lequel repose une maison miniature enveloppée dans une écharpe Limiter le chauffage protège le budget à court terme, mais ne règle ni une passoire thermique ni un contrat mal adapté.

Que faire si vous ne pouvez pas payer votre facture d’énergie ?

Dès la première difficulté, cinq démarches valent le coup.

  • Appeler son fournisseur et demander un échéancier. Un fournisseur peut étaler la dette et vérifier si le contrat est adapté. Un contrat à prix fixe, choisi par environ 40 % des clients fin 2025, échappe à la hausse de novembre.
  • Contacter les services sociaux. Le CCAS et les services départementaux aident à monter un dossier FSL. Quand un dossier FSL est déposé, la fourniture est maintenue jusqu’à la décision, dans la limite de deux mois.
  • Réclamer le chèque énergie 2026 avant le 31 décembre. Y ont droit les foyers dont le revenu fiscal de référence 2024 par unité de consommation est inférieur à 11 000 €. La demande se fait en ligne sur chequeenergie.gouv.fr ou par courrier, et une ligne gratuite répond au 0 805 204 805.
  • Appeler le médiateur, gratuitement, au 0 800 112 212. Le service énergie-info informe sur les droits et les recours, sans vendre de contrat.
  • Connaître ses protections pendant la trêve. Du 1er novembre au 31 mars, pas de coupure d’électricité ou de gaz pour impayé dans une résidence principale. La puissance peut être réduite, à 3 kVA pour un contrat de 6 kVA et plus, à 2 kVA en dessous. Les bénéficiaires du chèque énergie ou d’une aide FSL récente disposent de 30 jours, au lieu de 15, avant toute mesure.

Le chèque énergie 2026 peut-il encore être demandé ?

Oui, jusqu’au 31 décembre 2026, pour les foyers éligibles qui ne l’ont pas reçu au printemps. L’envoi automatique a eu lieu en avril, mais le repérage par le contrat d’électricité a laissé des bénéficiaires de côté. La démarche : demande en ligne, attestation de contrat, avis d’imposition.

Ce chèque ne paie plus de travaux depuis la réforme de 2025. Il paie des factures. Entre 48 et 277 €, il ne résout pas un hiver entier, mais il couvre la hausse de novembre pour un foyer en offre indexée.

Cet hiver, la facture ne se jouera pas seulement sur le thermostat.