Planter une haie en novembre, quand le jardin semble s’endormir, passe pour un pari. Les pépiniéristes disent l’inverse : c’est la période où la reprise est la plus sûre. La terre garde la chaleur de l’été, les pluies reviennent, et l’arbuste, entré en repos, consacre ses forces à ses racines. La fenêtre dure de novembre à mars, à une condition : ne jamais planter dans une terre gelée ou gorgée d’eau.
Les plants à racines nues, vendus sans pot ni motte, coûtent souvent 2 à 5 euros pièce, nettement moins qu’en conteneur. Fin novembre, le sol reste doux, entre 5 et 10 degrés, et les racines s’installent progressivement.
Pourquoi novembre, et pas avril ?
Une haie plantée en avril doit tout faire à la fois : feuilles, racines et premières chaleurs. Celle de novembre n’a qu’un travail pendant des mois, s’enraciner. Au printemps, elle démarre avec un système racinaire déjà en place, et le premier été lui coûte moins d’arrosages.
Une haie plantée en novembre ne se voit pas l’hiver. Elle se prépare.
Planter une haie en novembre : les gestes dans l’ordre
- Tendez un cordeau. Un plant tous les 80 cm pour une haie classique : pour 10 mètres, prévoyez 13 plants. Serrer davantage se paie plus tard.
- Creusez une tranchée, pas des trous. Sur toute la longueur, 40 à 50 cm de large et de profond. Mélangez deux tiers de terre du jardin et un tiers de compost ou de terreau.
- Préparez les racines nues. Faites-les tremper avant la mise en terre, sans jamais les laisser sécher au vent. Le pralinage, un bain de terreau, d’eau et d’argile, aide la reprise.
- Posez chaque plant au niveau du sol. Le collet arrive juste au niveau du sol, jamais plus bas : enterré, il pourrit. Rebouchez, tassez au pied, puis arrosez copieusement.
- Paillez épais au pied. Copeaux ou feuilles mortes gardent l’humidité et protègent les jeunes racines du froid.
Des plants à racines nues : leurs racines ne doivent jamais sécher au vent.
Quelle haie planter en novembre ?
Pour un brise-vue, misez sur les persistants : le photinia, qui pousse jusqu’à 60 cm par an et rougit au printemps, l’éléagnus, coriace et peu exigeant, ou le laurier-palme. Le cyprès de Leyland pousse plus vite, mais il lui faut de la place.
Pour une haie champêtre, mélangez les caducs : charme, hêtre, noisetier, aubépine. Le charme donne de la densité, le hêtre garde une partie de ses feuilles brunes l’hiver, le noisetier offre ses chatons au printemps et l’aubépine ses fleurs mellifères. Ce mélange attire oiseaux et insectes. Si le bambou vous tente, choisissez un Fargesia, qui pousse en touffe et ne drageonne pas. L’if, excellent pour une haie taillée très dense, est toxique : mieux vaut l’éviter quand de jeunes enfants ou des animaux circulent dans le jardin.
Le résultat visé : une haie dense, qui structure le jardin toute l’année.
Et la loi, avec le voisin ?
Vérifiez d’abord en mairie. Le Code civil fixe la règle de base, à l’article 671 : une haie maintenue à 2 mètres ou moins se plante à 50 cm de la limite, mesurés depuis le centre du tronc. Si vous la laissez dépasser 2 mètres, le recul passe à 2 mètres. Le plan local d’urbanisme peut imposer des règles plus strictes, voire certaines essences.
Faut-il arroser une haie plantée en novembre ?
En général, la pluie s’en charge, sauf si l’automne reste sec plusieurs semaines. Le premier été décide de tout : un arrosage régulier pendant les semaines chaudes aide les racines à descendre.
Les 3 erreurs qui coûtent une haie
Planter trop serré, d’abord : l’espace assure la circulation de l’air et limite les maladies. Enterrer le collet, ensuite : un plant posé trop bas pourrit lentement, sans signe visible pendant des mois. Planter dans la gadoue ou le gel, enfin : quelques jours d’attente valent mieux qu’une reprise ratée.
Dans un an, à la même saison, la haie ne sera plus une ligne de jeunes plants. Elle sera un mur vert.
