La hausse des péages 2027 ne figure dans aucun texte voté, et c’est bien là que commence le problème. Le projet de loi de finances déposé le 1er octobre remplace le taux unique de la taxe sur les infrastructures de transport de longue distance par un barème progressif. Les plus rentables paieraient jusqu’à 12,2 %. La taxe rapporte environ 600 millions d’euros par an. Le gouvernement en vise 1,4 milliard, soit 800 millions de plus.
Ce que ça change pour vous, dès le 1er février 2027
Combien, d’abord. Personne ne peut encore chiffrer votre facture de février. La révision annuelle des péages suit une formule écrite dans les contrats de concession : l’inflation, plus le coût des travaux demandés par l’État. Les trois dernières hausses donnent l’échelle : environ 3 % en 2024, 0,92 % en 2025, 0,86 % en 2026. Si la taxe était entièrement répercutée sur les tarifs, la hausse approcherait 6 % des recettes de péage. Un point de hausse vaut environ 6 euros par an pour un automobiliste, selon les simulations publiées par jechange. À 6 %, la note grimperait donc vers 36 euros par an.
Quand, ensuite. Le 1er février 2027, jour de la révision annuelle. Les nouvelles grilles sortent fin janvier, après validation par arrêté. D’ici là, rien ne change à la barrière.
Qui est concerné, enfin. Tous les automobilistes qui empruntent une autoroute concédée. La taxe vise les axes les plus rentables, comme l’A7 entre Lyon et Marseille, mais une hausse des tarifs toucherait tout le réseau.
Sur les 600 millions d’euros que rapporte la taxe aujourd’hui, les sociétés d’autoroutes en paient déjà plus de 500. Si le projet aboutit, les impôts et les taxes dépasseront la moitié des recettes des péages, selon l’Association des sociétés françaises d’autoroutes.
La révision de février 2027 dira si la promesse du gouvernement a tenu.
D’où vient cette taxe, et pourquoi elle triple
La taxe existe depuis 2024. Elle visait les concessionnaires d’autoroutes et les exploitants d’aéroports les plus rentables, avec un taux unique de 4,6 %. Elle rapporte environ 600 millions d’euros par an, dont plus de 500 millions versés par les seules sociétés d’autoroutes. L’article 22 du projet de budget 2027 remplace ce taux par un barème : jusqu’à 12,2 % pour les plus rentables.
Le texte a été déposé le 1er octobre, et sa première partie vient de subir un revers : les députés ont rejeté la partie recettes le 4 novembre, par 458 voix contre et aucune pour. Le Sénat reprend le texte initial à partir du 20 novembre, avec un vote prévu le 9 décembre.
La promesse de Bercy, et la riposte des concessionnaires
Bercy assure que les automobilistes ne paieront pas la taxe. Les tarifs sont encadrés par les contrats de concession, et l’Autorité de régulation des transports contrôle la révision de février. Le ministère promet une vigilance extrême contre toute répercussion masquée dans les tarifs.
Les concessionnaires répondent que la formule de février laisse des marges : elle intègre l’inflation et le coût des travaux. Un péage dit gelé face à la taxe ne serait pas un péage figé : la promesse porte sur l’absence de hausse liée à la taxe, pas sur l’absence de hausse tout court.
L’A7 fait partie des axes les plus rentables visés par le nouveau barème.
Que faire avant le 1er février
Rien à faire aujourd’hui, mais trois réflexes avant la fin janvier.
- Vérifiez votre abonnement télépéage : les remises sur les trajets fréquents varient d’une offre à l’autre, et le renouvellement annuel est le moment de comparer.
- Sur les trajets réguliers et courts, comparez l’autoroute et la nationale : le gain de temps ne vaut pas toujours le péage, surtout si la hausse de février est marquée.
- Notez la date : les nouvelles grilles sortent fin janvier. Calculez alors le coût de vos trajets habituels, avant de renouveler un abonnement.
Une taxe qui triple, des péages encadrés par contrat, un budget rejeté qui repart au Sénat : la facture de février se joue entre trois acteurs, et aucun n’a encore tranché.
