Jeudi 1er octobre, la France se teinte de rose. Comme chaque automne, les monuments les plus célèbres du pays s’illumineront pour Octobre rose, le mois de sensibilisation au dépistage du cancer du sein. Derrière les marches solidaires et les rubans épinglés aux vestes, un chiffre donne le vertige : 61 214 nouveaux cas estimés en 2023.
Ce cancer reste le plus fréquent chez les femmes, et la première cause de décès par cancer parmi elles. Pourtant, pris à temps, il se guérit dans 9 cas sur 10. C’est ce paradoxe qui fait d’octobre un mois décisif.
1 femme sur 8 : un risque qui avance masqué
Au cours de sa vie, 1 femme sur 8 sera touchée. Le risque grimpe nettement avec l’âge : près de 80 % des cas se développent après 50 ans.
Selon l’Institut national du cancer, la survie à 5 ans atteint 99 % pour un cancer détecté à un stade précoce, contre 89 % tous stades confondus. Le dépistage précoce a tout changé. Encore faut-il s’y soumettre.
Détectés à temps, 9 cancers du sein sur 10 se guérissent : c’est ce chiffre qui fait d’Octobre rose bien plus qu’une opération de communication.
La mammographie : gratuite, tous les deux ans, dès 50 ans
Tous les deux ans, les femmes de 50 à 74 ans reçoivent un courrier d’invitation pour une mammographie chez un radiologue agréé. L’examen est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, sans avance de frais.
Chaque cliché bénéficie d’une double lecture par un second radiologue indépendant, pour sécuriser le diagnostic.
La mammographie de dépistage, prise en charge à 100 %, est proposée tous les deux ans aux femmes de 50 à 74 ans.
En 2026, la Haute Autorité de santé étudie un possible élargissement de l’âge du dépistage, y compris au-delà de 74 ans.
Le Mammobile : le dépistage qui frappe à votre porte
Dans les zones rurales ou éloignées des centres de radiologie, les taux de participation au dépistage restent faibles. La Région Provence-Alpes-Côte d’Azur a décidé d’aller chercher ces femmes : jeudi 1er octobre, elle inaugure à Marseille son « Mammobile », une unité de sénologie entièrement mobile.
Le camion sillonne déjà les Bouches-du-Rhône : du 8 septembre au 1er octobre, il fait étape à Berre-l’Étang, Fos-sur-Mer, Saint-Chamas et Port-Saint-Louis-du-Rhône, avant de desservir les six départements de la région. Les clichés sont relus par les équipes de l’Institut Paoli-Calmettes, du Centre Antoine Lacassagne et de l’Institut Sainte-Catherine.
Le dispositif s’inscrit dans le Plan cancer régional 2022-2027, doté de 40 millions d’euros dont près de 28 millions ont déjà été engagés.
Même logique en Île-de-France : le Mammobus de Roissy Pays de France stationne dans seize villes entre le 26 septembre et le 7 novembre, avec des ateliers d’autopalpation « Auto Palp’Action ». Au Havre, des rendez-vous itinérants sont organisés les 2, 6, 7, 9 et 14 octobre dans les quartiers.
Cinq gestes à connaître par cœur
En attendant sa prochaine mammographie, chaque femme peut s’examiner elle-même une fois par mois. C’est ce qu’enseignent les ateliers d’Octobre rose, en cinq gestes simples :
- Devant le miroir, bras levés, observer la forme des seins, la symétrie et l’aspect de la peau.
- Allongée, palper chaque sein avec le plat des trois doigts du milieu, par petits mouvements circulaires, du mamelon vers l’extérieur.
- Vérifier le mamelon : une rétraction ou un écoulement inhabituel doit alerter.
- Palper le creux de chaque aisselle, à la recherche d’une petite grosseur.
- Choisir un moment fixe du mois, idéalement quelques jours après les règles, pour ne jamais oublier.
Le ruban rose, symbole d’Octobre rose, le mois de sensibilisation au dépistage du cancer du sein.
Octobre rose ne guérira personne à lui seul. Les illuminations s’éteindront, la tour Eiffel retrouvera sa robe habituelle. Il restera une question très concrète, pour des millions de femmes de 50 à 74 ans : la lettre d’invitation au dépistage est-elle encore dans le tiroir, ou déjà transformée en rendez-vous ?
