Vendredi, la tempête Austen a balayé l’ouest et le nord du pays, privant des centaines de milliers de foyers d’électricité. Ce samedi, la perturbation Boelo prend le relais avec de fortes pluies sur une large moitié nord. Entre les deux, un élément de la maison a tout reçu : la gouttière. Nettoyer ses gouttières avant l’hiver, c’est maintenant que ça se joue, avant que les premières gelées ne figent le problème.
Ce que ça change pour vous
Une gouttière bouchée ne se contente pas de déborder. L’eau qui ne s’évacue plus ruisselle le long de la façade, s’infiltre dans les murs, gagne les fondations et finit par moisir l’intérieur. En hiver, l’eau stagnante gèle et peut déformer le conduit. La réparation ne se limite pas au remplacement d’un tronçon de zinc : façade à reprendre, isolation à sécher, parfois charpente touchée. D’où l’écart de prix : un curage facturé entre 100 et 400 € par un professionnel, selon les devis recensés par Selectra, contre des travaux qui se comptent en milliers d’euros.
Quand nettoyer ses gouttières ?
Les professionnels s’accordent sur un rythme de base : une à deux fois par an. Le passage d’automne est le plus décisif, une fois l’essentiel des feuilles tombé et avant les gelées. Près des pins, dont les aiguilles fines se feutrent et colmatent les descentes, il faut passer à trois ou quatre fois par an. Et après chaque tempête, un coup d’œil depuis le sol s’impose.
Après une tempête, les gouttières se remplissent en quelques heures : un contrôle visuel depuis le sol suffit souvent à repérer le problème.
Les signes qui doivent vous alerter
Pas besoin de monter sur le toit. Pendant la prochaine averse, regardez si l’eau déborde par-dessus le rebord au lieu de filer vers la descente. Depuis le sol, on repère aussi une gouttière qui s’affaisse, des traces d’humidité sur la façade, de la mousse ou de petites plantes dans le chéneau. Chaque signe veut dire la même chose : l’évacuation est entravée, à la naissance de la descente ou à un coude.
Comment nettoyer ses gouttières, étape par étape
Pour une maison de plain-pied, on peut le faire soi-même :
- Choisir un jour sec et sans vent, et ne jamais monter seul : quelqu’un doit tenir l’échelle en bas. Les chutes d’échelle comptent parmi les accidents domestiques les plus graves.
- Retirer les débris à la main gantée ou avec une petite pelle souple, en partant du point haut vers la descente, sans rayer le zinc.
- Rincer au tuyau d’arrosage pour évacuer les résidus fins et vérifier que l’eau file bien jusqu’en bas.
- Contrôler les descentes : si l’eau stagne ou refoule à la naissance, le bouchon est dans la descente verticale. Un furet ou un jet d’eau sous pression maîtrisée suffit souvent à le faire céder.
- Inspecter l’état général : crochets desserrés, joints fatigués, points de rouille, pente insuffisante. Ce qui relève de la réparation, pas du nettoyage, attendra le couvreur.
Dès que la maison a un étage ou que l’accès est compliqué, confier le travail à un couvreur coûte entre 100 et 400 €, avec un contrôle de la pente et des raccords en prime. Pour les locataires, rappel utile : le nettoyage courant incombe à l’occupant, les grosses réparations au propriétaire.
Gouttière bouchée : pourquoi l’assurance peut refuser de payer
La garantie dégât des eaux couvre en général les débordements de gouttières et les infiltrations par la toiture. Mais elle exclut les sinistres liés à la négligence ou au défaut d’entretien. Si l’expert constate que l’infiltration vient de feuilles accumulées depuis des mois, l’assureur peut estimer que le facteur déterminant n’est pas la pluie, mais l’absence d’entretien, et refuser l’indemnisation. En cas de sinistre, le délai de déclaration est de cinq jours ouvrés après la découverte, selon le Code des assurances : une raison de plus pour photographier l’état des gouttières après chaque nettoyage, preuve à l’appui.
« Une gouttière se nettoie en une heure. Une infiltration se répare en plusieurs semaines. »
Les feuilles d’automne sont la première cause de bouchon : elles se tassent, forment un tapis étanche et empêchent l’eau de s’écouler.
Les feuilles tombent encore, les pluies d’automne s’installent et les gelées approchent. La fenêtre pour agir est courte, quelques semaines à peine, mais elle suffit : un samedi après-midi, une échelle stable, une paire de gants, et la maison traverse l’hiver avec ses gouttières libres.
