La hausse des mutuelles en 2027 s’annonce comme la plus rude depuis 2023. Le baromètre du cabinet Addactis, publié le 21 septembre, table sur une augmentation médiane de 8,3 % pour les contrats individuels et de 8 % pour les contrats d’entreprise. Un second cabinet, Facts and Figures, confirme la tendance avec +7 % en individuel. Selon les contrats, les indexations iront de 5 % à 10,8 %. Le courrier qui tombe dans les boîtes aux lettres à l’automne ne fera pas de cadeau.

Combien, quand, qui : la hausse en euros

Combien ? Traduisons le pourcentage. À 8,3 %, une cotisation de 80 euros par mois passe à 86,64 euros, soit 79,68 euros de plus sur l’année. À 100 euros par mois, elle grimpe à 108,30 euros : 99,60 euros annuels en plus. Et à 150 euros mensuels, la facture annuelle gonfle de 149,40 euros. Pour les contrats les plus touchés, à +10,8 %, une cotisation à 120 euros mensuels prendrait près de 13 euros par mois.

Quand ? Les organismes envoient leurs avis d’échéance à l’automne. Les nouveaux tarifs prendront effet au 1er janvier 2027.

Qui est concerné ? Tout le monde, mais pas à égalité. Les contrats individuels, souscrits notamment par les retraités, les indépendants et les personnes sans emploi, subiront la plus forte médiane (+8,3 %). Les salariés ne sont pas épargnés : les contrats collectifs d’entreprise prendraient 8 % en médiane, et la part salariale prélevée sur la fiche de paie suivra.

Que faire ? Ne pas subir. Les démarches existent, à condition de s’y prendre avant la fin de l’année : elles sont détaillées plus bas.

Une main tient une carte de mutuelle devant une Carte Vitale, un stéthoscope en arrière-plan Les complémentaires prennent en charge une part croissante des soins : c’est cette mécanique que répercute la cotisation.

Pourquoi les mutuelles augmentent-elles en 2027 ?

Trois moteurs se conjuguent. D’abord, la dépense de santé continue de progresser, portée par le vieillissement de la population et les maladies chroniques, explique à l’AFP Cécile Paradis, associée chez Addactis.

Ensuite, l’État transfère la facture. Par des décrets publiés le 21 août, le gouvernement a déplacé 1,5 milliard d’euros de remboursements de l’Assurance maladie vers les complémentaires : soins dentaires, transports sanitaires, médicaments à faible service médical rendu comme le Spasfon ou l’Ozempic, dispositifs médicaux. Le Monde cite Cécile Paradis : le dernier transfert en date est d’une « ampleur jamais vue ».

« Le dernier transfert est d’une ampleur jamais vue. » — Cécile Paradis, associée du cabinet Addactis

Troisième moteur : la taxe. La taxe exceptionnelle de 2,05 % sur les contrats de complémentaire santé, créée en 2025, devrait être reconduite en 2027. Elle rapporterait 1 milliard d’euros au budget de la Sécu. Les organismes la répercutent, mécaniquement, sur les cotisations.

Le précédent de 2026 n’inspire pas confiance. Le Parlement avait voté un gel des tarifs au niveau de 2025, à l’initiative du député Jérôme Guedj, pour empêcher la répercussion de la taxe. Résultat : les organismes ont quand même appliqué +4,3 % en individuel et +4,7 % en collectif, selon Le Figaro. La ministre de la Santé Stéphanie Rist a saisi le Conseil d’État pour avis, et la Mutualité française a déposé une question prioritaire de constitutionnalité. En pratique, le gel n’a pas tenu.

Des médicaments et une ordonnance sur le comptoir d’une pharmacie Les déremboursements de médicaments à faible service médical pèsent désormais sur les complémentaires santé.

Que faire avant la fin de l’année pour limiter la facture ?

Première étape : lire l’avis d’échéance dès sa réception, à l’automne. Il détaille le nouveau tarif et les garanties. Deuxième réflexe : vérifier que les garanties correspondent encore à vos besoins réels. Des options coûteuses, comme des forfaits médecines douces jamais utilisés, peuvent être supprimées sans risque.

Troisième levier, le plus puissant : changer de mutuelle. Depuis le 1er décembre 2020, la résiliation infra-annuelle permet de rompre un contrat de complémentaire santé à tout moment après un an, sans frais ni justificatif. La résiliation prend effet un mois après réception de la demande. Si vous souscrivez ailleurs, le nouvel organisme peut même gérer les démarches à votre place. Et depuis juin 2023, la « résiliation en 3 clics » existe pour les assureurs qui proposent la souscription en ligne.

Une précaution, tout de même : ne résiliez jamais avant d’avoir signé le nouveau contrat, pour éviter toute période sans couverture et les délais de carence qui vont avec.

Entre une Sécu qui se désengage et des organismes qui répercutent, le 1er janvier 2027 se paiera sur la ligne « complémentaire santé » du budget des ménages.