Le 1er octobre, le gouvernement Lecornu a présenté le budget de la Sécu pour 2027 avec une reconduction qui touche 96 % des Français, couverts par une complémentaire santé selon la DREES : la contribution exceptionnelle de 2,05 % sur ces contrats reste en place un an de plus. Combien la taxe mutuelle 2027 va-t-elle coûter par mois sur votre cotisation ? La réponse en euros, d’abord.

Combien la taxe mutuelle 2027 va-t-elle vous coûter par mois ?

Sur une cotisation de 100 euros par mois, 2,05 % représentent 2,05 euros par mois, soit 24,60 euros sur l’année. Une mutuelle familiale à 200 euros mensuels paiera environ 49 euros de taxe sur l’année. Ces montants sont mécaniques : c’est la part de la taxe sur chaque euro de cotisation, avant même les hausses tarifaires des organismes.

Une main tient une carte Vitale devant un formulaire administratif de santé La taxe s’applique à chaque contrat de complémentaire santé : c’est l’assuré qui la paiera, via sa cotisation.

Pourquoi le gel des cotisations ne vous protège plus en 2027

L’an dernier, le député Jérôme Guedj avait fait voter un gel tarifaire. Les organismes l’ont contesté et, dans les faits, les hausses sont quand même passées. Le texte présenté le 1er octobre ne reprend pas cette contrainte.

Résultat : rien n’oblige plus un organisme à absorber la taxe. La MGEN l’a dit franchement : le 6 octobre, sur BFM Business, son président Matthias Savignac a annoncé +8 % sur les cotisations en 2027 et prévenu que toutes les charges seraient « reportées sur les cotisations ». Il a aussi pointé l’écart fiscal : 16 % de taxation pour les mutuelles, contre 5,5 % pour la restauration rapide.

D’où vient la facture : ce que l’État fait payer aux mutuelles

La taxe de 2,05 % n’arrive pas seule. Trois charges pèsent déjà sur les organismes, et toutes finissent sur la cotisation.

D’abord, les décrets du 21 août transfèrent 1,5 milliard d’euros de remboursements de la Sécu vers les complémentaires : dentaire, transports sanitaires, médicaments à faible service médical rendu comme le Spasfon ou l’Ozempic. Un transfert d’une « ampleur jamais vue », selon Addactis.

Ensuite, le PLFSS 2027 prévoit un nouveau transfert d’environ 400 millions d’euros sur l’hospitalisation : l’Assurance maladie baisserait sa part sur certains actes et séjours.

« Nous allons reporter toutes les charges sur les cotisations. » — Matthias Savignac, président de la MGEN, le 6 octobre sur BFM Business

Troisième charge : la dépense de santé elle-même, portée par le vieillissement et les maladies chroniques. Le baromètre Addactis du 21 septembre prévoit une hausse médiane de 8,3 % pour les contrats individuels en 2027 et de 8 % pour les contrats d’entreprise ; Facts and Figures table sur 7 % en individuel. Les retraités, qui souscrivent en individuel, encaisseront la plus forte progression.

Comment limiter la facture avant le 1er janvier : les quatre réflexes

Le vote définitif est attendu en décembre : le Parlement peut encore changer le texte. En attendant, les avis d’échéance arrivent à l’automne et les tarifs 2027 s’appliqueront au 1er janvier. Quatre réflexes, actionnables dès maintenant.

  • Comparer, vraiment. À garanties équivalentes, les tarifs varient fortement d’un organisme à l’autre. Demandez deux ou trois devis sur les mêmes postes : dentaire, optique, hospitalisation.
  • Utiliser la résiliation infra-annuelle. Après un an de contrat, changer de mutuelle est possible à tout moment, sans frais : le nouvel organisme gère la bascule.
  • Vérifier la complémentaire santé solidaire. Revenus modestes ? La CSS plafonne le reste à charge à zéro sur un large panier de soins, participation de 8 à 30 euros par mois selon l’âge. Des millions d’éligibles l’ignorent.
  • Ajuster les garanties à votre vie réelle. Un forfait optique généreux ne sert à rien si vous ne portez plus de lunettes : rayer une option inutile fait baisser la cotisation sans toucher aux soins.

Des rayons de pharmacie garnis de boîtes de médicaments Les médicaments à faible service médical rendu, les soins dentaires et les transports sanitaires font partie des 1,5 milliard d’euros de soins transférés vers les mutuelles.

L’État prend l’argent là où on ne le voit pas : sur une ligne de cotisation, pas sur une feuille d’impôt. La taxe reconduite et le gel levé, c’est 24,60 euros par an sur 100 euros de cotisation qui changent de poche. À l’automne, l’avis d’échéance dira le reste.