Depuis le 1er novembre, des moustaches poussent partout en France. Movember 2026 a démarré : un mois entier consacré à la santé des hommes, dont on parle beaucoup moins que celle des femmes. Octobre rose vient de s’achever, novembre prend le relais.

On se rase de près le 1er novembre, on laisse pousser sa moustache jusqu’au 30, et chaque remarque devient une occasion de parler de ce qu’on tait d’habitude : le cancer de la prostate, celui des testicules, la santé mentale. L’argent collecté finance la recherche et la prévention.

Un homme ajuste sa moustache : le symbole de Movember 2026 La moustache, symbole de Movember : elle sert de prétexte pour parler de santé masculine.

Movember 2026, c’est quoi exactement ?

Le nom colle deux mots anglais : « mo », pour moustache, et « November », novembre. L’idée est née en 2003 à Melbourne, en Australie, quand une bande d’amis a lancé un défi à une trentaine d’hommes : remettre la moustache au goût du jour. L’année suivante, la blague est devenue une collecte pour la lutte contre le cancer de la prostate. La première édition française date de 2012. En France, on parle aussi de Novembre bleu, et les « Mo Sistas » participent en marchant, en organisant, en donnant.

60 000 nouveaux cas par an : le cancer de la prostate en chiffres

Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme en France. L’Institut national du cancer comptait 59 885 nouveaux cas en 2018, année de référence des estimations, et 9 228 décès en 2022. Il est rare avant 50 ans, et l’âge médian au diagnostic est de 69 ans.

La bonne nouvelle tient dans un chiffre : détecté tôt, il se guérit dans plus de 90 % des cas. Le problème, c’est qu’il ne donne presque aucun symptôme au début. Quand les troubles urinaires apparaissent, la maladie est souvent déjà installée.

Détecté tôt, le cancer de la prostate se guérit dans plus de 90 % des cas. Le problème, c’est qu’il ne prévient pas.

Faut-il se faire dépister à 50 ans ?

Contrairement au cancer du sein, il n’existe pas de dépistage organisé du cancer de la prostate en France, et la Haute Autorité de santé ne recommande pas de dosage systématique du PSA sans symptôme. La décision se prend avec son médecin.

Les urologues conseillent d’aborder le sujet à 50 ans, et dès 45 ans quand le père ou un frère a eu un cancer de la prostate, ou en cas d’origines africaines. L’examen repose sur une simple prise de sang, le dosage du PSA, parfois complétée par un toucher rectal. Un taux élevé ne veut pas dire un cancer : selon l’Institut national du cancer, 7 hommes sur 10 avec un PSA au-dessus de 4 ng/mL n’en ont pas.

Le cancer des testicules touche les 15-35 ans

L’autre cancer de Movember est rare : 1 à 2 % des cancers masculins. Mais c’est le plus fréquent chez les hommes de 15 à 35 ans, avec un âge médian au diagnostic de 35 ans.

Le geste qui compte tient en une minute, une fois par mois : l’auto-palpation. Une anomalie qui dure plusieurs jours, une boule, une douleur, et on en parle à son médecin traitant.

Un groupe court dans un parc : le défi Move de Movember, 60 kilomètres en novembre Marcher ou courir 60 kilomètres en novembre : le défi Move, ouvert à tout le monde.

60 kilomètres pour 60 vies par heure

Pas envie de moustache ? Movember propose un autre défi : marcher ou courir 60 kilomètres dans le mois, en une fois ou en cumulant les sorties. Le chiffre n’est pas un hasard : 60, c’est le nombre d’hommes qui meurent chaque heure dans le monde par suicide, selon la fondation.

La santé mentale est la troisième cause du mouvement, et la plus silencieuse. En France, les hommes représentent la majorité des décès par suicide, selon Santé publique France. Si vous traversez une période difficile, ou si vous vous inquiétez pour un proche, le 3114, numéro national de prévention du suicide, répond gratuitement, jour et nuit.

Comment participer à Movember 2026 ?

  • Laisser pousser sa moustache. On peut rejoindre le défi en cours de route, inscription sur le site officiel de Movember.
  • Marcher ou courir 60 km. Seul ou en équipe, l’objectif se cumule sur tout le mois.
  • Organiser un Mo-ment. Un repas entre amis, un match, un petit-déjeuner au bureau : n’importe quelle rencontre peut devenir une collecte.
  • Inventer son propre défi. Sportif ou non, ou simplement faire un don à une collecte existante.

Les moustaches tomberont le 1er décembre. Les chiffres, eux, ne bougeront pas : 60 000 nouveaux cas par an, des hommes qui attendent trop longtemps avant de consulter. Si une moustache fait parler d’un rendez-vous chez le médecin, elle aura servi à quelque chose.

Sources : Institut national du cancer ; ministère de la Santé (réponses aux questions parlementaires, avril et juillet 2026) ; Haute Autorité de santé ; Santé publique France ; Movember France ; MACSF ; Centre Léon Bérard.