Le rappel de morilles séchées qui vient d’être déclenché dans toute la France ne ressemble à aucun autre. Une femme de 27 ans est morte mardi 3 novembre au CHU de Montpellier, moins de vingt-quatre heures après avoir mangé des morilles séchées achetées chez B&M. Les autorités parlent d’un lien suspecté, pas encore établi. Deux produits sont déjà retirés, et la préfecture annonce que d’autres rappels suivront.
Que s’est-il passé à Montpellier ?
Lundi 2 novembre, Marie-Lou, 27 ans, prépare un poulet aux morilles. C’est un plat qu’elle cuisine depuis des années, avec des champignons séchés en pot achetés chez B&M. Quelques heures après le repas, les troubles digestifs commencent. Violents. Elle appelle le centre antipoison de sa région, qui l’oriente vers l’hôpital le plus proche. Admise au CHU de Montpellier, elle fait un arrêt cardiaque dans la nuit. Elle meurt mardi matin.
D’après les ministères de la Santé et de l’Agriculture, la jeune femme ne souffrait d’aucune maladie connue. L’autopsie, réalisée par l’institut médico-légal de Montpellier, a confirmé qu’elle avait bien ingéré des morilles. Reste à établir la cause exacte du décès. Des analyses toxicologiques sont en cours, et le parquet de Montpellier a ouvert une enquête le 3 novembre.
Quels sont les deux produits rappelés ?
Le premier rappel vise le pot de 60 grammes de morilles séchées Champibon, vendu chez B&M du 12 octobre au 3 novembre, tous lots confondus. Code-barres : 3760201609743. Date limite : 1er décembre 2029. Un pot acheté en octobre peut donc attendre des mois dans un placard.
Le second est arrivé jeudi 5 novembre : un pot de 400 grammes de la même marque, vendu chez Promocash, le grossiste des professionnels de la restauration. Le lot 262306, en rayon depuis le 23 juin. Consigne plus stricte : ne pas consommer, détruire le produit.
Dans les deux cas, le motif est le même : une probable contamination par une toxine. Les deux rappels sont volontaires, sans arrêté préfectoral. La substance en cause n’a toujours pas de nom.
Des morilles séchées, comme celles visées par le rappel.
« Probable contamination d’un lot de morilles par une toxine susceptible d’être à l’origine d’intoxication alimentaire. » Motif du rappel, fiche RappelConso.
La cuisson ne suffit pas
Le communiqué des ministères précise que les morilles concernées peuvent rester toxiques même après une cuisson prolongée. Cuire plus longtemps ne règle rien. Tremper puis cuire ne protège pas ici. Le pot ne doit plus être cuisiné du tout.
Les fiches RappelConso décrivent des symptômes dans les heures qui suivent le repas : diarrhées, vomissements, et rarement une déshydratation sévère. C’est exactement ce que Marie-Lou a ressenti lundi soir, quelques heures après son repas.
Que faire si le pot est dans votre placard ?
- Vérifiez le code-barres. Pour le pot B&M de 60 g : 3760201609743, tous les lots. Pour le pot Promocash de 400 g : 3760201600023, lot 262306.
- Ne le consommez pas. Ne le cuisinez pas non plus, même après une longue cuisson.
- Pot acheté chez B&M : rapportez-le en magasin. Un remboursement est prévu. Le service consommateurs répond au 04 73 69 90 60.
- Pot acheté chez Promocash : détruisez-le. La consigne officielle est la destruction, pas le retour en magasin.
- Vous avez déjà mangé ces morilles ? En cas de diarrhées ou de vomissements dans les heures qui suivent, appelez immédiatement un centre antipoison au 01 45 42 59 59, accessible 24 heures sur 24.
Vérifiez vos placards, mais aussi les pots achetés pour les fêtes.
Que va-t-il se passer maintenant ?
L’enquête dira si le lien entre les morilles et le décès est confirmé. Les analyses toxicologiques sont en cours. Ni le fournisseur ni le pays d’origine n’ont été rendus publics. Selon France 3 Occitanie, les morilles seraient conditionnées par une entreprise de Haute-Loire.
Depuis 2021, RappelConso a publié cinq rappels de morilles, dont quatre pour des résidus de pesticides. Celui de novembre est le premier à invoquer une toxine, selon le site Centre Cléa.
Un pot de champignons séchés se garde trois ans. C’est précisément ce qui rend ce rappel différent des autres : le danger ne disparaît pas avec le temps, il attend dans le placard.
