Le rappel morilles Champibon est parti d’un repas ordinaire. Lundi 2 novembre, à Montpellier, Marie-Lou, 27 ans, cuisine des morilles séchées achetées chez B&M. Quelques heures plus tard, des troubles digestifs sévères. Elle appelle le centre antipoison de sa région, qui l’envoie à l’hôpital. Elle meurt le lendemain, mardi 3 novembre, au CHU de Montpellier. Les ministères de la Santé et de l’Agriculture l’ont confirmé dans un communiqué publié jeudi 5 novembre.
Ce que les autorités savent tient en quelques lignes. L’autopsie confirme qu’elle a bien mangé de ces morilles. Elle ne souffrait d’aucune maladie connue. Mais la cause exacte de sa mort n’est pas établie : les ministères écrivent qu’un lien est suspecté entre les morilles, les symptômes et le décès, et que des analyses complémentaires sont en cours. Le parquet de Montpellier a ouvert une enquête en recherche des causes de la mort. Personne n’est mis en cause à ce stade.
Ce que ça change pour vous : vérifiez votre placard
Le danger, ici, tient à la durée de vie du produit. Ces morilles séchées se conservent à température ambiante, et leur date limite court jusqu’au 1er décembre 2029. Un pot acheté en octobre peut donc rester trois ans dans un placard avant d’être ouvert.
La vérification prend une minute :
- Sortez le pot et lisez l’étiquette : marque Champibon, morilles séchées, 60 g ou 400 g.
- Comparez le code-barres et le lot avec les références ci-dessous.
- Si tout correspond, ne cuisinez pas le produit. Rapportez le pot de B&M en magasin pour être remboursé. Pour le pot Promocash, la consigne est de ne plus le consommer et de le détruire.
Les deux pots rappelés : les références exactes
Le premier pot pèse 60 grammes. Il a été vendu dans les magasins B&M de toute la France, du 12 octobre au 3 novembre 2026. Tous les lots sont concernés. Code-barres : 3760201609743. Référence commerciale : 534199. Le service consommateurs de B&M répond au 04 73 69 90 60.
Le second pot pèse 400 grammes. Il a été vendu chez Promocash, le réseau de libre-service de gros du groupe Carrefour qui fournit les professionnels de la restauration, du 23 juin au 3 novembre 2026. Un seul lot est rappelé : le 262306. Code-barres : 3760201600023. Le pot était en rayon depuis plus de quatre mois.
Les deux rappels sont volontaires, sans arrêté préfectoral. Le motif officiel est identique : une probable contamination par une toxine susceptible d’être à l’origine d’une intoxication alimentaire. La préfecture de l’Hérault a indiqué que des rappels d’autres enseignes suivraient, la même matière première ayant probablement été conditionnée sous d’autres références.
La morille se reconnaît à son chapeau creusé d’alvéoles. Crue, elle est toxique : c’est un champignon qui ne se mange jamais sans une longue cuisson.
Chronologie : quatre jours qui ont tout changé
Lundi 2 novembre, Marie-Lou mange les morilles au cours d’un repas. Des symptômes gastro-intestinaux sévères apparaissent quelques heures après. Elle appelle le centre antipoison, qui l’oriente vers l’hôpital.
Mardi 3 novembre, elle meurt au CHU de Montpellier. Les autorités sanitaires sont informées du décès le jour même. Dans la soirée, une première fiche de rappel est mise en ligne sur RappelConso pour le pot de 60 grammes vendu chez B&M.
Mercredi 4 novembre, B&M exprime sa profonde émotion après ce décès, tout en précisant que les circonstances exactes et le lien éventuel avec le produit restent à établir. La fiche de rappel est mise à jour.
Jeudi 5 novembre, les ministères de la Santé et de l’Agriculture publient leur communiqué, et une seconde fiche paraît pour le pot de 400 grammes de Promocash. Le parquet de Montpellier annonce l’ouverture de son enquête. Ce vendredi, les deux fiches sont en ligne sur rappel.conso.gouv.fr, et les analyses toxicologiques sont toujours en cours.
« Ils peuvent être toxiques, même après cuisson. » Les ministères de la Santé et de l’Agriculture, dans leur communiqué du 5 novembre 2026.
Morilles : pourquoi la cuisson ne suffit pas cette fois
En temps normal, la morille est un champignon toxique cru. Ses toxines sont détruites par la chaleur : l’Anses, l’agence sanitaire chargée de l’alimentation, recommande 15 minutes dans l’eau bouillante, en jetant l’eau de cuisson, ou 20 à 30 minutes à la poêle, de façon à atteindre 70 °C au cœur du champignon. Réhydrater des morilles séchées ne constitue pas une cuisson.
Le communiqué des ministères change la donne. Il prévient que les pots rappelés peuvent rester toxiques même après une cuisson prolongée. Cette précision écarte le scénario classique de la morille simplement mal cuite. Elle oriente vers une substance qui résisterait à la chaleur. La toxine en cause n’a pas été nommée. Aucun résultat d’analyse du produit n’a été publié pour l’instant.
Des champignons poêlés. Pour les morilles, l’Anses recommande 20 à 30 minutes à la poêle. Pour les pots rappelés, la cuisson ne suffit pas : il ne faut pas les consommer du tout.
Quels symptômes doivent vous alerter ?
La fiche de rappel décrit des diarrhées ou des vomissements dans les heures qui suivent le repas, pouvant dans de rares cas entraîner une déshydratation sévère. C’est le tableau classique d’une intoxication alimentaire.
Si vous avez mangé ces morilles et que ces symptômes apparaissent, appelez un centre antipoison, au 01 45 42 59 59, accessible jour et nuit. Notez l’heure du repas et celle des premiers signes, gardez les restes et l’emballage, et mentionnez les champignons dès le début de l’appel. En cas de détresse, de perte de connaissance ou de gêne respiratoire, appelez le 15 ou le 112.
Morilles : un risque connu, rarement mortel
Les intoxications aux morilles ne datent pas d’hier. Une étude nationale des centres antipoison, publiée en 2024 dans la revue Clinical Toxicology, a recensé 446 intoxications imputables aux seules morilles entre 2010 et 2020. La grande majorité étaient bénignes ou modérées. Dix ont été graves. Deux personnes en sont mortes.
Les rappels, eux, restent rares. Depuis 2021, la base publique RappelConso compte cinq rappels de morilles séchées ou en pot, dont quatre pour des résidus de pesticides. Celui de novembre 2026 est le premier à invoquer une toxine.
Un pot acheté en octobre peut rester trois ans dans un placard. Celui-ci porte une date limite au 1er décembre 2029. Si le vôtre ressemble à ceux-là, ne le cuisinez pas : rapportez-le, ou jetez-le. C’est le geste que les autorités demandent, en attendant que les analyses disent ce que contenait vraiment ce pot.
Sources : communiqué des ministères de la Santé et de l’Agriculture du 5 novembre 2026 ; fiches publiées sur rappel.conso.gouv.fr ; parquet de Montpellier.
