Le malus automobile 2027 a déjà sa grille. Votée dans la loi de finances pour 2025, la trajectoire se durcit au 1er janvier : le malus CO2 se déclenchera dès 103 grammes par kilomètre, contre 108 aujourd’hui, et son plafond passera à 90 000 euros. Pour l’acheteur, seule compte la date d’immatriculation : c’est le barème en vigueur ce jour-là qui s’applique.
Concrètement, une voiture immatriculée le 31 décembre paiera le barème 2026 ; la même, immatriculée le 2 janvier, relèvera du barème 2027. Avec les délais de livraison de fin d’année, une commande d’automne livrée en janvier peut coûter plusieurs centaines d’euros de plus que prévu.
Qui est concerné ? Les acheteurs de voitures neuves thermiques et hybrides en premier lieu : en 2026, plus d’une voiture neuve sur deux serait déjà soumise au malus, selon les calculs du site spécialisé PassionAndCar. Les électriques, elles, n’échappent plus au malus au poids depuis le 1er juillet 2026.
Quel est le barème du malus CO2 en 2027 ?
Deux chiffres à retenir : le seuil d’entrée baisse à 103 g/km, le plafond grimpe à 90 000 euros pour les véhicules les plus polluants (contre 80 000 euros en 2026, dès 192 g/km). Entre les deux, chaque gramme supplémentaire alourdit la note.
Exemple : le Renault Kangoo TCe 100 (156 g/km) est passé de 5 404 euros de malus en 2025 à 6 126 euros en 2026, soit 722 euros de plus à émissions identiques.
Des voitures neuves sur un parc de stockage : en 2026, plus d’une voiture neuve sur deux serait déjà concernée par le malus.
Le malus au poids : 10 à 30 euros le kilo
Le malus au poids ne se durcit pas en 2027, mais il frappe déjà large : depuis le 1er janvier 2026, il s’applique dès 1 500 kilos, avec un tarif qui grimpe de 10 euros par kilo jusqu’à 30 euros au-delà de 2 tonnes. Un SUV thermique de 1 750 kilos, c’est 2 750 euros de malus au poids, qui s’ajoutent au malus CO2.
Votre électrique n’est plus totalement épargnée
Depuis le 1er juillet 2026, les voitures 100 % électriques ne sont plus exonérées du malus au poids, sauf l’hydrogène et les véhicules à faible empreinte carbone. La loi prévoit un abattement de 600 kilos pour compenser le poids des batteries : une électrique de 2 300 kilos retombe à 1 700 kilos taxables, soit un peu plus de 2 000 euros de malus. Le CO2, lui, reste à zéro.
Micro-hybrides : la fin d’un avantage, et un débat au Parlement
L’abattement de 100 kilos sur le malus au poids sera réservé à partir du 1er janvier 2027 aux hybrides dont le moteur électrique développe au moins 30 kW. Le projet de loi de finances pour 2027, débattu cette semaine à l’Assemblée, propose de remplacer ce critère de puissance par un critère d’émissions : les hybrides non rechargeables sous les 125 g/km garderaient l’abattement, les autres le perdraient. Le texte n’est pas voté : c’est une proposition.
Le barème qui compte est celui du jour de l’immatriculation, pas celui du jour de la commande.
La checklist avant le 31 décembre
- Vérifiez les émissions WLTP de la version exacte que vous achetez : finition, jantes, options, tout joue sur le chiffre officiel.
- Si votre voiture arrive fin décembre, faites-la immatriculer avant le 1er janvier : un jour de retard peut coûter plusieurs centaines d’euros.
- Comparez avec les modèles sous les 103 g/km : en dessous du seuil, pas de malus CO2 du tout.
- Sur un hybride, demandez la puissance du moteur électrique : sous 30 kW, l’abattement de 100 kilos disparaît en 2027.
La remise des clés en concession : pour le fisc, ce qui compte, c’est la date d’immatriculation, pas celle de la commande.
En 2027, le malus ne visera plus seulement les grosses cylindrées. Il concernera la majorité des voitures thermiques neuves vendues en France.
