L’augmentation loyer IRL 1,57 % du 3e trimestre 2026 est désormais officielle. L’Insee a publié l’indice le 15 octobre : 148,06 en métropole, contre 145,77 un an plus tôt. La Corse affiche 143,80 et les départements d’outre-mer 145,21, avec la même progression de 1,57 % sur un an. Après +0,78 % au 1er trimestre et +1,15 % au 2e, la révision autorisée grimpe donc nettement à l’automne.
Ce chiffre n’est pas une hausse automatique. Il fixe un plafond, et seulement pour les baux dont la date de révision tombe sur ce trimestre de référence. Un locataire dont le bail cite un autre trimestre doit regarder l’indice de ce trimestre-là, pas celui-ci.
Ce que ça change pour vous, dès la prochaine révision
Prenez votre loyer hors charges, pas le montant total avec les provisions. C’est lui qui sert de base. À 750 euros, la révision maximale ajoute 11,78 euros par mois, soit environ 141 euros sur un an. À 900 euros, elle ajoute 14,13 euros par mois, soit 169,56 euros sur l’année. À 1 200 euros, elle ajoute 18,84 euros par mois, soit 226,08 euros sur l’année. Ces montants sont des plafonds : le propriétaire peut appliquer moins, jamais plus.
La date compte autant que le pourcentage. La révision intervient une fois par an, à la date prévue dans le bail ou, à défaut, à la date anniversaire du contrat. Un loyer déjà révisé il y a moins de douze mois ne peut pas être révisé une seconde fois au prétexte du nouvel indice.
Un immeuble parisien : la révision du loyer dépend d’abord de ce qui est écrit dans le bail, pas du seul indice publié.
Comment calculer votre nouveau loyer en une minute
La formule tient sur une ligne : nouveau loyer = loyer hors charges multiplié par le nouvel IRL, divisé par l’ancien IRL. Pour un bail qui cite le 3e trimestre, cela donne loyer multiplié par 148,06, divisé par 145,77.
Un exemple concret : un loyer de 750 euros hors charges devient 750 × 148,06 ÷ 145,77, soit 761,78 euros. Le même calcul pour 900 euros donne 914,13 euros. Si le montant réclamé dépasse ce résultat, quelque chose ne colle pas : charges incluses par erreur, mauvais trimestre de référence, ou révision appliquée deux fois dans l’année.
Le nouvel indice autorise une hausse, il ne l’impose pas : sans clause de révision dans le bail, le loyer reste ce qu’il est.
Qui est concerné, et qui ne l’est pas
La révision par l’IRL concerne les logements loués vides ou meublés à usage de résidence principale, quand le bail contient une clause de révision annuelle. C’est la première chose à vérifier, et elle se trouve dans les premières pages du contrat : cherchez la mention de la révision annuelle et du trimestre de référence.
Trois situations écartent la hausse. Le bail ne prévoit aucune clause de révision. Le loyer a déjà été révisé au cours des douze derniers mois. Le montant réclamé dépasse le plafond calculé avec le bon trimestre. Dans chacun de ces cas, le locataire a intérêt à demander le détail du calcul par écrit avant de payer le nouveau montant.
Que faire si le calcul ne colle pas
La démarche tient en quatre gestes :
- Relisez votre bail : clause de révision, trimestre de référence, date de révision annuelle.
- Refaites le calcul avec la formule ci-dessus, sur le loyer hors charges uniquement.
- Demandez au propriétaire ou à l’agence le détail écrit de la révision : ancien loyer, indice utilisé, nouveau loyer.
- Si le désaccord persiste, rapprochez-vous de l’ADIL de votre département ou de la commission départementale de conciliation, qui examine ce type de litige locatif sans frais.
Avant d’accepter un nouveau montant, un calcul sur le loyer hors charges suffit souvent à trancher.
La hausse s’applique-t-elle aux charges ?
Non. Les charges et provisions pour charges ne suivent pas l’IRL : elles sont régularisées séparément, sur justificatifs, une fois par an. Un avis qui applique 1,57 % au montant total, charges comprises, surévalue la révision. Reprenez alors le calcul sur le loyer seul, et signalez l’écart par écrit.
Et si mon propriétaire n’a jamais révisé le loyer ?
Rien ne l’y oblige. La révision est une possibilité, pas une obligation, et elle reste encadrée par le bail. Un propriétaire qui n’a pas appliqué les indices précédents ne peut pas rattraper plusieurs années d’un coup en appliquant un seul pourcentage : chaque révision se fait une fois par an, sur la base prévue au contrat.
Pour les locataires dont la révision tombe cet automne, le réflexe vaut quelques euros par mois : ouvrir le bail, vérifier la clause, puis calculer. Le nouvel indice est public, la formule est simple, et le plafond de 1,57 % ne laisse pas beaucoup de place à l’approximation.
