Se faire vacciner contre la grippe en novembre, est-ce encore utile, ou déjà trop tard ? C’est le moment idéal. Au 25 octobre, tous les indicateurs de la grippe se maintenaient à leur niveau de base en France hexagonale, selon le bulletin de Santé publique France publié le 28 octobre. Les détections restaient sporadiques.

Ce qui fait tousser en ce moment, ce n’est pas la grippe : ce sont surtout les rhinovirus et le SARS-CoV-2. La grippe ne pèse encore que dans une moindre mesure, d’après le bulletin du 21 octobre.

Une femme en bonnet et écharpe, enrhumée, tousse chez elle Début novembre, ce sont surtout les rhumes et le Covid qui font tousser.

Se faire vacciner contre la grippe en novembre : le calcul est simple

Sur les quatre derniers hivers, l’épidémie a démarré entre fin novembre et fin décembre en France hexagonale. En moyenne, le démarrage est survenu quatre semaines après la première semaine de novembre. Si cet hiver suit la moyenne, l’épidémie s’installerait autour du 30 novembre au 6 décembre. Ce n’est pas une prévision officielle.

Or la protection vaccinale ne s’installe pas le soir même : il faut environ deux semaines pour que l’organisme fabrique ses anticorps. Une piqûre reçue cette semaine protège pour la fin novembre ; une piqûre reçue mi-décembre risque d’arriver en même temps que le virus. L’hiver dernier, l’épidémie avait démarré début décembre, atteint son pic trois semaines plus tard, puis duré dix semaines.

Le vaccin de cette année vise le variant qui a piégé l’hiver dernier

L’hiver dernier, le virus qui dominait n’était pas celui que le vaccin visait. En août 2025, un variant nettement différent du virus A(H3N2) est apparu, le sous-clade K, et le vaccin avait été composé avant son apparition. En ville, 95,2 % des H3N2 détectés appartenaient à ce sous-clade.

L’efficacité s’en est ressentie : le vaccin a réduit de 30 % le risque de grippe A confirmée en ville, de 37 % contre le seul H3N2, et de 23 % seulement après 65 ans. Le 27 février 2026, l’OMS a donc changé la souche H3N2 recommandée : le vaccin de cette saison vise le sous-clade K. Cinq vaccins trivalents sont disponibles, dont Efluelda et Fluad, réservés aux 65 ans et plus.

La grippe ne circule presque pas début novembre, et c’est précisément la meilleure raison de se faire vacciner maintenant : la protection met deux semaines à s’installer.

Ce que ça change pour vous, concrètement

La campagne a commencé le 13 octobre et dure jusqu’au 31 janvier 2027. Il n’est donc jamais trop tard, tant que le virus circule. Mais novembre reste la fenêtre où la vaccination protège avant l’épidémie, plutôt que pendant.

Depuis le 10 juillet 2026, les vaccins antigrippaux sont soumis à prescription. Pour les personnes éligibles, le bon de l’Assurance maladie vaut prescription et donne le vaccin gratuitement en pharmacie. Le pharmacien ou l’infirmier habilité peut aussi rédiger l’ordonnance, à partir de 11 ans. La prise en charge reste à 100 % pour les publics ciblés : 65 ans et plus, femmes enceintes, maladies chroniques, immunodéprimés, obésité sévère, résidents d’établissements médico-sociaux. Les deux vaccins peuvent être faits le même jour, un dans chaque bras, et le vaccin Covid, le Comirnaty XFG actualisé, est gratuit pour tous, sans ordonnance.

Un flacon de vaccin contre la grippe et une seringue, tenus par des mains gantées Le vaccin 2026-2027 vise le sous-clade K, dominant l’hiver dernier.

Comment faire, en quatre gestes

  • Vérifiez votre éligibilité. 65 ans ou plus, maladie chronique, grossesse, contact régulier avec une personne fragile : le vaccin est pris en charge à 100 %.
  • Prenez rendez-vous cette semaine. Médecin, pharmacien, infirmier, sage-femme : tous peuvent vacciner contre la grippe.
  • Pensez aux deux bras. Grippe et Covid peuvent être injectés lors de la même séance. Vous préférez les espacer ? Aucun délai minimal n’est imposé.
  • Gardez votre bon. Sans lui, le vaccin reste à votre charge et l’ordonnance devient obligatoire.

Il reste une ombre au tableau : seuls 56,7 % des 65 ans et plus s’étaient fait vacciner l’hiver dernier, et 49,6 % des personnes à risque, pour un objectif de 75 %. La Réunion est déjà en épidémie depuis fin août, Mayotte depuis mi-octobre. L’Hexagone a encore quelques semaines d’avance. Elles ne dureront pas tout l’hiver.

Sources : Santé publique France, bulletins des 21 et 28 octobre 2026 ; OMS, 27 février 2026 ; ameli.fr ; Ordre des pharmaciens.