La manifestation du 24 octobre 2026 aura bien lieu, à en croire la coordination qui avait appelé à descendre dans la rue le 17 octobre. Ce lundi 19 octobre au matin, elle a annoncé un « acte II » ce samedi 24 octobre, suivi d’un « acte III » le samedi 31 octobre. L’information, révélée par l’AFP, a été reprise dans la foulée par Le Figaro, le Huffington Post et France Info.
Le calendrier ne doit plus rien au hasard. Samedi 17 octobre, entre 550 000 personnes selon le ministère de l’Intérieur et 800 000 selon les organisateurs ont manifesté contre la vie chère, et des violences ainsi que des pillages ont éclaté dans plusieurs villes. La coordination veut désormais installer le mouvement dans la durée, samedi après samedi, jusqu’au jeudi 5 novembre. Comme en 2018, année de naissance du mouvement, elle parle d’« acte II » : le vocabulaire dit l’ambition.
Ce que ça change pour vous, concrètement
Samedi, dans cinq jours. Si vous prenez la route ce week-end-là, prévoyez une marge. Le 17 octobre, des actions avaient perturbé des axes routiers et des centres-villes dans plusieurs départements, et des commerces avaient baissé le rideau par endroits. Rien ne garantit que le 24 ressemblera au 17, mais les préfectures s’y préparent déjà, et les arrêtés tomberont en fin de semaine.
À Dijon, la maire Nathalie Koenders a indiqué ce lundi qu’elle allait s’entretenir avec la préfète pour trancher sur le rassemblement annoncé samedi place de la Libération : autorisé, encadré ou interdit. D’autres préfectures décideront dans les prochains jours. Le réflexe à avoir : consultez les communications de votre préfecture vendredi, et si vous roulez samedi, faites le plein avant et gardez un itinéraire de repli en tête.
Côté trains et transports en commun, aucun préavis n’a été annoncé à ce stade pour le 24 octobre. D’éventuelles perturbations ne seront connues qu’en fin de semaine. Pour les commerçants, le gouvernement a de son côté annoncé ce lundi des mesures de soutien après les pillages du week-end, dont un chômage partiel payé à 100 % dès mardi.
Manifestation du 24 octobre 2026 : à quoi s’attendre ?
La coordination a mis en ligne une carte des mobilisations prévues le 24 octobre sur son site, 17octobregiletjaune.net. Plusieurs dizaines d’actions y figurent déjà. France Info en recensait 76 ce lundi matin, un décompte qui bougera dans les deux sens d’ici samedi, au fil des annonces locales et des éventuelles interdictions.
Ce qui frappe, c’est la vitesse à laquelle le calendrier s’est rempli. Dimanche soir encore, la priorité affichée était de préparer patiemment le 5 novembre. La pression de la base a tout changé en une nuit. « Nous, on va suivre cette poussée, évidemment. On garde l’élan pour le 5 novembre mais on va construire par étapes, c’est-à-dire qu’il y aura un 24, un 31, et après, un 5 novembre », a expliqué à l’AFP Benjamin Ball, l’éditeur du site de la coordination.
Photo d’illustration : des gilets jaunes sur un axe routier.
Où auront lieu les manifestations du 24 octobre ?
Impossible de dresser une liste définitive ce lundi : la carte de la coordination évolue au fil des annonces locales. Les actions recensées couvrent déjà plusieurs dizaines de villes, et la dynamique ressemble à celle qui avait précédé le 17 octobre : des appels partis des réseaux sociaux, repris ville par ville, sans mot d’ordre national unique au départ.
À Paris, aucun lieu n’a encore été officialisé pour le 24. Le 17 octobre, le rendez-vous s’était donné place de la République. Les autorités parisiennes n’ont pas communiqué pour l’instant, et tout se jouera dans les prochains jours entre les organisateurs et la préfecture de police.
Le 24 octobre peut-il être interdit par les préfets ?
Oui, et c’est déjà en discussion. Le cas de Dijon l’illustre : la maire et la préfète doivent trancher ensemble sur le rassemblement de la place de la Libération. Dimanche soir, lors de son allocution télévisée, Emmanuel Macron avait demandé aux préfets de ne pas hésiter à interdire les rassemblements présentant un risque de débordement. Les préfectures appliquent cette consigne au cas par cas cette semaine.
Reste que les interdictions n’empêchent pas toujours les rassemblements. Le 17 octobre, plusieurs cortèges non déclarés avaient quand même eu lieu, et des affrontements avaient éclaté en marge. Pour les participants comme pour les riverains, la semaine s’annonce donc décisive : tout se jouera entre mardi et vendredi.
Photo d’illustration : manifestation de gilets jaunes à Paris.
Et le 5 novembre, que prévoient les syndicats ?
Le jeudi 5 novembre, c’est l’intersyndicale CFDT-CGT-FO-Unsa-FSU qui appelle à la grève et aux manifestations, dans le public comme dans le privé, pour les salaires, les services publics, l’emploi et l’industrie. Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT, l’a confirmé dimanche soir : après « une journée de manifestation historique », le 5 novembre doit être « une immense journée de grèves et de manifestations ».
Désormais, les gilets jaunes se placent dans ce calendrier : le 24 et le 31 octobre pour « garder l’élan », le 5 novembre pour converger avec les syndicats. Reste à voir si les deux mouvements feront cause commune ou avanceront en parallèle. Les revendications se recoupent sur le pouvoir d’achat, mais les méthodes et les porte-parole diffèrent.
« Il y aura un 24, un 31, et après, un 5 novembre. » — Benjamin Ball, éditeur du site de la coordination, à l’AFP.
L’allocution d’Emmanuel Macron dimanche soir n’a pas convaincu la coordination : un « discours vide », selon elle, assorti d’une demande d’être reçue à l’Élysée aux côtés de représentants d’autres secteurs mobilisés. L’Élysée n’a pas répondu à ce stade.
D’ici samedi, la carte des actions continuera de bouger au gré des annonces locales et des arrêtés préfectoraux. L’automne social, lui, ne fait manifestement que commencer.
À lire aussi : le récit de la journée du 17 octobre et les mesures de soutien aux commerces pillés annoncées ce lundi.
