La fin du cumul AAH ASS au 1er janvier 2027 est écrite depuis dix ans. Service-public l’a rappelée le 19 octobre 2026 : la période transitoire s’achève le 31 décembre 2026, et les deux allocations ne seront plus versées ensemble. Pour les derniers bénéficiaires concernés, le mois de janvier ne ressemblera pas au mois de décembre, même si l’AAH, elle, ne disparaît pas.

Ce que ça change pour vous : combien, quand, qui

Combien ? L’ASS, versée par France Travail, vaut 19,48 € par jour en métropole depuis le 1er avril 2026 : 584,40 € pour un mois de 30 jours, jusqu’à 604 € pour un mois de 31 jours. L’AAH, versée par la Caf ou la MSA, continue, plafonnée à 1 041,59 € par mois (hors Mayotte). Un allocataire qui touchait les deux aides à taux plein passait donc d’environ 1 626 € à 1 041,59 €, soit une baisse de plus d’un tiers de ses ressources mensuelles.

Quand ? Le couperet tombe le 31 décembre 2026, mais la baisse ne se verra pas tout de suite sur le relevé bancaire. Les prestations sont versées à terme échu : le dernier virement d’ASS arrivera début janvier 2027, au titre du mois de décembre 2026. La première absence se constatera donc début février 2027.

Qui est concerné ? Un profil très précis, et seulement lui. Il faut avoir eu les droits aux deux allocations ouverts en même temps au 31 décembre 2016, et les avoir conservés depuis. APF France handicap estime à environ 15 000 le nombre de personnes encore dans ce cas, souvent des demandeurs d’emploi de longue durée de plus de 50 ans, éloignés de l’emploi par leur situation de handicap. Si vous avez obtenu l’AAH après 2017, ou ne touchez qu’une des deux aides, vous n’êtes pas concerné.

L’accueil d’une agence France Travail, l’organisme qui verse l’ASS L’ASS est versée par France Travail. C’est elle qui s’arrête, pas l’AAH.

Fin cumul AAH ASS 1er janvier 2027 : pourquoi cette date ?

La règle vient de la loi de finances pour 2017. Depuis le 1er janvier 2017, l’AAH et l’ASS ne sont plus cumulables pour les nouveaux droits. Le législateur avait seulement laissé une porte ouverte aux personnes qui cumulaient déjà les deux aides fin 2016 : dix ans maximum, tant que les conditions restaient remplies. Dix ans plus tard, la porte se referme, sans prolongation annoncée. Et l’ordre des priorités ne laisse aucun doute : l’AAH passe avant l’ASS, si bien que le versement de l’ASS s’interrompt dès le début de la période couverte par l’AAH.

L’AAH continue, l’ASS s’arrête : pour un bénéficiaire à taux plein, la perte peut atteindre 584,40 € sur un mois de 30 jours, et 604 € sur un mois de 31 jours.

Que faire avant janvier ?

L’arrêt lui-même ne demande aucune démarche : il s’opère automatiquement entre France Travail et la Caf ou la MSA. Ce qui demande un peu de travail, c’est tout le reste. Cinq vérifications, à faire avant la fin de l’année :

  • Vérifiez vos relevés. Notez le montant exact de votre ASS : la perte réelle dépend de ce montant, pas du taux plein.
  • Demandez une confirmation écrite à France Travail. La date du dernier versement d’ASS, noir sur blanc, évitera les mauvaises surprises en février.
  • Interrogez la Caf ou la MSA. Votre AAH peut être recalculée selon vos ressources : seule votre caisse peut donner le chiffre exact.
  • Repassez vos autres droits en revue. Un changement de revenus peut modifier les aides au logement ou la complémentaire santé solidaire. Ne comptez pas sur une bascule vers le RSA : l’AAH et le RSA ne sont pas cumulables.
  • Téléchargez votre relevé de carrière. L’ASS, liée au chômage indemnisé, peut valider des périodes prises en compte pour la retraite. L’AAH seule n’ouvre pas les mêmes droits. APF France handicap parle d’une « double peine ».

Des billets en euros comptés à la main, comme un budget mensuel à refaire Avec l’ASS en moins, le budget doit être refait avant février.

Aucune compensation générale annoncée à ce stade

Fin août 2026, APF France handicap alertait le directeur général de la cohésion sociale et le délégué général à l’emploi : aucune compensation financière n’était prévue, aucun dispositif d’information dédié ne semblait en place. À la mi-octobre, rien de général n’était acté.

Pour les 15 000 derniers concernés, les deux mois qui restent servent donc à vérifier un montant, pas à découvrir la règle.

Sources : Service-public, France Travail, APF France handicap.