Le samedi, les râteaux sortent. En octobre, les jardins de France accumulent des tas de feuilles mortes, et dans bien des rues, une colonne de fumée s’élève à la tombée du jour. Beaucoup y voient un rituel de saison. La loi y voit une infraction. Brûler les feuilles mortes au fond de son jardin est interdit, et la contravention peut grimper jusqu’à 750 euros.

Ce que ça change pour vous

Si vous avez un jardin, la règle est simple : pas de feu de feuilles cet automne. L’interdiction s’applique à tous les particuliers, en ville comme à la campagne, pour les feuilles sèches comme pour les humides. Inutile d’attendre une plainte du voisin : l’infraction se constate par le simple fait de brûler. Et l’incinérateur de jardin n’y change rien : un petit feu encadré reste un feu illégal. En pratique, mieux vaut donc prévoir dès maintenant une autre destination pour vos feuilles : le paillis, le compost ou la déchetterie.

Pourquoi brûler les feuilles mortes dans son jardin est interdit

Le brûlage à l’air libre des déchets verts est interdit par un arrêté datant de 2011, et le Code de l’environnement a repris l’interdiction depuis. Les feuilles mortes y figurent en bonne place, avec les tontes de pelouse, les tailles de haies et les branchages. La raison est sanitaire : en brûlant, les végétaux libèrent des particules fines, du monoxyde de carbone et des composés toxiques. Les feuilles humides sont les pires, car elles brûlent mal et produisent davantage de fumée. S’y ajoute le risque d’incendie, dans un jardin comme chez le voisin.

Feu de jardin avec de la fumée épaisse Un feu de jardin ne règle rien : il pollue le quartier et expose à une contravention, même sans plainte du voisinage.

Combien coûte l’amende en 2026 ?

Le brûlage illégal de déchets verts constitue une contravention de 4e classe. L’amende forfaitaire s’élève à 450 euros et peut atteindre 750 euros selon les circonstances et les arrêtés locaux. Le maire, dans le cadre de ses pouvoirs de police, et les forces de l’ordre peuvent la constater. Certaines communes renforcent même les contrôles à l’automne, quand les jardiniers ont le plus de résidus à évacuer. Un feu qui se propage ou gêne durablement le voisinage peut en outre entraîner des suites bien plus lourdes qu’une simple contravention.

« Le tas part en fumée en dix minutes, mais la pollution reste dans l’air du quartier toute la soirée. »

Y a-t-il des exceptions à la règle ?

Elles existent, mais elles sont rares et très encadrées. Le préfet peut autoriser des dérogations pour des cas précis, comme des végétaux envahissants ou des plantes nuisibles à la santé, et seulement s’il n’existe aucune autre solution efficace. Habiter loin d’une déchetterie ne suffit pas à justifier un feu. Avant d’envisager quoi que ce soit, il faut donc vérifier auprès de la mairie : ne jamais supposer qu’une dérogation s’applique à votre cas.

Que faire des feuilles mortes à la place ?

La bonne nouvelle, c’est que ces feuilles sont une matière première gratuite pour le jardin. Plusieurs options existent, du plus simple au plus complet :

  • Pailler les massifs et le potager : une couche de 20 à 30 centimètres protège le sol du froid, limite les mauvaises herbes et nourrit les vers de terre.
  • Composter : mélangées aux tontes et aux épluchures, les feuilles apportent le carbone qui équilibre le compost. En un an environ, vous obtenez un terreau gratuit.
  • Faire un terreau de feuilles : entassées dans un silo grillagé, elles se transforment seules en un terreau idéal pour les plantes de terre de bruyère.
  • Utiliser la collecte de déchets verts : beaucoup de communes proposent une collecte saisonnière ou des bennes temporaires à l’automne. Renseignez-vous auprès de votre mairie.
  • Apporter les surplus en déchetterie : c’est la solution de repli quand le jardin ne peut pas tout absorber.

Compost rempli de feuilles mortes dans un jardin En compost, les feuilles mortes se transforment en terreau gratuit en un an : c’est la destination la plus utile pour vos tas d’octobre.

Un dernier réflexe : laissez un coin du jardin tranquille. Un tapis de feuilles sous une haie sert de refuge aux hérissons et aux insectes pour l’hiver. Les feuilles tombent, le jardin les recycle : le feu n’a jamais été indispensable au tableau.