Vous êtes fatigué malgré 8 heures de sommeil ? La nuit a été complète, et pourtant vous traînez une chape de plomb jusqu’au café de 10 heures. Depuis le début du mois d’octobre, ce n’est ni une impression ni une coïncidence : le corps réagit à un changement bien réel, celui de la lumière.
Pourquoi suis-je fatigué alors que je dors assez ?
Le premier coupable, c’est le raccourcissement des journées : en octobre, la France perd entre 1 h 30 et 2 heures de jour selon les régions.
Comme l’explique le Dr Gérald Kierzek, médecin urgentiste et directeur médical de Doctissimo, dans un entretien du 6 octobre : « À l’automne, plusieurs facteurs peuvent expliquer cette baisse de régime. D’abord, la diminution de l’exposition à la lumière naturelle. À mesure que les journées raccourcissent, cette baisse de lumière perturbe notre horloge interne, qui régule l’alternance veille-sommeil. Une exposition insuffisante à la lumière en journée peut retarder l’arrêt de la sécrétion de mélatonine, l’hormone du sommeil. Le réveil peut alors être plus difficile et donner l’impression d’être encore fatigué le matin, même après une nuit correcte. »
La mélatonine s’attarde au-delà de l’aube. Résultat : on se lève dans le brouillard, la tête lourde, avec cette désagréable sensation de nuit volée. Santé Magazine décrit la même chose : une fatigue physique, intellectuelle ou morale, dès que les journées raccourcissent.
« Une exposition insuffisante à la lumière en journée peut retarder l’arrêt de la sécrétion de mélatonine, l’hormone du sommeil. Le réveil peut alors être plus difficile et donner l’impression d’être encore fatigué le matin, même après une nuit correcte. » — Dr Gérald Kierzek
La mélatonine sécrétée plus tôt le soir et éliminée plus tard le matin : le réveil d’octobre devient une épreuve.
La rentrée n’arrange rien, et la vitamine D chute aussi
À la lumière qui manque s’ajoute le contrecoup de la rentrée : « la reprise du travail, les horaires à respecter et le stress qui peut l’accompagner obligent l’organisme à se réhabituer », souligne le Dr Kierzek. Et chacun encaisse à son rythme : « certains ressentent une baisse d’énergie dès septembre, d’autres en octobre ou novembre ».
Deuxième dérèglement : la vitamine D, fabriquée par la peau sous l’action des UVB, baisse mécaniquement quand l’ensoleillement faiblit, alors qu’elle compte pour l’immunité, les os et le moral. Côté assiette : fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes et poissons.
Faut-il prendre de la vitamine D ou du magnésium ?
Les rayons des pharmacies se remplissent, les promos fleurissent, mais que valent les cures d’automne ? La médecin Alexandra Dalu, interrogée par le HuffPost, est directe : « s’il y a bien un complément alimentaire que l’on peut prendre au changement de saison, c’est le magnésium. Il permet de réduire la fatigue et le stress, et aide à avoir un sommeil plus réparateur. » Sur la vitamine D, elle rappelle qu’il s’agit en réalité d’une hormone, essentielle aux os, aux muscles et au système immunitaire. La Haute Autorité de santé la recommande aux enfants, aux adolescents et aux personnes âgées, les plus exposés aux carences. Seule une prise de sang prescrite par son médecin dit si l’on est carencé. Et la mise en garde est claire : attention au surdosage.
Le Dr Kierzek, lui, n’écarte pas « une cure de compléments alimentaires étalée sur une durée d’un mois » pour accompagner la transition. Ni produit miracle, ni danger : un accompagnement, pas un traitement.
Un réveil difficile qui dure malgré de bonnes nuits mérite qu’on s’y intéresse, pas seulement qu’on dorme plus.
Les 5 réflexes qui marchent vraiment
Les médecins convergent sur quelques gestes simples :
- Sortir à la lumière du jour chaque matin, au moins 20 minutes, même par temps gris : c’est le signal qui coupe la mélatonine.
- Garder des horaires de coucher et de lever réguliers, week-end compris, pour recaler l’horloge interne.
- Miser sur une alimentation variée : fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes, poissons gras.
- Boire suffisamment : la soif se fait moins sentir avec le froid, et la déshydratation fatigue aussi.
- Si la fatigue persiste plusieurs semaines malgré tout cela : « dans ce cas, il est recommandé de consulter un médecin », insiste le Dr Kierzek.
L’automne fatigue, c’est entendu. Mais entre subir octobre et comprendre ce qui se joue dans son corps, on ne se réveille pas pareil.
