La réduction d’impôt sur les dons vient de changer d’échelle. Pour les dons versés en 2026, le plafond du taux majoré de 75 % est passé de 1 000 à 2 000 €, un doublement acté par la loi de finances pour 2026. Un contribuable qui donne 2 000 € à un organisme éligible efface désormais 1 500 € de son impôt sur le revenu. Le même don, l’an dernier, n’en rapportait que 750.

Le calendrier est serré : seuls les versements effectués avant le 31 décembre 2026 compteront pour la déclaration du printemps prochain. À deux mois et demi de l’échéance, les associations multiplient les appels — du 5 au 11 octobre, les bénévoles de l’Unapei menaient déjà leur grande semaine de collecte nationale.

Des bénévoles distribuent des colis alimentaires lors d’une tournée des Restos du Cœur Les organismes d’aide alimentaire comptent parmi les principaux bénéficiaires du taux de réduction majoré de 75 %.

Dons : combien pouvez-vous vraiment économiser ?

Prenez vos propres dons et faites le calcul. À 75 %, 100 € versés aux Restos du Cœur ou à une banque alimentaire ne coûtent réellement que 25 € après la réduction d’impôt. Un don de 500 € revient à 125 €. Et au plafond, 2 000 € donnés, ce sont 1 500 € d’impôt en moins pour 2 000 € d’aide distribuée sur le terrain.

Une limite à connaître : la réduction s’impute sur l’impôt que vous devez. Si vous n’êtes pas imposable, elle ne se transforme pas en chèque du Trésor public.

Quelles associations ouvrent droit au taux de 75 % ?

Toutes les associations n’y donnent pas droit. Le taux majoré est réservé aux organismes qui fournissent gratuitement des repas, des soins ou un logement aux personnes en difficulté — les Restos du Cœur, la Croix-Rouge, les Banques alimentaires ou Médecins du Monde sont les exemples les plus connus. Les organismes qui accompagnent les victimes de violences domestiques ou favorisent leur relogement en bénéficient aussi.

En cas de doute, un réflexe simple : l’organisme doit pouvoir vous remettre un reçu fiscal. S’il ne le peut pas, le don n’ouvrira droit à aucune réduction.

Des bénévoles trient des denrées alimentaires dans un entrepôt de la Banque Alimentaire Le tri et la distribution reposent sur des milliers de bénévoles, financés en partie par les dons des particuliers.

Et si vous donnez plus de 2 000 € ?

Au-delà du plafond, donner reste intéressant. La part qui dépasse 2 000 € ouvre droit à la réduction de droit commun : 66 % du montant, dans la limite de 20 % de votre revenu imposable. Si vos dons dépassent encore cette limite, l’excédent n’est pas perdu : il se reporte sur les cinq années suivantes.

Les redevables de l’impôt sur la fortune immobilière disposent de leur propre levier : 75 % du don déduit directement de l’IFI, jusqu’à 50 000 € par an, pour les dons aux fondations reconnues d’utilité publique.

Autre point souvent ignoré : ces réductions pour dons ne sont pas prises en compte dans le plafonnement global des niches fiscales. Elles s’ajoutent à vos autres avantages sans les rogner.

Donner 2 000 € en 2026, c’est 1 500 € d’impôt en moins pour 2 000 € d’aide distribuée : le ratio le plus généreux jamais offert par la loi Coluche.

Que faire concrètement avant le 31 décembre ?

  • Vérifiez l’éligibilité de l’association au taux de 75 % : aide alimentaire, soins ou logement gratuits aux plus démunis, ou accompagnement des victimes de violences.
  • Donnez en ligne ou par chèque avant le 31 décembre 2026, et réclamez systématiquement le reçu fiscal.
  • Conservez tous vos reçus : vous les reporterez sur votre déclaration de revenus au printemps 2027, dans la case dédiée aux dons de l’année 2026.
  • Redevable de l’IFI ? Regroupez vos dons vers une fondation reconnue d’utilité publique avant la même date limite.

Petite histoire, pour finir. En janvier 1986, Coluche suggérait à la télévision une loi pour récompenser les petits dons aux associations. Votée à l’unanimité le 20 octobre 1988, deux ans après sa disparition, elle n’a jamais été aussi avantageuse qu’en cette fin d’année 2026. Deux mois et demi pour transformer une partie de votre impôt en repas chauds : le calendrier fiscal, pour une fois, joue en faveur de la générosité.