Samedi 14 novembre, la France marquera la Journée mondiale du diabète. Le thème choisi pour 2026 et 2027, « Agir tôt contre le diabète », tombe à pic : les signes du diabète de type 2 passent si souvent inaperçus que la maladie se découvre parfois quand elle a déjà commencé à abîmer les yeux, les reins ou les nerfs.
Plus de 4,4 millions de personnes vivaient avec un diabète en France en 2024, soit 6,61 % de la population, selon la Fédération française des diabétiques. C’était 5,5 % en 2015. Le type 2 représente 92 % des cas. Dans le monde, un adulte sur neuf est concerné.
Signes du diabète de type 2 : les 5 alertes à ne pas banaliser
Pris un par un, ces signes ressemblent à de la fatigue ordinaire. C’est leur persistance, ou leur combinaison, qui doit alerter.
- Une soif inhabituelle, qui ne passe pas. Le sucre en excès attire l’eau, les reins l’éliminent, le corps réclame à boire en boucle.
- Des passages aux toilettes plus fréquents, y compris la nuit. Le glucose excédentaire sort par les urines et entraîne de l’eau avec lui.
- Une fatigue qui colle, même après une bonne nuit. Les cellules peinent à utiliser le glucose comme carburant.
- Une vision qui se trouble par moments. Une glycémie élevée durable modifie la forme du cristallin.
- Une perte de poids sans raison, ou des plaies qui cicatrisent lentement. Avec parfois une faim accrue et des infections qui reviennent.
Aucun de ces signes ne suffit à poser un diagnostic, et plusieurs ont d’autres causes possibles. Mais leur présence, surtout si elle dure, justifie une consultation et une prise de sang.
Bouger chaque jour et manger équilibré : les deux leviers les plus efficaces contre le type 2.
Qui doit se faire dépister en priorité ?
Le dépistage du diabète de type 2 est recommandé dès 45 ans pour les personnes qui présentent au moins un facteur de risque, selon la Haute Autorité de santé : surpoids, sédentarité, antécédents familiaux, hypertension, excès de cholestérol, ou un diabète pendant une grossesse.
Près de 30 % des patients diagnostiqués en 2021 présentaient déjà une complication, selon la Cour des comptes, et plus d’un Français sur deux déclare ne jamais avoir réalisé de dépistage. Les stands du 14 novembre offrent une occasion simple de combler ce retard.
Un diabète repéré tôt, c’est souvent un traitement plus léger et des années de complications évitées. Un diabète découvert tard, c’est l’inverse : on soigne déjà les dégâts.
Comment se passe le dépistage, concrètement ?
Une ordonnance du médecin traitant, une prise de sang au laboratoire, à jeun depuis au moins huit heures. Le diagnostic est posé si la glycémie à jeun atteint ou dépasse 1,26 g/l lors de deux dosages successifs, ou si l’HbA1c, qui reflète la moyenne des deux à trois derniers mois, atteint ou dépasse 6,5 %.
Entre les deux, il y a une zone grise : le prédiabète, avec une glycémie à jeun entre 1,10 et 1,25 g/l. Il concerne 7 à 10 % de la population, et sans changement d’habitudes, un tiers des personnes concernées évoluent vers un diabète avéré dans les cinq ans. À ce stade, bouger davantage et rééquilibrer son alimentation suffisent souvent à inverser la tendance. Sous 1,10 g/l, un nouveau test est conseillé trois ans plus tard.
Que faire dès aujourd’hui pour réduire le risque ?
Le diabète de type 1, d’origine auto-immune, ne se prévient pas. Le type 2, lui, peut souvent être retardé, voire évité : au moins 150 minutes d’activité physique modérée par semaine, sur trois à cinq jours, recommande la Fédération internationale du diabète. Côté assiette : de l’eau plutôt que des sodas, trois portions de légumes par jour, des céréales complètes, de l’huile d’olive à la place du beurre.
Légumes, céréales complètes et activité régulière : les gestes qui pèsent le plus contre le diabète de type 2.
Si vous cochez un facteur de risque, ou si l’un des cinq signes décrits plus haut vous parle depuis des semaines, prenez rendez-vous avec votre médecin traitant. Une prise de sang, c’est dix minutes.
Cet article est informatif : il ne remplace pas un avis médical. Seul un professionnel de santé peut poser un diagnostic.
Sources : Fédération française des diabétiques, Assurance maladie, Haute Autorité de santé, Fédération internationale du diabète, Cour des comptes.
