Un incendie domestique se déclare toutes les deux minutes en France. Et 70 % des incendies meurtriers surviennent la nuit, quand la fumée surprend les habitants dans leur sommeil. C’est le ministère de l’Intérieur qui le rappelle, chiffres à l’appui : la fumée et les gaz chauds, pas les flammes, sont la première cause de décès. La nuit de dimanche à lundi, le plus vieux marché couvert de Paris, les Enfants-Rouges, a été ravagé par les flammes en quelques heures. À la maison, face à ce risque, il existe un appareil petit, blanc et rond, rendu obligatoire il y a plus de dix ans : le détecteur de fumée obligatoire. Le vôtre fonctionne-t-il vraiment ?
Détecteur de fumée obligatoire : ce que la loi exige depuis 2015
La règle est posée par la loi n° 2010-238 du 9 mars 2010. Depuis le 8 mars 2015, tous les lieux d’habitation doivent être équipés d’au moins un détecteur avertisseur autonome de fumée, le fameux DAAF. Aucune exception : logement occupé ou vide, résidence principale ou secondaire, location ou propriété.
L’appareil doit répondre à des critères précis. Il doit être conforme à la norme européenne NF EN 14604, porter le marquage CE, et émettre un signal sonore d’au moins 85 décibels mesuré à trois mètres. Assez fort, donc, pour réveiller quelqu’un qui dort profondément. Les modèles à ionisation, eux, sont interdits : ils contiennent des éléments radioactifs. Seuls les détecteurs optiques sont autorisés.
Un détecteur optique, fixé au plafond, capte la fumée dès les premières secondes.
« Dans les pays où presque tous les logements sont équipés, comme la Norvège ou le Canada, le nombre de victimes d’incendies domestiques a été réduit de moitié. »
Le couloir, pas la cuisine : où le fixer vraiment
Un seul détecteur est exigé par la loi, mais les pompiers et les assureurs recommandent d’aller plus loin : au minimum un par étage, et idéalement un par chambre. Le meilleur emplacement se retient facilement : le couloir ou le palier qui dessert les chambres, fixé au plafond, au centre de la pièce. La fumée monte, c’est là qu’elle arrive en premier pendant que vous dormez.
Trois erreurs à ne pas commettre :
- La cuisine, jamais. Les vapeurs de cuisson déclenchent des alertes à répétition. Au bout de la troisième fausse alerte, on retire les piles, et l’appareil ne sert plus à rien.
- La salle de bain non plus. L’humidité fait vieillir le capteur prématurément et provoque des déclenchements intempestifs.
- Trop près d’une fenêtre ou d’une bouche d’aération. Les courants d’air détournent la fumée du capteur. Comptez au moins un mètre de distance avec les aérations, les luminaires halogènes et les sources de chaleur.
Fixé au plafond, loin des courants d’air : c’est l’emplacement qui sauve.
Propriétaire ou locataire : qui fait quoi
Depuis la loi Alur de 2014, les rôles sont tranchés. Au propriétaire, occupant ou bailleur, d’acheter et d’installer le détecteur, et d’en vérifier le bon fonctionnement à chaque état des lieux. L’occupant, lui, l’entretient : tester le bouton régulièrement, dépoussiérer l’appareil, changer les piles quand le signal d’usure retentit.
Pensez aussi à déclarer l’installation à votre assureur habitation. Une simple attestation suffit, et elle évite les litiges en cas de sinistre. Un dernier réflexe d’octobre : vérifiez la date de fabrication inscrite sur l’appareil. Un DAAF vit environ dix ans. Si le vôtre date de 2015, année de la généralisation de l’obligation, il arrive en fin de course. Le remplacer maintenant, avant de rallumer le chauffage et la cheminée, c’est l’affaire de quelques minutes pour une décennie de tranquillité.
